CROISSANCE — CROIX
l'a utruche a de fortes et grosses jambes aux dépens de ses ailes ; ainsi, le train antérieur dela girafe semble accru de la faiblesse du train de derrière ; c’est le contraire chezles kangurous, chez lesgerboises. De même, les jongues aïles de l’hiron delle, de l'oiseau frégate, de l’oiseau de paradis, semblent avoir empêché la croissance de leurs pattes. Mille exemples semblables chez d’autres animaux annoncent la même cause des balancements d'organes.
Les animaux à sang froid et à texture molle sont doués de la faculté de régénérer leurs membres amputés, par une nouvelle végétation. C’est le même mode de croissance qui constitue les bourgeons charnus pour refermer les plaies et cicatriser des ulcérations avec perte de substances, Chez les végétaux, rien de plus fréquent que ces régénérations spontanées, car ils perdent tous les ans leurs parties de fructification et leurs feuilles pour les reproduire au renouvellement de la saison. Il y a donc des temps de repos de croissance, déterminés par le froid, l’inactivité de la séve, chez ces êtres soumis aux vicissitudes de l’atmosphère; il y en a d’analogues chez plusieurs animaux à sang froid, qui passent le temps de l’hivernation dans l’engourdissement; la croissance est tellement suspendue qu’une tortue ou un serpent, alors immobiles, ne mangeant rien, ne perdent presque rien de leur poids,
Au contraire, quand le printemps réveille par sa chaleur les animaux engourdis, ils mangent, ils dévorent; il en est dont la croissance se manifeste par de soudaines métamorphoses, comme chez les larves d’insectes. L'enfant qui passe à la puberté se développe. presque tout à coup; il éprouve parfois une fièvre de croissance; ses glandes se gonflent ; les membres éprouvent des tiraïllements, des engourdissements ; il peut survenir des distorsions dans l’épine dorsale; il faut veiller alors à ce que des déviations nuisibles de la puissance vitale n’entravent pas le développement organique, comme chez les jeunes individus abusant prématurément des plaisirs. Ainsi les filles mariées trop jeunes, avant leur parfaite nubilité, restent de courte taille. Souvent le bassin et les organes utérins ne peuvent acquérir tout leur déploiement. ;
C'est par le moyen de cette prématurité surtout qu’on est parvenu à se procurer de petites races de chiens. Ils deviennent pubères de bonne heure et se reproduisent bientôt ; mais leur vie devient aussi plus courte; leurs périodes sont plus rapides. De même les hommes de trop courte taille sont avancés de bonne heure; leur croissance est sans doute précipitée; on admire la précocité de leur intelligence, la vivacité d'esprit et de mouvements qui les distinguent. Mais ils ne fournissent point d'ordinaire une carrière d'homme;
“leurs conceptions sont courtes et avortées fort souvent; ils n’ont ni la plénitude ni la maturité du génie, qui pour condition de son développement exige aussi une croissance parfaite de l'organisme. J.-J. VIREY.
CROISSANT. Ce mot tire son.origine de la première phase de la lune, phase qui conséquemment se reproduit au décours de cet astre; il dérive du mot latin crescere, croître, parce que cet are lumineux va toujours en augmentant et finit par former un disque parfait. Toutefois, faisons observerque la dernière phase de ce satellite est mal appelée ; le nom de décroissant lui eût mieux convenu que celui de croissant, puisqu'elle est alors dans son décours. Mais ici on n’a considéré que sa forme, parfaitement semblable à celle de la première phase.
__ La forme ducroissant parut si gracieuse aux anciens qu’ils ne mirent pas, ou mirent du moins rarement, le globe entier de la lune sur la tête des divinités qui présidaient à cette planète; c’est d’un croissant horizontalement placé et les pointes en haut qu’ils décorèrent le front d’Astarté, la Vénus syrienne, et celui de Phébé ou Diane, lasœur du So- “eil. Les dames romaines affectionnaient aussi cet ornement dans leurs cheveux. A Athènes, un croissant d'ivoire om
d'argent retenait les liens du cothurne chez les nobles.
