‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 61 sur 607 · COLONIES AGRICOLES — COLONIES MILITAIRES · texte numérisé non relu

COLONIES AGRICOLES — COLONIES MILITAIRES

Wateren, un institut agricole pour soixante garçons destinés à diriger ou surveiller les travaux d'agriculture des diverses colonies. En 1829, les colonies agricoles de Frederik’s-Oord, Ommerschans, Veen-Huysen et Wateren comprenaient plus de 7,000 individus.

Après une expérience de cinq ans, une société se forma, en 1822, à Bruxelles, également sous le patronage du prince Frédéric, pour doter la Belgique d’une institution coloniale semblable à celle de la Hollande. Cette nouvelle association se composa, dès l’origine, de plus de 13,000 membres, On commença par fonder sur les landes de la Campine, dans la commune de Wortel, province d'Anvers, une colonie libre sur des bases analogues à celles de Frederik’s-Oord. Le rapide succès qu’elle obtint fut dû au capitaine Van den Bosch, frère du général. Plus tard on créa, à l'instar de la colonie de Ommerschans, un dépôt agricole de mendiants sur les bruyères de Meræplas-Rycke-Versel, voisines de Wortel, dans la province d'Anvers. Tout près de là s'était déjà établie une colonie de trappistes, émigrés de France en 1792, et au mileu des landes de Zeyst, entre Utrecht et Amersfort, une colonie agricole et industrielle de frères moraves. A Gheel, bourg de Belgique, peuplé de 6,500 âmes, à 22 kilomètres sud de Turnhout, des aliénés de Bruxelles, d'Anvers et d’autres villes sont placés chez les cultivateurs, qui les occupent à des travaux agricoles. On y comptait en 1850 876 de ces infortunés : 442 hommes et 434 femmes.

Le succès des colonies agricoles de la Hollande et de la Belgique ne pouvait manquer d’exciter l’émulation de la France. Dès 1828 le conseil général de la Seine émettait un vœu favorable à ces établissements. Après la révolution de Juillet les associations de bienfaisance s’en occupèrent. En 1832 M. d’Argout, ministre du commerce et des travaux publics, fit approuver par le roi Louis-Philippe la création d’une commission chargée d’examiner le système des éta-

blissements de Hollande et de Belgique et de préparer un plan général de colonies agricoles pour la France. Malheureusement cette commission ne figura jamais que sur le papier, et ne se réunit pas une seule fois,

Du reste, les établissements de nos voisins n’ont pas euxmêmes répondu aux espérances qu’on s’en était faites. Depuis que le royanme des Pays-Bas s’est scindé en deux États, leur décadence a été rapide; elle est aujourd’nui presque complète, Ils florissaient en 1830 ; c’est à peine si l’on en retrouve la trace én 1853. On a proposé chez nous d'étendre singulièrement l'application des colonies agricoles intérieures : on a rêvé des colonies libres d’indigents, des colonies formées de mendiants, des hospices agricoles d'enfants trouvés et d’orphelins, des colonies de réhabilitation de forçats libérés, des colonies agricoles d’aliénés, des colonies de mévages d'artisans, ete., etc. L'établissement de Mettra y est à peu près le seul qui ait réussi en France. Il faut pourtant citer encore la colonie agricole d’Ostwald , fondée en faveur des pauvres sans asile par la ville de Strasbourg; et la colonie de Petit-Bour g, pour des enfants pauvres. On a, d’un autre côté, cherché à rattacher quelques-unes de ces institutions à notre conquête d’Afrique. Ne pouvant discuterici tous ces projets, nous dirons seulement que les deux princi- Paux genres de colonies agricoles intérieures, celles d’indigents et celles de condamnés , soit détenus, soit libérés, paraissent rencontrer à l’exécution de sérieux obstacles, Il est à remarquer d'ailleurs que la France ne possède qu’un nombre très-restreint d’indigents valides, qui, trouvant dans leur labeur actuel une partie de leurs moyens d’existence, seraient difficiles à déplacer sans inconvénient,

En 1867, il y avait en France deux sortes de colonies agricoles: les unes de correction, au nombre de 17; les autres, 33 en tout, fondées et dirigées par des particuliers pour les enfants trouvés et les orphelins pauvres.

