‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 592 sur 607 · CROIX — CROMWELL · texte numérisé non relu

CROIX — CROMWELL

ordre fut créé le jour de l'Exalfation de la Sainte-Croix.

dans la connaissance de l’histoire de la révolution française, Une collection de brochures, d’affiches, de journaux, ete. relatifs à notre première révolution, donnée dans le temps par lui au British Museum, occupe toute une galerie de cet établissement. Cet écrivain est mort à Hampton, le 10 août 1857.

CROMLECH., C’est le nom que les archéologues anglais donnent à ces amas de pierres superposées si communs dans les pays habités jadis par les Celtes. Quelques-uns veulent que ce soit des tombeaux: de là, suivant les uns, l’expression de {wmuli, plus généralement employée sur Le continent; d’autres prétendent que c’étaient des autels érigés en l’honneur des dieux et servant pour certaines cérémonies religieuses, Voyez DRUIDIQUES.

CROMWELL (Tnowas), comte d’'Essex, né en 1490, d’un forgeron de Putney, dans le comté de Surrey ( Angleterre), mourut sur l’échafaud, le 28 juillet 1540. Sa première éducation répondit à sa basse origine; mais Pintelligence précoce et la rare énergie du jeune Thomas le retirèrent bientôt de la foule, et lui frayèrent le chemin des honneurs et des richesses. Le cardinal Wolsey, né comme lui aux derniers rangs de la société, se l’attacha et l’initia à l’art de la politique; et lorsque plus tard ce ministre tout-puissant de Henri VIII, grâce aux intrigues du duc de Norfolk, encournt la disgrâce de son maître, ce fut Thomas Cromwell qui entreprit sa défense devant la chambre des communes. Il s’acquitta de cette tâche généreuse avec succès , et acquit ainsi le renom d’homme habile et d’ami courageux. Henri VIII trouva dans Cromwell un instrument docile pour ses projets de réforme religieuse, et les nombreux services qu’il rendit à ce prince lui méritèrent successivement les places de conseiller privé, de garde du sceau privé et le titre de baron du royaume. Henri créa même pour son favori une dignité nouvelle, celle de vicaire général dans les affaires ecclésiastiques, dignité qui plaçait en ses mains la suprématie du roi et la puissance absolue que ce prince s'était attribuée sur l'Église. Cette hante position mettait Thomas Cromwek au-dessus de tous les grands officiers de la couronne. Dans l'exercice de ce vicariat il déploya en faveur de la réforme un zèle qui ne fut pas toujours exempt d’injustice. C’est ainsi qu’il se montra l'ennemi implacable des abbés et des prêtres, qu'il appelait les derñisujels du roi, parce qu'ils reconnaissaient l'autorité du pape, et qu'il traïta avec non moins de rigueur les protestants qui osaient mettre en question les doctrines nouvelles du royal chef de l'Église. Cette conduite, qui entrait dans les vues despotiques de Henri, lui valut d'immenses richesses , dépouilles des monastères et des maisons religieuses.

La faveur de Thomas Cromwell augmentait de jour en jour ; mais parvenu au faite du pouvoir, il s’en précipita luimême pour avoir voulu trop affermir son crédit.

Henri VIII songeait à se remarier pour la quatrième fois. Thomas Cromwell s’imagina qu’en faisant épouser à son maitré une princesse luthérienne , il porterait le dernier coup à la religion catholique en Angleterre. Ses habiles négociations furent couronnées de succès, et Anne de Clèves parfagca le lit funeste de Henri, Mais ce prince conçut dès le premier jour de son mariage un dégoût invincible pour sa nouvelle épouse, et par contre-coup une violente aversien contre celui qui avait négocié cette union. La haine de Henri VIII était un arrêt de mort, Cependant il dissinule encore, et accorda même à Thomas Cromwell de nouvelles faveurs. 11 le créa comte d’Essex et lui conféra l’ordre de la Jarrelière. Une nouvelle passion de Henri, lui rendant plus insupportable le lien qui l’unissait à une femme dont la vue lui était odieuse, hâta la perte de Cromwell. La belle Catherine Howard, l'objet de cette passion, était nièce du duc de Norfolk, ennemi secret de Cromwell. Cet adroit courtisan se servit de l'influence de sa nièce pour culhuter le vicaire général, comme il s'était servi du pouvoir d'Anne

