COLUMELLE
sont consacrés aux menus détails de l'économie agricole. Le traité De Arboribus (de la culture Des Arbres), n’est à bien dire que le treizième et dernier livre du traité De Re Rustica; mais l'usage s’est établi de l’en séparer et de le publier comme une œuvre à part. Columelle y expose les règles de la culture des arbres fruitiers et forestiers,
En lisant Columelle, on sent combien il aimait l’agriculture ; et comme son style est toujours soutenu et élégant, alors même qu’il est forcé d’entrer dans le détail des plus vulgaires occupations de la vie agricole, on lelit avec plaisir. Son livre est incontestabiement l’un des traités d’agriculture les plus curieux et les plus complets que nous ait légués l'antiquité, et en l'étudiant avec soin on est tout étonné d'y voir fort clairement indiqués des procédés et des méthodes pronés de nos jours comme des innovations. Dans une préface, Columelle déplore d’ailleurs amèrement la décadence dans laquelle est tombée de son temps l’agriculture, le mépris qu’on professe pour le premier et le plus utile des arts, pour lequel il n’existe ni écoles ni professeurs, alors que Rome foisonne d'individus enseignant la poésie, la musique, la rhétorique, l’'éloquence, la grammaire, la peinture et l’architecture. Ses contemporains apprécièrent ses nobles efforts ; son ouvrage remit en honneur les travaux rustiques, et par la manière dont en parlent Sénèque et Pline, on voit que pleine justice fut rendue à ce talent à la fois utile et modeste.
. COLURES. Ce sont deux grands cercles ou méridiens de la sphère, que l’on suppose se couper à angles droits aux pôles du monde. L’un passe par les points solsticiaux, Pautre par les points équinoxiaux : ce qui a fait donner au premier le nom de colure des solstices, et au second celui de colure des équinoæxes. Les colures, en coupant ainsi l'équateur, marquent les quatre saisons de l’année. Du reste ces cercles étaient plus en usage dans l'astronomie ancienne qu'ils nele sont aujourd'hui. On les appelle colures, du grec xékovpos, qui a la queue coupée (de xo)oûw, couper, et oùp&, queue), par la raison, dit-on, qu’ils ne s'élèvent jamais entièrement au-dessus de notre horizon.
COLUTHUS, poëte grec, naquit à Lycopolis (aujonrd’hui Sout), ville de la Thébaïde. Suidas pense qu’il vécut sous Anastase 1°", empereur de Constantinople, vers la fin du cinquième siècle ou au commencement du sixième, On lui attribue communément un petit poëme, en un chant, L'Enlèvement d'Hélène (‘Aprayh Hévne). La découverte du manuscrit de ce poème est due au cardinal Bessarion, qui le trouva au bourg de Casoli, près d’Otrante, dans un monastère. Il fut imprimé pour la première fois,in-8°, par Alde, à la suite de Quintus Calaber, le continuateur d’Homère. Ce poëme est d’une grâce, d’une élégance soutenues, mais il manque de mouvement et de passion, si ce n’est dans les plaintes d’Hermione sur l’absence d'Hélène, sa mère: cet épisode est une touchante élégie. On croit Coluthus auteur d’un poëme en six chants, Les Calydoniaques ; d’un autre, intitulé Les Persiques, et d’Éloges en vers : ces ouvrages sont perdus. M. Stanislas Julien a donné, en 1822, une traduction de L’'Enlèvement d'Hélène. Malgré le dédain qu’on a affecté pour Coluthus, il a trouvé une foule de commentateurs et de traducteurs en plusieurs langues. DENNE-BaroN,
COLXSEÉE. Voyez CoLisée.
