‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 595 sur 607 · CROMWELL — CRONSTADT · texte numérisé non relu

CROMWELL — CRONSTADT

La fille unique de Henri, fils cadet du Protecteur, Élisabeth, épousa William Russell, de Frohdam Abbey, dont elle eutsept fils et six filles. Le plus grand nombre de ces enfants moururent en bas âge. Cependant un de ses fils, Francis , né en 1691, a laissé des descendants qui ont continué d’appartenir aux sphères élevées de la société anglaise, L'une des sœurs de Francis, au contraire, nommée Élisabeth, comme sa mère, épousa un certain Robert d'Aye de Rohan, qui mourut de misère dans une maison de refuge. Une autre sœur de Francis, Marguerite, épousa un homme de basse condition. Une troisième sœur, enfin, épousa un certain Nelson de Wildenhall, dont elle eut un fils qui exerça la profession de joaillier-bijoutier, et une fille, mariée à son tour à un avocat du nom de Redderoek , et qui devenue veuve, fut réduite pour subsister à tenir une petite école de filles.

Les quatre filles de Cromwell avaient nom :

Brigille, mariée en premières noces au général Henri lreton ; et en secondes noces, au général Charles Fleetwood;

Élisabeth, l'enfant bien aimée du Protecteur, qui n’en fut pas moins toujours une royaliste ardente, qui épousa John Claypole, et qui mourut à Pâge de vingt-neuf aus, du vivant même de son père ;

Marie, mariée à Thomas, vicomte de Fauconbery ;

Francisca, mariée d’abord à Robert Rich, petit-fils du comte de Warwick, et en secondes noces à sir John Russell, de Chippenham, dont elle eut une nombreuse postérité. BuLau. ]

CRONIES, fêtes qu’on célébrait à Athènes en l’honneur de Saturne. Ces fêtes répondaient aux Saturnales des Romains. On prétend qu’à Rhodes on réservait un malfaiteur pour l'immoler à Saturne dans cette solennité, ainsi appelée du nom grec de Saturne, Cronos.

CRONSTADT ou KRONSTADT (c'est-à-dire, en allelemand, ville de la couronne ; en hongrois, Brasso), cheflieu du district du même nom en Transylvanie, la ville la plus intéressante de la partie de la principauté de Transylvanie qu'on appelle le pays saxon, en même temps foyer principal de son industrie et de son commerce, est entourée de montagnes et adossée à une grande forêt, dans une contrée magnifique, à environ 633 mètres au-dessus du niveau de l’Adriatique, et, en raison de sa situation au pied des Montagnes Hautes, très-exposée aux vents du nord et du nord-est. Son plus bel édifice public est la cathédrale évangélique, où l'on admire un superbe buffet d’orgues. 11 faut encore mentionner l'hôtel de ville, la bourse, qui date de la moitié du seizièmesiècle, et l’église catholique. Le petit chàteau fort qui s'élève au côté nord-ouest de la ville, sur une petite éminence, a joué un rôle assez important dans la campagne de 1848-1849. Des trois faubourgs qu’on compte à Cronstadt, le plus considérable est le faubourg valaque, qui s'étend pendant plus d’une lieue dans une gorge de la montagne, et qu’habitent les gens riches.

Cronstadt est une ville royale libre; maïs elle n’a plus aujourd'hui que l’ombre de ses anciennes franchises municipales. Elle est le siége d’un grand nombre d’autorités administratives de la principauté, d’un abbé mitré faisant fonctions de curé de l’église catholique, d’un doyen de l’église évangélique, d’un archiprêtre valaque non-uni; et les trois confessions y possèdent de bons établissements d'instruction publique, parmi lesquels on distingue en première ligne le gymnase évangélique. La population est de 22,826 habitants, et se subdivise, au point de vue des croyances, en 8,675 luthériens, 9,341 grecs non-unis, 3,880 catholiques romains, 894 réformés et 96 unitaires ; au point de vue des races, en 9,116 allemands, 8,493 valaques, 4,364 magyares, 789 bohémiens et 119 étrangers. Cette population vit presque exelusivement d'industrie, de commerce et de transit. Le commerce avec Vienne, Pesth et la Valachie, en articles des colonies et des fabriques et en produits bruts, est très-considérable. Les principaux produits de l’industrie locale sont