CROMVWELL

de Boulen pour renverser Wolsey. Henri, d’ailleurs, qui s'apercevait qu’on était généralement mécontent de son administration, crüt de son intérêt de sacrifier à l'opinion publique un ministre qui avait cessé de lui plaire. Norfolk obtmt donc sans peine la permission d’arrêter Cromwell en pleine chambre du conseil et de le confiner dans la Tour. La chambre des lords , qui peu de jours auparavant l'avait déclaré digne d’être Le grand vicaire de l'univers, mit le même empressement à l’accuser de haute trahison et d’hérésie, crimes ordinaires de ceux que le despotisme voulait alors frapper sous le voile de la justice; et sans instruire de procès, sans interrogatoire , elle le condamna à la mort. Cromwell avait malhenreusement provoqué lui-même cette procédure inique par ses intrigues pour obtenir du parlement qu’il condamnât sans l’entendre l'infortunée comtesse de Salisbury. De sa prison il écrivit au roi une lettre touchante, où il lui retraçait avec l’éloquence du malheur sa grandeur passée et sa misère présente. Le roi fut un instant ému; mais Henri VIII ne sut jamais sacrifier une passion à l'humanité ni s'arrêter dans ses vengeances., Thomas Cromwell eut la tête tranchée à Tower-Hill, le 28 juillet 1540. Sur l’échafaud il pria pour le roi, et déclara mourir dans la foi catholique. 11 fut peu regretté. La noblesse ne pouvait lui pardonner sa basse extraction ni sa haute fortune; la guerre à mort qu'il avait faite aux maisons religieuses lui avait aliéné l'affection du peuple, et les protestants lui reprochaient sa servile complaisance pour tous les caprices réformateurs de son maître. Cependant cet homme si généralement blâmé était susceptible de sentiments généreux. Il avait servi, jeune encore, comme simple soldat en Italie dans les rangs de l’armée impériale, et avait pris part au sac de Rome par le connétable de Bourbon (1527). A cette occasion il avait eu quelques obligations à un négociant de Lucques. Parvenu au faîte de la puissance, il aperçut par hasard à Londres son bienfaiteur, alors dans un état voisin de l’indigence : il l’envoya chercher, lui rappela leur ancienne liaison, et répara les torts de la fortune envers lui. CROMWELL (Ouvrier), protecteur de la République- Unie d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, naquit le 25 avril 1599, à Hungtindon, dans le comté du même nom. Sa famille,

qui professait un protestantisme sévère, appartenait à la no- -

blesse saxonne. Il étudiait depuis une année à Cambridge, lorsque son père vint à mourir, lui laissant le soin de veiller sur sa mère et sur sa sœur, et d’administrer le domaine de ses aïeux. Il ne séjourna à Londres que le temps nécessaire pour acquérir quelques notions juridiques, et y épousa la fille d’un marchand, Élisabeth BourGIER.

Dix années de sa vie s’écoulèrent alors dans le calme des champs, au milieu d’occupations agricoles, mais aussi d’agifations morales; de là, pour lui, une régénération intellectuelle et religieuse qu'il désigne lui-même comme sa délivrance de la mort éternelle, Cromwell appartenait à Ja secte démocratique de ces puritains qui, pleins de confiance en Dieu et menant une vie austère, eurent à lutter, pour défendre leurs libertés réligieuses en même temps que leurs libertés politiques, contre les tendances absolutistes des Stuarts. Il fit partie du parlement qui en 1628 arracha à Charles I°* le célèbre bi! of rights; toutefois, il n’y prit la parole qu’une seule fois, à propos d’une question religieuse. Tandis que Charles, faisant avec Strafford et Laud de l’arbitraire dans l’État et dans l’Église, commençait sa lutte contre les antiques droits du pays, Cromwell vivait aux champs, exerçant les modestes fonctions de juge de paix, ne songeant qu’à son salut éternel et à celui des siens. Pour l’ar- “acher à cette paisible existence, il fallut que le roi attaquât ia constitution ecclésiastique des Écossais, provoquât ainsi une insurrection, et, à l'effet d'obtenir les moyens de la comprimer par la force des armes, convoquât en 1640 un parlement, Cromwell en fut encore une fois membre. Cette assemblée fut bien dissoute, mais tous ses membres furent réélus; et

alors, sous la dénomination de long parlement, elle entra en guerre ouverte contre le système du gouvernement absolu. Plus la scission devint tranchée entre le parti de la cour et celui du peuple, et plus Cromwell déploya de cette énergie qui chez lui était demeurée jusque alors à l’état latent.

