‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 591 sur 607 · CROIX · texte numérisé non relu

CROIX

missa"; fixée horizontalement au sommet du poteau (T) cruz commissa ; formant avec lui une x (X )crux decussata. C'est celle que nous nommons de Saint-André, parce qu'on rapporte que ce saint mourut sur cet instrument de supplice. Suivant Abdias, l’apôtre y fut lié et non cloué. Il était une dernière espèce de croix, dont l'usage s’est perpétué longtemps chez les Tures : c'est le pal. Dans la croix primitive le poteau fiché en terre portait spécialement le nom de crux; la poutre transversale prenait celui de patibulum.

C'est au roi Tarquin le Superbe qu’on attribue l’introduction de la peine de mort sur la croix, non pas que ce soit lui qui le premier l'ait appliquée, mais parce que le premier il ordonna que les jugenents emportant la peine de mort fussent exécutés de cette manière. C'etait là une peine infamante, qu’on n’appliquait généralement qu'à des esclaves : aussi Tacite la désigne-t-il sous les noms de servile supplicium. Cependant on mettait également en croix quelques grands criminels, dont les forfaits méritaient une peine très-grave, tels que certains assassins , voleurs de grand chemin , faussaires, conspirateurs. L'usage était de faire connaître le nom du coupable et la nature de son crime, soit au moyen de cris lancés de temps en temps a la foule, soit en apposant au sommet de l'instrument du supplice une tablette (album ) indiquant l’un et l’autre. Quand on cerucifia des chrétiens, ce ne fut pas pour leurs opinions religieuses , mais on les regardait comme séditieux et comme ayant attenté violemment aux objets du culte public. On a l'exemple de femmes crucifées :-telle fut Ida, entremetteuse de l’adultère commis par Pauline dans le temple d’Isis. Flavius-Josèphe parle du grand nombre de Juifs que Titus fit mettre en croix lorsqu'il prit Jérusalem. On en comptait jusqu’à cinq cents par jour : la terre, dit l'historien, manquait pour les croix, et les croix pour les corps,

On dressait la croix en dehors des villes, mais cependant dans des lieux très-fréquentés. Les suppliciés étaient ordinairement condamnés à mourir de douleur et de faim : ce qui prolongeait quelquefois leurs tourments pendant plusieurs jours. Si on voulait en abrécer la durée, on perçait le cœur du patient d’un coup de lance. Ceux qu’on ne laissait pas expirer sur la croix en étaient détachés au bout de quelques heures, et parfois survivaient à leur peine, Quelquefois on ajoutait au supplice, soit en faisant déchirer le condamné par des oiseaux de proie ou par des quadrupèdes féroces , soit en allumant au-dessous de lui un bûcher qui le dévorait vif, soit en le crucifiant la tête en bas, tantôt les bras étendus et les pieds réunis, tantôt les pieds écartés et les mains rapprochées. Louis pu Bois.

CROIX ( Exaltation de la sainte ), fête que l'Église romaine célèbre le 14 septembre en mémoire de ce que lempereur Héraclius rapporta la croix de Jésus-Christ sur ses épaules , en 642 , à l’endroit du Calvaire d’où elle avait été enlevée quatorze ans auparavant par Khosroës II, roi de Perse, lorsqu'il s'était emparé de Jérusalem, sous le règne de Yempereur Phocas. Les victoires d'Héraclius ayant forcé Siroès , fils et successeur de Khosroès, à demander la paix, une des principales conditions du traité fut la restitution dela croix. La chronique raconte que l’empereur, lPayant chargée sur ses épaules, ne put franchir la porte qui mène à cotte montagne tant qu’il fut revêtu de ses habits enrichis d'or et de pierreries, mais qu’il n’éprouva aucune difficulté dès qu’il eut pris, par le conseil du patriarche Zacharie, un costume plus modeste et plus simple.