De toute antiquité le croissant avait été le symbole de Byzance ; des médailles byzantines, frappées en l'honneur d’Auguste, de Trajan, de Julia Domna, de Caracalla, l’attestent. Les Turcs, ennemis du paganisme, alors maîtres de Constantinople, s’empressant de changer son nom en celui de Stamboul, conservèrent ce gracieux symbole, dont sans , doute l’allusion à leur empire naissant les frappa; bien plus, : leurs poëtes allèrent jusqu’à l'appeler l'empire du croissant. C'est le blason du grand-seigneur ; il brille au bout de la hampe de ses drapeaux ; ilest brodé sur le pavillon de ses flottes ; il resplendit sur les mosquées :
Her emblem sparkles o’er the minaret, Sur les hauts minarets son image étincelle,
dit Byron.
En 1799, après la bataille d'Aboukir, Selim 111 témoigna sa reconnaissance à Nelson par l’envoi d’un croissant richement garni de diamants, et que celui-ci porta sur son habit, se qualifiant, en plus d’une occasion, de chevalier du Croissant. Selim fut flatté du prix que l'amiral anglais, déjà décoré de tant d'ordres, attachait au présent qu'il lui avait fait, et ce fut là, dit-on, ce qui détermina cet empereur, en 1801, à fonder l'Ordre du Croissant. Cet ordre est divisée en deux classes : la décoration consiste en un croissant d’argent, placé sur un écusson d’or, émaillé en bleu et suspendu à un ruban rouge, qu’en grande cérémonie les chevaliers de la première classe portent en écharpe, et ceux de la seconde autour du cou.
Le Croissant fut aussi un ordre militaire institué par René d’Anjou, en 1448. Il se composait de cinquante chevaliers, portant sur le bras droit un croissant émaillé, duquel! pendait un nombre de petits bâtons travaillés en forme de colonnes, égal au nombre de batailles ou de combats où le chevalier s'était trouvé. Les principaux articles du serment qu’ils prêtaient se résamaient dans ces vers :
Fête et dimanche doit le eroëssant porter, La messe ouir ou pour Dieu tout donner,
Nul n’était reçu de cet ordre « s’il n’était duc, prince, marquis, comte, vicomte, ou issu d’ancienne chevalerie, et gentil-homme de ces quatre lignées, et que sa personne fût sans vilain reproche. » DENNE-BaRoN.
Le mot croissant se prend quelquefois aussi adjectivement pour exprimer une quantité qui augmente à l'infini ou jusqu'à un certain terme, par opposition aux quantités constantes et décroissantes. Aïnsi une progression par quotient est dite croissante ou décroissante suivant que la raison ou le nombre constant qui exprime le rapport d’an terme à celui qui le précède, est plus grand ou plus petit que l’unité : dans un cercle, l’abscisse prise depuis le sommet étant croissante, l’ordonnée est croissante jusqu’au centre et ensuite décroissante.
CROFT'. C’est le produit des animaux, leur accroissement. Le bail à croît est un bail de bétail à la charge d’en partager le produit ( voyez Cueprez ).
CROIX ( du latin crux ), figure formée par deux lignes, deux règles, qui se coupent à angles ordinairement droits, et que l'on nomme croisillons. La croix est le signe, l'éteudard du culte des chrétiens. On distingue plusieurs sortes de croix : 1° la croix grecque, celle dont les quatre bras sont égaux ; 2° la croix latine, dont un des quatre bras est plus long que chacun des trois autres; 3° la croix de Saint- André, croix qui repose sur deux de ses bras, et qui a la forme d’un X. Le plan de presque toutes les églises représente une croix grecque ou latine : celui de l'église Sainte- Geneviève à Paris est une croix grecque; celui de Notre- Dame est une croix latine.
