CROMWELL
Du reste, la restauration essaya de se venger de Cromwell mort. On déterra son cadavre, ceux de sa respectable mère, de sa sœur Brigitte, et de l'amiral Blake; et ces corps déjà à moitié dissous, on les suspendit au gibet. C’est l’époque actuelle qui seüle a rehdu à sa mémoire la place honorable qu’elle doit occuper dans l’histoire. Incapables de gouverner par eux-mêmes et de se laisser gouverner, les républicains ont dépeint Cromwell comme un ambitieux usurpateur. Les royalistes, en faisant le portrait de l’homme qui avait renversé le trône dans le sang, n’ont pas manqué d'employer les couleurs les plus sombres. Les générations anglaises suivantes, avec leur respect inné pour le jeu des institutions constitutionnelles , se refusèrent à comprendre la nécessité des actes arbitraires d’un homme qui avait mission de rendre sa nation apte à supporter le régime de la liberté légale. Une époque de lumières et d’irréligion n’a pu admettre la sincérité de la foi vive qui existait chez cet homme au coup d'œil si perspicace; pour elle son christianisme appuyé sur la Bible
n’a été qu’un masque, de même que le pieux héros qui en :
toute occasion rendait hommage à la Providence n’a été qu’un hypocrite habile à guider le peuple dans ses voies à l’aide de ses démonstrations de piété. Ce n’est que tout récemment qu’on a vu Macaulay, dans son Histoire d'Angleterre depuis l’avénement de Jacques II (Londres, 1849), donner enfin la parole aux faits et reconnaître dans Cromwell l’un des plus grands génies et des plus remarquables héros de sa nation. M. Guizot, lui aussi, a démontré ( Histoire de la Révolution d'Angleterre, etc.; nouvelle édition, 1850; et Pourquoi la révolution d'Angleterre a-t-elle réussi? ) combien Cromwell, par l'étendue et l'énergie de ses facultés Pemporta même sur un Guillaume III et sur un Washington, et a prouvé que jamais homme n'avait uni un plus brûlant enthousiasme à plus de sûreté dans le coup d'œil. L'un de ceux qui ont le plus contribué à réhabiliter sa mémoire a été Carlyle, en publiant et annotant unecollection des Zeéters and Speeches of Cromwell (1847). A ces travaux se rattache honorablement l'Histoire du Protectorat, par Merle d’Aubigné (Paris, 1847). Consultez aussi Villemain, Histoire de Cromwell (2 vol.; 1819), et Memoirs of the Protector Oliver Cromwell, and of his sons Richard and Henry (Londres, 1820), publiés par Olivier Cromwell, l'un des descendants du Protecteur.
[Il n’est pas sans intérêt de savoir ce qu'est devenue la famille de Cromwell.
D'Élisabeth Bourgier, sa femme, il avait eu deux fils et quatre filles.
Richard, son fils aîné, nature douce et timide, mourut le 13 juillet 1712, à Cheshnut, à l'âge de quatre-vingt-huit ans, Sans avoir jamais été inquiété, dans la longne carrière qu'il fournit encore après la restauration, par les Stuarts,
dont pourtant il avait pendant quelqne temps occupé le.
trône. Il avait épousé Dorothée, fille de Richard Mayor, de Hunsley, dans le Hampshire, de laquelle il eut trois filles, qui se marièrent assez obseurément et n’ont pas laissé de postérité.
Henri, celui des deux fils du Protecteur qui était le mieux partagé sous le rapport de l'intelligence, le brillant et fastueux Henri, vécut, après la restauration, à Spinney-Abbey, où il mourut dès l’année 1673. Il avait épousé Élisabeth, fille atnée de sir Francis Russell, de Chippenham, dont il eut cinq fils et une fille. f
De ces cinq fils, il y en eut quatre qui moururent sans laisserde descendance. Le cadet, appelé Henri comme son père, mort en 1711 major dans l’armée anglaise, avait épousé Hannah, fille d'un marchand appelé Benjamin Hewling. 11 eut d'elle un fils appelé Thomas, lequel était par conséquent l'arrière-pelit-fils, en ligne directe, du Protecteur, Ce Thomas Cromwell mourut obscur confiseur, à Londres, le 2 octobre 1748. Un fils qu'il laissa en mourant , Olivier Cromwell, fut reçu avocat, et n'est mort qu'en 1821.
D vaftà.