COIMBRE — COIN
périeure, bâtie sur un rocher escarpé et sur le Mondego, unie par un chemin de fer à Lisbonne et à l'Espagne, est une ville ouverte et mal bâtie, entourée de plantations de vignes, dliviers et de citronniers; elle compte 19,000 habitants. Elle est le siége de l’unique université qu'il y ait en Portugal, d'un évêché et de divers établissements scientifiques et littéraires. On y voit un très-bel aqueduc. La porulation s'occupe de fabrication de toiles, de poteries et d'ouvrages en corne. L'université, fondée primitivement à Lisbonne, en 1291, et transférée dans cette ville en 1308, compte environ 1,200 étudiants, Depuis 1816 elle est divisée en cinq facultés : théologie, droit, médecine, philosophie et mathématiques, L'enseignement y est donné par 30 professeurs et environ 20 agrégés. Elle possède un observaloire, un laboratoire de chimie, un cabinet d'histoire naturelle, une collection d'instruments de physique, une bib'iothèque de 150,000 volumes et un jardin botanique, Parmi les édifices de la ville, il faut citer la cathédrale et le couvent des Augustins de Saint-Laurent, avec sa belle rotonde et son parc. Sur la rive enchanteresse du Mondego on voit le beau monastère de Sainte-Claire, grand et massif parallélo-
gramme, contenant, dans un cercueil d'argent, les restes de -
sa fondatrice, Isabelle, épouse du roi Denis, morte en 1336. Cest là aussi que péril,assassinée par ordre d’Alphonse IV, InèsdeCastr o,dontony voit encoredenos jours le château (Quinta das Lagrimas). Une foire de trois jours se tient chaque année sur la place située devant le couvent de Sainte- Claire. En 1810 un détachement de l’armée française commandée par Masséna fut fait prisonnier par les Anglais aux environs de Coïmbre. En 1834 dom Miguel transféra sa résidence à Coimbre. Le 7 juillet 1846 il y éclata une insurrection miguéliste, à la suite de laquelle le ‘duc de Saldanha entra victorieux à Coimbre, le 4 janvier 1847, après avoir battu les insurgés à Tores-Vedras.
COIN. Dans les arts, on emploie le plus souvent ce mot pour désigner un outil en forme de prisme triangulaire, dont on introduit l’une des arêtes dans une fente que l'on veut élargir. On obtient ce résultat en frappant avec un marteau ou tout autre corps contondant sur la face opposée, que l’on nomme té£e du coin. Si l'on considère l’action mécanique produite par une cognée, une hache, un sabre, on voil qu’elle est absolument du même genre; la lame d’un couteau ordinaire est un coin fort large, eu égard à son épaisseur; une baïonnette, une épée, une épingle, une aiguille à coudre, un clou, sont des coins à formes pyramidales ou coniques, - ;
La mécanique range le coïn au nombre des machines simples qui dérivent du plan incliné. Elle constate que ’'effet produit à l’aide d’un coin augmente avec le rapport de la surface de ses côtés à celle de sa tête. Dans la pratique, il fâut tenir compte du frottement, qui diminue l’action de la force appliquée. Ce frottement, souvent très-considérable, est utilisé dans certains cas où on ne se sert du coin que pour tenir deux pièces écartées l’une de l’autre, ou pour exercer une forte pression, C’est ainsi qu'avant l'abolition de la torture, les coins faisaient partie obligée de l’attirail du bourreau. TEYSSÈDRE,
Le mot coin, qui vient du latin cuneus, dérivé lui-même du grec ywvi, angle, s'emploie dans le langage le plus ordinaire pour marquer l'endroit où se fait la rencontre de deux lignes ou de deux surfaces, soit à l’intérieur, soit à l'extérieur des objets. 11 se dit, par exemple, en anatomie, des extrémités de la bouche, qui sont le siége du sourire, et de celles de l'œil, dont l’une (l'extrémité ou coin intérieur, nommée le grand coin ) est le siége des fistules lacrymales. On fait signe à quelqu'un du coin de l'œil, pour l'appeler, Viaviter à approcher, ou le mettre dans quelque confidence, Au propre : regarder du coin de l'œil, est regarder à la dérobée; au figuré : regarder Les gens du coin de l'œil, c'est les regarder avec envie ou avec mépris, deux senti-
ments qui ne s’excluent pas l'un l'autre autant qu'on le pense. Dans le sens d’angle, on dit encore les coins d'un mouchoir, d’une nappe, les coins d’un poêle ou d'un drap mortuaire, le coin d'une rue, d’une maison, d’une chambre, d’un jardin entouré de murs, et, par extension, les quatre coins d’une ville, d’un royaume, d’un empire, du monde même, pour dire leurs extrémités opposées; on dit d’un homme qui a beaucoup couru, beaucoup voyagé, beauceuñ vu, qu'il a parcouru, qu'il a visité les quatre coins du monde. .
