CROIX
leur nom au bas des actes publics ou privés, traçaient ou tracent une croix à l'encre à la place de leurs noms. Du reste, la forme de la croix, deux lignes se coupant à angles droits,
se retrouve constamment dans lessculptures de tous les peu- |
ples et de tuus les temps. La croix occupe une largeplace dans lasciencediplomatique ; c’est une émanation du christianisme. On la découvre tantôt au commencement des titres, à l’endroit où d'ordinaire est placée l’invocation du nom de Dieu, tantôt devant les signatures quand elles n’en tiennent pas lieu, CHAMPOLLION-FIGEAC.
Croix se dit aussi de la décoration, généralement en forme de croix, que portent les membres de différents erdres de chevalerie : La croix du Christ; La croixde Maîte; la croix deSaint-Louis. Lacroix de la Légion-d’Honneurest, comme on sait, une étoile à cinq branches. On nomme grand’croix celui qui a le grade le plus élevé dans la plupart des ordres de chevalerie.
En numismatique, beaucoup de monnaies ont reçu leurs noms de la croix qui y était empreinte, par exemple le kreuzer des Allemands. Les plus connues ensuite sont les pfennigs à la croix ( kreuzpfennige} de Brème, les gros à La croix ( kreuzgroschen ) des électeurs de Saxe à partir de Frédéricle Débonnaire, et les ducats à lacroix, autrement dits croisettes, des rois de France depuis François 1°”. La crusade de Portugal a la même origine; elle a pour empreinte la croix de l’ordre du Christ, et pour légende : LH.S.
On donne, dans l'Église romaine , le nom le porte-croix (crucifer) à un clerc ou chapelain d’un évêque, archevêque ou primat, qui porte une croix devant le primat dans les occasions solennelles. Le pape en a une qu’on porte en tous lieux devant lui. On porte aussi celle d’un patriarche partout devant lui, excepté à Rome. Les primats, métropolitains, ceux qui ont le droit de revêtir le pallium, font porter la croix devant eux dans toute l'étendue de leurs juridictions respectives. Cet usage ne remonte pour les quatre patriarches d'Orient qu’au concile de Latran, tenu en 1215, sous Innocent III. Encore Grégoire IX ne leur permit-il pas de la faire porter devant eux en présence des cardinaux. Depuis, les papes ont accordé la croix aux archevêques de Bourges, de Cologne, d’Auch, de Cantorbery, d’York, ete., et enfin aux évêques. La croix de ceux-ci est simple, celle des archevêques a deux branches en travers , celle du pape en a trois. 11 ne paraît pas que les archevêques grecs aient fait porter une croix devant eux ; mais, comme on portail une lampe allumée devant les empereurs, cette marque d'honneur fut accordée au patriarche de Constantinople, puis aux archevèques de Bulgarie, de Chypre et à quelques autres métropolitains. Ce fut l’origine du bougeoir qu'on porta longtemps aux offices et même à la messe devant les évêques et même devant les curés de Paris.
CROIX (Supplice de la). Ce supplice remonte à une haute antiquité. On le trouve chez les Égyptiens et les Carthaginois. La croix s'appelait oroupos et oxodonç chez les Grecs. Chez les Romains cruciare (tourmenter) vient de crucifigere (crucifier). Il existait plusieursespèces de croix, auxquelles le patient était soit lié, soit cloué. Sans autre préparation, un arbre servait de croix ; quelquefois c’élait un simple poteau auquel on attachait le patient, ou auquel on
l’empalait (impalatio). Ordinairement on y mettait une tra- …
verse, comme dans celle dont les chrétiens ont fait le symbole de leur religion; dans quelques-unes, une tablette soutenait les pieds superposés, dans lesquelson enfonçait les clous. Les branches de l'arbre servaient à attacher les bras étendus, tandis que sur le poteau 1ls étaient élevés au-dessus de la tête, réunis et fixés ensemble, comme les pieds l'étaient dans presque tous les cas. De là trois sortes de croix, que diflérenciait la manière dont s'opérait la jonction du poteau et de la traverse. Si celle-ci était adaptée de manière à présenter quatre angles égaux (+), on l’appelait cru ime-