les vases en bois, les bahuts, les cordes et courroies, les souliers, les chapeaux et les draps qu’on écoule dans les principautés voisines , ainsi que les chandelles de suif, dont on obtient un bon placement à Pesth. On n’y trouve que fort peu de fabriques, mais en revanche des hôpitaux parfaitement organisés et d’autres établissements de bienfaisance, une caisse d'épargne, une banque de prêt, un counité de tempérance, une société industrielle, une société de commerce allemande et une valaque. La feuille hebdomadaire de Transylvanie ( Siebenburgische Wochenblatt ) paraissant à Cronstadt, est une feuille très-répandue.

On fait remonter la fondation de Cronstatd aux premières années du treizième siècle. Au seizième, elle fut un des foyers de la réforme luthérienne ; et Honterus , son réformateur, entretenail un commerce de lettres des plus suivis avec Luther. Les rois de Hongrie avaient protégé à l’aide de priviléges de tous genres son commerce, qui jadis était bien plus important qu'aujourd'hui. ses fortifications dont ele était autrefois entourée, tombent maintenant en ruines.

CRONSTADT ou KRONSTADT, place forte et ville maritime du gouvernement de Saint-Pétershourg, à 41 kilomètres de cette capitale, dans la plus étroite partie du golfe de Finlande, en face de l'embouchure de la Newa, bàtie sur un rocher calcaire, haut mais étroit, le Æo{lin-Ostow, c’est-à-dire Zle du Chaudron (en finnois Retusari 13 position qui, jointe à la force des ouvrages, en fait le boulevard de Saint-P étersbourg en même temps que la place forte la plus importante et le port militaire et commercial de l'empire où règne en tout temps le plus d'activité. Cette ville fut fondée en 1710 par le tsar Pierrele Grand, pour servir de port de mer à Saint-Pétersbourg, sur une ile déserte qu’il avait enlevée aux Suédois en 1703 ; et il l’entoura de travaux de défense, qui furent encore considérablement augmentés par sa fille, l’impératrice Élisabeth, sous la direction de l'architecte Kokorinof, et plus tard par les empereurs Paul I‘* et Alexandre I°*,

Cronstadt est le siége de l'amirauté russe. Les rues de cette ville sont droites et régulières ; on y remarque un grand nombre de beaux édifices, trois églises et deux chapelles grecques, une église luthérienne, une église anglaise et une église catholique. La ville possède en outre les établissements maritimes les plus grandioses, une école pour les matelots et une école pour les pilotes , un arsenal maritime, une fonderie de canons, un lazaret maritime, des casernes, des chantiers de construction, des docks, des bâtiments à l'usage de la douane, et trois bassins de port distincts ; le bassin de la marine marchande, pouvant contenir un millier de bâtiments ; le bassin central, pour l'armement des vais seaux de guerre, l’un et l’autre très-profonds ; et enfin, le port militaire; tous couverts et défendus, indépendamment de leurs propres ouvrages de défense, par le Xronslott (ch4teau de la couronne), qui fut construit également par le tsar Pierre-le-Grand dès 1701 sur deux petites îles voisines, Les fortifications de la ville ont été augmentées en 1863.

Un des grands inconvénients au port de Cronstadt, c’est de se trouver trop rapproché de l'embouchure de la Néwa et de l'eau douce de ce fleuve, qui pourrit vite les navires. Ensuite, pendant cinq mois de l’année, de la fin de novembre à la fin d'avril, les bâtiments ne peuvent ni y entrer ni en sortir, à cause des glaces. Quoi qu’il en soit, Cronstadt, comme véritable port commercial de Saint-Péterbourg, est le grand centre du commerce de la Russie septentrionale, nonseulement pour l’exportation à l’étranger des produits bruts de l'intérieur qui y arrivent par canaux ou encore des différents ports russes de-la Baltique par le cabotage, mais encore pour l'importation des produits de l’industrie étrangère, dont il est le grand entrepôt et qu’il fait parvenir jusqu'aux ports russes de la mer Noire. Le mouvement annuel d'entrée et de sortie du port est d’environ 3,000 bâtiments, Une communication des plus actives par bâtiments à vapeux