Telle est l’opinion commune sur l’origine de cette fête. Cependant, longtemps avant le règne d’Héraclius, on en célébrait une dans l’Église grecque et latine en l'honneur de la croix, sous le même nom d'Exaltation, en mémoire de ce que Jésus-Christ dit, en parlant desa mort, dans l'Évangile selon saint Jean, chapitre x11, verset 32 : Lorsque j'aurai élé exullé, j'attirerai toute chose à moi (et au chap, vin,

DICT. DE LA CONVERS. — T. VI

vers. 28 : Quand vous aurez exalté le Fils de l'Homme, vous connaîtrez qui je suis. Le père du Sollier assure qua cette fête avait été instituée à Jérusalem au moins 240 ans avant Héraclius. 11 est certain, dit Nicéphore, qu'ou en célébrait une à l'époque de Constantin ou peu de temps après. On y solennisait la dédicace du temple bâti par Hélène et consacré le 14 septembre 335, jour où l’on en renouvelait tous les ans la mémoire. Il ajoute que cette fête fut également nommée £xaltatlion de la Croix, à cause d’une cérémonie qu'y pratiquait l'évêque de Jérusalem: monté sur une éminence, disposée en matière de tribune, il élevait la Gro.x et l’exposait à la vénération du peuple.

CROIX (Frères de la). Voyez FRÈRES DE LA CROIX.

CROIX (Invention de la). Fête très-ancienne dans l'Église catholique, et qu’on célèbre le 3 mai, en mémoire de ce que sainte Hélène, mère de Constantin , dans un pèlerinage qu’elle fit à Jérusalem, aurait, d’après des témoignages, d’ailleurs fort peu authentiques, trouvé la croix de Jésus- Christ , enfoncée dans le sein de la terre, sous le Calvaire. Cette princesse fit construire une église en ce lieu, pour y conserver une partie de la croix, et expédia le reste à Constantinople el à Rome, où cette parcelle fut placée dans un temple somptueux que fit bâtir l'empereur, et qu'on nomma l’église de Sainte-Croix de Jérusalem. Théodore dit qu’en creusant le Calvaire pour faire cette recherche, on trouva trois croix : celle de Jésus-Christ et celles des deux larrons; qu’on découvrit même l'inscription que Pilate avait fait placer sur la tête du Sauveur, mais détachée, en sorte qu’on ne pouvait reconnaître quelle était la croix du fils de Dieu; qu’on la distingua cependant par l'application qu’on en fit à une femme dangereusement malade, qui guérit sur-le-champ. Saint Paulin, dans une de ses épiîtres à Sévère, dit qu’on coucha d’abord un cadavre sur deux de ces croix sans aucun résultat; mais que le mort ressuscita dès qu'on l'eut approché de la troisième, et qu’on reconnut à ce signe que c'était réellement celle de Jésus-Christ. Un grand nombre d'é glises du globe s’enorgueillissent de posséder des fragments de l'instrument sacré de la Passion , entre lesquels beaucoup doivent infailliblement être apocryphes.

CROIX (Jugement de la). 11 était d'usage en France au commencement du neuvième siècle, et consistait à donner gain de cause à celui des deux antagonistes qui tenait le plus longtemps les bras élevés en croix.

CROIX ( Blason). C’est une pièce de l’écu, composée de lignes quadruples, dont deux sont perpendiculaires et les deux autres transversales ; car il faut les imaginer telles, quoiqu’elles ne soient pas tracées exactement, mais qu'elles se rencontrent deux à deux en quatre angles droits près du point de fasce de lécusson. Elle n’occupe pas toujours le même espace dans le champ de lécu ; car qnand elle n’est point chargée, cantonnée, ou accompagnée, elle ne doit couvrir que la cinquième partie du champ; mais si elle est chargée, elle doit en prendre le tiers. Cette armoirie fut originairement accordée à ceux qui avaient exécuté ou &ulement entrepris quelque action d'éclat pour lé service de Jésus-Christ ou pour l'honneur du nom chrétien, et elle est considérée par plusieurs comme la plus honorable de tout le blason. Ce qui l’a rendue fort fréquente, ce sont sans doute les expéditions et les voyages multipliés faits en Terre Sainte; car la plupart de ceux qui en revinrent chargèrent leur écu d’une croix, et la croix devint même un insigne militaire. On prétend que dans ces guerres saintes les Écossais portaient la croix de Saint- André, les Français une croix d'argent, les Anglais une eroix d’or, les Allemands de sable, les Italiens d'azur, les Espagnols de gueules.