COLONIES MILITAIRES, établissements de soldats cultivateurs, Il en existait déjà à l'époque d'Alexandre

le Grand et sous les Romains. Dans nos temps raodernes, l'organisation des Frontières militaires de l’empire d’Autriche et de l’Zndelta en Suède à la fin du dixseptième siècle en ont été limitation, de même que les colonies militaires créées en Russie à partir de 1820, quoique celles-ci diffèrent essentiellement de ces premières institutions.

En Suède, l’organisation de l’Zndelta ou des troupes réparties par cantonnements, qui existe encore aujourd’hui dans ce pays, remonte à Charles XI, qui l’imagina pour avoir toujours sous la main la plus grande force militaire désirable avec le moins de frais possible. Elle consiste dans l'obligation imposée aux propriétaires de pièces de terre isolées, et moyennant l’exemption de certains impôts, d’entretenir un ou plusieurs soldats, recevant chacun autant de terrain et de bétail qu'il lui en faut pour assurer sa subsistance. Quand vient l’époque des manœuvres ou en temps de guerre, ceux qui restent sont tenus de faire la besogne de ceux qui ont été appelés sous les drapeaux. Ils ne reçoivent de solde qu’en temps de guerre.

La pensée première des colonies militaires russes date

du règne de l’empereur Alexandre; elle fut conçue par le général en chef d'artillerie Araktchéjeff. Son plan consistait à établir à poste fixe des régiments entiers dans certains arrondissements, et, sous une administration tout à la fois militaire, civileetde police, à opérer entre l’ordre des paysans de la couronne et les troupes soldées une fusion telle qu’elle permit d'obtenir des résultats de plusieurs espèces, notamment une diminution dans les frais d’entretien de l’armée, plus de facilité dans son recrutement, la création d’une réserve, la fondation d’asiles pour les soldats retraités et pour leurs familles, en même temps que l’accroissement des produits ruraux et de la population agricole là où les bras avaient jusque alors fait défaut. Enfin, Araktchéjeff conseillait de répartir et de loger les soldats chez les paysans de la couronne, de construire des villages militaires d’après un plan donné, d’assigner à chaque maison un certain nombre ‘ie journaux de terre, enfin de donner à cette institution un code particulier. Le soldat devait en cette qualité contribuer a son entretien en travaillant à la terre. Toute la population inäle des villages de colons devait être exercée au manieinent des armes, et en temps de guerre servir de réserve. Araktchéjeff voulait masser de la sorte en colonies militaires iutes les forces disponibles de la Russie le long des fronières de la Pologne, de la Turquie et de la Caucasie; organisation qui, indépendamment des avantages énumérés citessus, d'augmenter la culture du sol ainsi que la populaion, et d'assurer la subsistance des familles des soldats en campagne, devait inspirer l'amour de la patrie à celui qui, en temps de paix, avait les jouissances du toit domestique, de à famille et de la propriété.

Cette idée, quelque bien conçue qu’elle parût au total,

perdit dans l’application et dans la pratique beaucoup de lPuilité qu'on s’en était promise; cette déception fut surtout e fruit de la sévérité inexorable apportée par Araktchéjeff à la mise en œuvre de son plan, une fois qu’il l’eut fait approuver par l'empereur, Des villages entiers serévoltèrent ; et la Sibérie fut redevable, en très-grande partie de l'accroissement de population qu’elle reçut alors, notamment dans la période de 1820 à 1825, aux intolérables rigueurs du système de ces colonies militares où en 1825 Araktchéjeff était déjà parvenu à masser 400, 000 hommes, dont 40,000 cavaliers. Par suite de la révolte d'une partie de la garde imperiale, qui eut lieu cette année-là, l’empereur Nicolas renonça au système de coloniser toute l’armée. Araktchéjeff, objet de l'exécration des soldats, fut mis à la retraite, et se retira dans son domaine de Grusino, sur le Wolchow, où il mourut le 21 avril 1834. Les colonies militaires déjà créées dans les gouvernements de Nowogorod, Welicki, Cherson, Charkow et Jekaterinoslaw furent à la vérité conservées et

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