a lieu constamment entre Cronstadt, Saint-Pétersbourg, Péterhof et Oranienbaum. Les bâtiments à vapeur arrivant de Reval, d'Helsingfors, de Stockholm, de Stettin, de Lubeck, doivent toujours s’y arrêter. Les continuelles évolutions de la flotte impériale de la Baltique, dont Cronstadt est la station en même temps que cette ville renferme une grande partie de ses équipages et de son personnel, ajoutent encore à l’animation extrême de ce mouvement. On s'explique dès lors facilement comment Cronstadt, en dépit de l’exiguité de son enceinte, en est venue à renfermer aujourd’hui une population de 60,000 âmes.

CROQUANT, expression injurieuse, qui désigne le plus ‘ordinairement un gueux, un misérable, un pauvre diable. C’est dans ce sens que La Fontaine a dit :

Passe un certain croguant, qui marchait les pieds nus,

Croquant signifie encore un sot, un fat, un personnage sans consistance et sans considération :

Ce croquant qu’à l'instant je viens de voir sortir.

Ainsi s'exprime le marquis en parlant de Dorante , oncle du Joueur, dans la pièce de ce nom. Cette expression est familière et vieillit. D’Aubigné en rapporte l’origine à un soulèvement de paysans arrivé en 1597, et qui commença dans la paroisse de Croc, située dans le Limousin. Cette révolte, causée par les vexations des collecteurs, s’étendit dans le Périgord, le Quercy, l’Agénois et l’Angoumois. Non contents d’attaquer les agents du fisc, les rebelles se ruèrent sur les gentils-hommes, qu'ils massacrèrent et dont ils pillèrent les châteaux. Mais la désunion se glissa bientôt dans leurs rangs , composés de catholiques et de protestants. Les premiers se séparèrent de leurs associés, et ne tardèrent pas à déposer les armes volontairement ; les autres, atteints en rase campagne par les troupes royales, furent vaincus et dispersés. Le père Daniel, en rapportant ce même événement, assure, au contraire, que les insurgés furent nommés croguants parce qu’ils croquaient, c’est-à-dire parce qu'ils mangeaient et buvaient tout <e qu'ils trouvaient à manger et à boire dans les maisons des gentils-hommes. Ménage prétend de son côté que ces paysans furent nommés croquants parce que, ne sachant pas écrire, ils se bornaient à tracer sur les actes un crochet ou une croix pour leur tenir lieu de signature. Enfin, le Dictionnaire de Trévoux aflirme, pour sa part, que croquant servait à désigner des soldats n'ayant en temps de guerre pour toute arme qu’un croc, ce qui ferait remonter l'invention de ce mot à l’époque féodale, où l'infanterie, formée d’une multitude confuse, n'avait pour se défendre que des fourches , des crocs et des bâtons. SAINT-PROSPER.

CROQUIS. C'est, en termes d’art, la première idée jetée précipitamment sur le papier, soit au crayon , soit à la plume, et sans rechercher ni l’effet ni la pureté des formes, mais dans le but seulement de rendre l’agencement d'une ou de plusieurs fignres qu’un artiste veut faire entrer dans sa composition. Les croquis des grands maitres sont fort recherchés ; les curieux poussent même souvent cette vénération trop loin, puisqu'ils mettent des prix assez élevés à des croquis que véritablement on ne peut considérer que comme des griffonnages plus ou momns informes. Lorsqu'un croquis est plus arrêté, il reçoit le nom d’esquisse. Cette expression a passé des arts dans la littérature. DucHEsNE aîné.

CROSSE ou BATON PASTORAL, insigne de la dignité épiscopale et abbatiale, Dans le principe il était surmonté d'une petite pièce transversale qui lui donnait la forme du tau ou de la croix. De là vient le nom de crosse, en italien croce, croix. On a donné divers noms à cet insigne : celui de pedum, parce qu'il ressemble en effet à la houlette du berger ; celui de ferula, du verbe ferio, je frappe, parce que c'est avec la férule que le maitre gouvernait ses élèves ; celui de cambuta ou camboca, terme irlandais qui, selon

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