Un des caractères distinctifs de légoïste, c’est de vouloir partout occuper le meilleur coin, sans se soucier nullement de la commodité des autres, ni même des plus simples convenances. On dit proverbialement de celui qui ne sort presque point, qui garde presque toujours la maison, qu’il ne bouge pas du coin de son feu. Qui ne connaît en effet, qui n’apprécie les douceurs du coin du feu? L'égoïste s’y complaît encore davantage, sans penser que d’autres souffrent peut-être du froid, de la faim, de toutes les privations, dans le coin d’un grenier ou même au coin de la rue. Le coin de rue, envisagé sous un aspect moins triste, peut devenir une source féconde d’observations pour le peintre, pour lécrivain philosophe et pour l’auteur dramatique, témoin le tabléau plein de vérité qui sous ce titre attira jadis tout Paris au théâtre des Variétés. Coin se dit quelquefois, absolument et familièrement, pour le coin de la rue qu’on habite : le marchand de vin du coin, lequel, à laide d’un atroce calembourg, écrit en rouge sur sa porte : au bon coing ; souvent même ce dernier mot manque, et est suppléé par une image énigmatique de ce fruit.
Coin se dit aussi, dans une acception défavorable, ou d’un lieu écarté et solitaire, ou d’un lieu obscur et dédaigné. Les voleurs attendent d’ordinaire les voyageurs au coin d'un bois, pour les dévaliser. Du reste, toutes les rencontres qu’on peut faire au coin d’un bois ne sont pas aussi fâcheuses, témoin ce vers de Boileau, dans son Àr/ poélique :
Je trouve au coin d’un bois le‘mot qui m'avait fui, ]
On dit assez ordinairement d’une chose de peu de valeur, ou que l’on méprise, qu’elle est bonne à jeter dans un coin. Au jeu de trictrac, le grand coin ou simplement le coin est la dernière case à la droite du joueur; et le coin bourgeois, la dernière case du petit jeu. Tenir son coin se dit au jeu de paume lorsque deux personnes, qui jouent une partie contre deux autres, défendent chacune leur côté,
Qui ne connaît le jeu des quatre coins ? Nous ne savons trop où nous avons vu une allégorie assez piquante et assez vraie dont ce jeu était le sujet, La noblesse, le clergé, l'administration (ou les fonctionnaires publics), et le tiers état (ou la bourgeoisie) tenaient les quatre cot#s, et le peuple était au milieu, semblant toujours attendre, mais en vain, qu’un petit échange de bons procédés entre ces quatre puissances lui facilitât les moyens de modifier et d'améliorer ur
À peu sa position.
A voir toute la peine qu’on se donne dans cæ petit coin du monde qu’on nomme la terre, non pas seulement pour occuper le meilleur coin, mais pour se faire oppresseur, sans pitié des opprimés, on est tenté de s’écrier avec Boileau :
Heureux est le mortel qui, du monde ignoré, » Vit content de soi-même en un coin retiré!
Le mot coin, considéré comme modèle ou comme matrice propre à fondre une médaille ou une pièce de monnaie, à fourni au langage figuré une expression métaphorique dont on se sert pour caractériser un bon ouvrage, une belle production des arts ou des lettres, La Bruyère l’a même employée pour une œuvre plus sublime, quand il a dit : « Tout est grand, tout est admirable dans la nature; il ne s'y voit rien qui ne soit marqué au coin de l'ouvrier. »
Quant aux ouvrages marqués ax coin de l'immortalité,