Quand le roi songea à employer la force pour dompter le parlement, et lorsqu’à son tour celui-ci tira l'épée, Cromwell n'hésita point à se jeter dans le mouvement révolutionnaire avec toute sa famille et toute sa fortune, Le premier il voulut qu’on renonçât au mensonge officiel suivant lequel la guerre se faisait au nom du roi et du parlement. D'abord simple capitaine d’une compagnie, il obtint ensuite le grade de colonel. La fortune des armes restait indécise entre les deux partis; pour ne pas succomber dans la lutte, il fallait que le parlement remportât des victoires décisives. Cromwell, appréciant avec sagacité la situation, fit comprendre à son cousin Hampden que ce n’était point avec des soldats mercenaires qu’on pouvait espérer vaincre une noblesse habituée au métier des armes et défendant son roi avec une fidélité et un dévouement chevalcresques, et que pour en triompher il fallait lui opposer l'enthousiasme religieux. En conséquence, il appela aux armes tous les hommes courageux de son comté inspirés par la foi et par la crainte de Dieu ; il en forma quelques escadrons entièrement composés de citoyens aux habitudes austères, aux idées graves, résolus de sacrifier leur vie à leurs convictions, et par là il décida du sort de sa patrie.

Dans son camp, au lieu de blasphèmes, on n’entendait retentir que de pieux cantiques, et dans leurs moments de loisir ses soldats priaient Dieu au lieu de passer leur ternps à boire. Dans leurs rangs, l’exacte observation de la discipline était laccomplissement d’un devoir religieux ; tous étaient animés du même enthousiasme, et brûlaient du désir de contribuer à l'établissement du règne de Dieu sur.la terre. Ils faisaient profession d’appartenir au sacerdoce universel des chrétiens, et dans toute assemblée où régnait la foi en l'Évangile ils voyaient une congrégation indépendante, dans laquelle avait le droit de précher.quiconque se sentait animé de l'esprit saint. Les partisans de cette direction extrême du puritanisme prenaient la qualification d’indépendants. Le parlement ne fut plus battu dès que Cromwell eut enrôlé de ces hommes-là sous ses ordres. La bataille de Marsion-Moor (1644), dont le gain fut décidé par leur bouillante impétuosité, fut à leurs yeux un arrêt de Dieu qui les encourageait à ne plus vouloir désormais que des vietoires complètes, tandis que les généraux en chef presbytériens, de même que la majorité dans le parlement, entendaient faire la guerre de telle sorte qu'une réconciliation avec le roi restât toujours possible. |

Cromwell, déjà l’âme et le chef des Indépendants, provoqua le décret tout d’abnégation personnelle aux termes duquel les membres du parlement s’exclurent eux-mêmes de tous emplois et charges civils ou militaires. ]1 fit ensuite réorganiser l’armée entière sur le modèle des bandes réunies sous ses ordres, et, sur sa proposition, le commandement supérieur en fut déféré à Fairfax, encore bien qu’en réalité il en demeurât toujours le guide et le général. Ce n’est pas d’ailleurs à l'emploi de moyens illicites, de petites finesses, qu’il était redevable de la décisive prépondérance qu’il exerçait maintenant, mais à cette sûreté de coup d'œil | qui annonçait en lui l’homme de génie, à son enthousiasme religieux, à son zèle ardent pour la cause commune, et à son intrépide énergie dans l’action. Charles 1°" perdit sa dernière bataille le 16 juin 1645, à Naseby, dans le comté de Lancastre. Sa correspondance tomba au pouvoir des Parlementaires; on y trouva la preuve que ce prince avait réclamé l'appui de l'étranger pour se défendre contre son peuple.