Les chefs de secte religieuse, comme ceux des partis politiques, adoptèrent toujours des signes extérieurs Pour se
distinguer de la foule, rallier et multiplier leurs partisans. Ces mêmes signes servirent ensuite à caractériser, dans la eligion, plus spécialement un culte public ou celui de divinités. Ainsi, les dieux égyptiens se reconnaissent toujours à la croix ansée ( ou T surmonté d’un anneau ), symbole de la vie divine, qu'ils tiennent d’une main : c’est le signe que l’on a désigné jusqu’à présent sous le nom de £au, et que l'on croyait mal à propos caractériser spécialement la déesse Vénus du Panthéon égyptien. Les découvertes nouvelles ont prouvé que ce signe est un des attributs généraux communs à toutes les divinités.
Dans l'antique Rome, le mot croix était pris pour désigner toute sorte de supplice; et comme ce fut l'instrument du supplice que les Juifs firent souffrir au Christ, les chrétiens l’adoptèrent comme l’emblème de leur region. A partir de son établissement, on trouve la croix sur tous les monuments chrétiens, d’abord déguisée sous la figure de quelques instruments, qui en ont à peu près la forme, ensuite clairement exprimée, surtout depuis l'époque où Constantin la fit mettre, avec l'inscription : Zn hoc signo vinces, sur les enseignes impériales, en commémoration de celle qu’il avait aperçue dans l'air au moment de combattre Maxence. Dès lors des croix s'élèvent sur les places publiques, dans les palais impériaux, dans les églises. On en trace sur les maisons habitees par les chrétiens, On en retrouve le signe dans le monogramme du Cbrist, sur une foule de médailles et d’autres monuments; elle est placée dans les mains de la Victoire; et le globe qui à partir d’Auguste devint le signe de l'empire du monde fut surmonté d’une croix; le signe du christianisme remplaça ainsi celui de la Victoire, qui l’avait occupé si longtemps. Le signe de La croix, cette action par laquelle les catholiques se reconnaissent en portant la main droite successivement au front à la poitrine, à l'épaule gauche, à la droite, en prononçant les paroles : au
‘ nom du Père, et du fils, et du Saint-Esprit, Ainsi-soitil, remonte au troisième siècle. La croix fut employée aussi comme ornement sur les casques, les cuirasses, le bonnet impérial ; puis elle passa sur les vêtements, les plats, les verres, les lampes, etc. ; mais ce signe fut placé principalement sur les sarcophages et les tombeaux, en y joignant des attributs, tels que l'alpha et l'oméga. La croix placée entre deux agneaux, ou portée par un agneau, indique le taberaacle; la croix sur une élévation désigne un calvaire. Dans le principe, la croix ne pouvait être mise sur le pavé, pour que le signe de la rédemption ne fût point foulé aux pieds; dans la suite, cette défense ne subsista plus, et c'est alors que le pavé de nos églises fut parsemé de croix, principalement sur les tombes plates. Cette même croix devint dans lc moyen âge le signe sous lequel se rallièrent une infinité de preux chevaliers pour aller combattre les intidèles et les hérét ques. Ceux qui prenaient part à ces expéditions s’appelaient croisés : une croix d’étoffe rouge était cousue sur leurs vêtements (voyez CroisAnes ), C’est à cette époque
ussi que la croix devint un signe héraldique, mais sa forme
aria beaucoup. Comme signe du christianisme, la croix est placée dans les cimetières, sur les places publiques, aux piliers des églises, dans les chapelles, et principalement sur les autels. Ces croix se font en fer, en bois ou en pierre, et elles servent ordinairement d'amortissement au faite des batiments ; elles s'élèvent habituellement sur un globe de cuivre,
Enfin, la forme de la croix sert à distinguer une secte de l'Église chrétienne, dissidente de l'Église de Rome. La croix de l'Église grecque diffère de la croix de l'Église latine. Cette différence dans la forme des croix des deux Églises grecque el romaine, que l’on emploie souvent comme ornement ‘architecture dans des bâtiments religieux pour les caraclériser, n’est pas toujours observée par nos architectes,
On sait que dans le moyen âge, etencore dans les déparements du midi, les hommes illettrés, et ils étaient communs, nême parmi les grands seigneura, ne pouvant pas écrire