On compte en outre de très-nombreuses sortes de croix usitées dans le blason. La croix longue, sur un mont avec la couronne d'épines et les clous, se nomme croir du Calvaire. Les Théatins la portaient ainsi, parce ane leur

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CROIX DE CALATRAVA, CROIX DB SAINT JACQUES, noms vulgaires de l’espèce d'amaryllis dite lis de saint Jacques.

CROIX DE JÉRUSALEM ou CROIX DE MALTE (lychnis chalcedonica). Cette plante, du genre {ychnide, est l’une des plus belles plantes vivaces. Elle s'élève à près d’un mètre, et porte des fleurs en forme de croix de Malte, et d’une rouge éclatant : elle a une variété à fleurs roses, une autre variétéà fleurs blanches, etune troisième à fleurs doubles, de couleur écarlate, et qui est une de nos plus belles plantes de pleine terre. Les croix de Jérusalem se multiplient par leurs graines ; excepté la variété à fleurs doubles, qui se multiplie par pieds éclatés. C. TorLanp aîné.

€ROIX PECTORALE. C’est une croix d’or, d'argent vu de quelque autre matière précieuse, même de diamant, que les évêques, archevêques , etc., portent pendue au cou. On la nomme pectorale parce qu’elle descend sur la poitrine {pectus). Les abbés et abbesses réguliers en portaient aussi. C’est une dévotion autorisée par de nombreux exemples de l'Église grecque et latine. Jean Diacre nous représente saint Grégoire, dans son mausolée, avec ce qu'il appelle filateria, c'est-à-dire une reliquaire d’argent pendu au cou. Saint Grégoire, expliquant lui-même ce terme, dit que c’est une croix enrichie dereliques. Innocent III prétend que par cette croix les papes ont voulu imiter la lame d’or que le grand prêtre des Juifs portait sur le front. Les évêques ont depuis imité les papes.

CROKER (Joux-Wicson), membre de la chambre des coïnmunes d'Angleterre, et écrivain distingué, né en 1780, à Dublin, étudia le droit d’abord dans sa ville natale, puis à Lincolws-Inn (Londres), en 1800, et se livra ensuite à la pratique à Dublin. En 1807 le comté de Downe l’envoya au parlement, où il continua pendant de fongues années de siéger. En 1809, il défendit avec chaleur le duc d’York contre les accusations que lui avait altirées de la part de l'opposition sa liaison avec Mme Clarke, et les ministres Jui en témoignèrent leur gratitude en le nommant secrétaire d’État pour l’Irlande, et bientôt après premier secrétaire de l’amirauté. Orateur habile, il soutint spécialement dans le parlement les projets de loi concernant cêtte branche de l'administration , et exerça aïnsi une influence puissante sur tout ce qui se rattachaït à la marine. I] fut constamment l'un des plus intrépides soutiens du ministère, encore bien qu’il votät toujours en fayeur de l'émancipation des catholiques. Quand lord Grey et ses amis politiques arrivèrent au pouvoir, Croker donna sa démission, et combattit le bill de réforme dans les rangs de l'opposition tory; aussi à partir de 1835 ne fut-il plus réélu membre du narlement,.

Il est avantageusement connu comme l’auteur de divers ouvrages en prose et de plusieurs poëmes publiés sous le voile de l'anonyme. Dans ses Familiar Epistles, il apprécie le talent des acteurs de Dublin avec une gaité railleuse qui rappelle la verve d'Horace; et dans An intercepted Letter from China (1805), satire des plus plaisantes, il à peint de main de maitre les mœurs de Dublin. Son poëme de Talavera (1809) est une des meilleures descriptions de bataille qu’on possède, et son Ode au duc de Wellington (1814) ne manque pas d’enfhousiasme poétique, Il à écrit en outre une innombrable quantité d'articles dans le Qua- Lerly Review, la plupart d’un hant intérêt. On l’a vu successivement combattre avec autant d'énergie que d’habileté la réforme parlementaire , l'agitation entreprise dans les intérêts du libre échange , et les différents mouvements politiques de ces dernières années. En 1850 il publia dans le Quaterly Review quelques détails sur l'abdication et la fuite de Louis-Philippe en février 1848, détails qu’il tenait de ce prince lui-même, dont il a raconté les derniers movents dans le même recueil. Croker était très-versté

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