Dans ce triomphe Cromwell vit et montra au peuple le doigt de Dieu; c’est à lui dès lors, dit-il, qu’il éonvenait d'en rapporter tout l'honneur, Le roi s'enfuit chez les Écossais,

qui le livrèrent aux Anglais pour de l'argent. On létablit au château de Holmby; et comme à ce moment les deux partis vainqueurs, les Presbytériens et les Indépendants, en étaient déjà aux querelles intestines, Charles °° espéra encore parvenir à les anéantir l’un par l’autre et à ressaisir le pouvoir suprême. Le parlement publia un règlement religieux uniforme. L'armée exigeait qu’on proclamät l'entière liberté de conscience et des cultes. Le plan était de la lui accorder, puis de la congédier; maïs des hommes qui avaient risqué leur existence pour le triomphe de leur cause ne pouvaient se laisser enlever le prix de la victoire. Il se constitua done un comité d’officiers et de soldats, espèce de parlement militaire, qui exigea que les droits du peuple fussent immédiatement déterminés en forme de constitution, et qu’en même temps on donnât des bases solides à la paix publique et à la liberté. Le roi d’ailleurs était au pouvoir de l’armée; et les niveleurs commençaient à réclamer sa déposition.

Quoïque prenant part à tout ce qui se passait, Cromwell, avec son respect pour l’ordre légal, vit dans une telle mesure les dangers d’un état de confusion universelle ; voulant encore sauver le roi, il ne lui demandait que de renoncer au commandement en chef de l’armée el au droit de nommer ses ministres sans l’assentiment du parlement. Maïs Charles, quand il apprit qu’une sédition avait éclaté à Londres en sa faveur et pour forcer le parlement à le rappeler dans la capitale, s’y refusa. Les orateurs (présiäents) des deux chambres et plus de soixante députés étant venus se réfugier dans le tarnp, l'armée marcha sur Londres, y fit son eutrée, et exclut du parlement ceux de ses membres qui avaient pris part à l'agitation en faveur du roi. Cromwell et son gendre Ireton apprirent à ce moment que le déloyal monarque, au lieu du ruban de l’ordre de la Jarretière qu'il leur avait promis en reconnaissance de ce qu’ils Pavaient sauvé, leur destinait une bonne corde de chanvre. Cromwell abandonna alors le roi à sa destinée; et, la main sur la garde de son épée, il somma le parlement d’avoir désormais à veiller seul au salut de l'État et à gouverner. Sa motion fut adoptée, mais elle provoqua un grand nombre de mouvements républicains.

L'armée ne songeait qu’à se battre et à proclamer la république, tandis que le parlement voulait encore négocier avec le roi, qui déjà conspirait contre lui en Irlande. Cromwell comprima ces différentes insurrections; mais l'armée institua un conseil de guerre qui réclama que le roi fût mis en jugement. Une forte minorité accueillit cette proposition dans le parlement; cependant la majorité jugea que les réponses du roi permettaient encore d'espérer le rétablissement de la paix publique. Le conseil de guerre sur ce tint une séance de nuit. « Ces hommes, dit Cromwell, après avoir joué leur vie, avaient bien le droit d'examiner la question. Ce n'étaient point des mercenaires, mais des hommes ayant des fernines et des enfants dans les rangs du peuple, dès lors ayant le droit de demander si la manière dont se terminait la lutte était de nature à les satisfaire. » Is exigeaient la convocation d’une nouvelle assemblée populaire, capable d’organiser l'État au mieux des intérêts de tous. Le parlement s'y étant refusé, le colonel Pride occupa les portes de l’assemblée, en interdit l’éntrée à tous autres qu'aux Indépendants, et mit quarante de leurs adversaires en état d’arrestation, Le reste des députés ( on leur donna plus tard le surnom «le parlement-croupion) prirent alors en considération les propositions de l’armée, aux termes desquelles Charles Stuart deait avoir à rendre compte des injustices qu’il avait commises et du sang qu'il avait fait répandre, On proclama la souveraineté dn peuple, on supprima la chambre haute, et on institua une baute cour de justice chargée de traduire le roi à sa barre comme coupable d’avoir violé les lois fondamentales de l'État, Les cœurs s'étaient endurcis au milieu des guerres CAviles ; les idées qui dominent dans l'Ancien Testament animaient les Puritains, et Charles 1 mourut en vertu d'une semence capitale rendueaprès une instruction judiciaire pu-

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