COLY VA, gâteau que les Grecs ont coutume d'envoyer à l’église neuf jours après un enterrement, et qui est fait de grains de froment bouillis, auxquels on ajoute des amandes pelées, «es raisins secs, des grenades, du sésame, et qu’on borde de basilic ou de quelque autre plante balsamique. 11 a la forme d’un pain de sucre, surmonté d’un bouquet de fleurs artificielles. On le met sur un grand bassin, aux bords duque! sont disposés des morceaux de sncre ou de confiture sèche, en forme de croix grecque. C’est, d’après les Grecs, la traduction de ces paroles de Jésus-Christ, selon saint Jean : « Sile grain de froment que l’on jette en terre ne meurt
— COMACHIO
pas, il demeure seul; mais quand il est mort, il produit beaucoup de fruits. » C’est une profession de foi en la résurrection des morts. Le fossoyeur, précédé de gros cierges allumés, place ce gâteau bénit sur la tombe du défunt, Trois personnes suivent le fossoyeur, portant, l’une deux grandes bouteilles de vin, la seconde, une corbeille de fruits, la troisième un tapis, qu’on étend sur la tombe. Les assistants s’asseyent tout autour, et mangent le gâteau. La cérémonie du colyva a lieu avec solennité, le vendredi avant le jeûne annuel de l'Avent, le vendredi saint et le vendredi avant la Pentecôte, jours consacrés à la commémoration des morts. COLZA, race du genre chou, dont on cultive deux variétés, qui sont le colza d'hiver et le colza d'été: Vun et l’autre sont des cultures très-productives, par l'huile que fournissent leurs semences et par le fourrage vert qu'elles produisent. On sème le colza d’hiver en juillet, à la volée, dans la proportion de cinq à six kilogrammes de graines par hectare. On éclaircit, au besoin, ce semis de manière à laisser au moins 12 centimètres entre chaque pied. D’autres cultivateurs sèment le colza en pépinière et le replantent en septembre à 0®,16 de distance. Dans l’une ou l’autre méthode, ce sera après dix mois de semis qu’on fera la récolte de la semence. L'on se conduira alors pour la récolter et la conserver comme pour la graine de navettes. L'huile de colza est d’un emploi très-considérable. Les pains ou tourtea u x qui restent après son expression sont un bon aliment pour les animaux et un engrais puissant pour les terres et tes prairies. Le colza d’été, un peu moins fort dans toutes ses parties, se sème au printemps, et fournit, ainsi que le colza d’hiver, ses semences la première année ; le colza d’été a pris faveur, parce qu’indépendamment de ce qu’il est une production d’un débit toujours certain, on a la ressource, en une multitude de circonstances, de pouvoir semer du colza, même au printemps, quand il a été impossible d’en semer en automne. Le colza d’été étant plus hâtif que le colza d’hiver, on le sème de préférence dans tout le printemps et même pendant tout l'été, afin de se procurer de la nourriture pour le bétail quand le fourrage est rare ou quand on se trouve avoir une surabondance d'animaux à nourrir, des moutons surtout. On sème aussi le colza d'hiver pour fourrage. Si en semant les deux colzas on n’a en vue que l'obtention d’un fourrage extemporané, qu’une nourriture temporaire et momentanée, on peut les semer l’un et l’autre dans tous les terrains, soit bons, soit mauvais, car on obtiendra toujours plus ou moins de produits; mais si, au contraire, on se propose de récolter les semences du colza pour en obtenir lhuile connue dans le commerce sous le uom d'huile de graines, il faut semer l’un et l’autre colza dans la terre la plus généreuse. C. TorLarp aîné. COMA, mot grec (xüua) introduit sans aucun changement dans la langue latine et ensuite dans la nôtre. C’est ua terme de pathologie, par leauel on désigne une sorte d'assoupissement ou de sommeil profond, d’où il est très-difficile de tirer les malades. Lorsque ce symptôme, qu’on observe dans plusieurs affections morbides, s'accompagne de délire, de mouvements pour changer de position, on le nomme coma vigil; dans cette variété d’assoupissement pathologique , le malade a les yeux fermés, mais il les ouvre quand on l’appelle, les referme aussitôt, et parle seul. Si le malade est immobile, parie seulement quand on Île réveille et se tait dans tes intervalles, cette deuxième variété d’état comateux s'appelle coma somnolent. Les synonymes peu usités du mot coma sont carosis, caros, carus, et cataphora. Ceux qu’on emploie plus fréquemment sont !2 termes assoupissement, Somnolence et léthargie. L. LAURENT.
COMACHIO (le Comacula des anciens), petite ville fortifiée de la province de Ferrare (roy. d'Italie), au milieu des Valli di Comachio où marais formant les stagnantes embouchures du PO, célèbres par leur richesse eu
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poissons , notamment en anguilles délicieuses, compte environ 4,000 habitants, et est le siége d’un évéché. Le congrès de Vienne attribua à l’Autriche le droit d'y entretenir une garniso® , de même que dans la citadelle de Ferrare ; droit que le cabinet de Vienne n’a eu garde de ne pas exercer toujours depuis lors. Quand, au commencement de l’agitation qui se fit sentir en Italie en 1847, le gouvernement autrichien renforça ces garnisons, le parti national italien prétendit revenir contre cette clause des traités de 1815, et au mois d’octobre 1848 les troupes pontificales démantelèrent même en partie le fort de San-Agostino à Comachie. L'Autriche fit rentrer ses troupes dans cette villé et l’occupa jusqu’en 1859, où elle fut réunie au royaume d'Italie. Il y a aux environs de Comachio de riches salines,
COMAGENE. C'était la première des onze provinces de la Syrie dont Piolémée nous donne la nomenclature. Strabon, Ptolémée , Pline, Ammien-Marcellin, ne sont pas d’accord sur les limites de cette province.
Samosate, sa capitale, était située sur un large coude que formait l'Euphrate par le repli soudain de ses eaux remontant vers le sud-est, le long et presque autour du Zeugma.
C’est dans la Comagène, démembrement de la Syrie, ce beau et grand royaume des Séleucides, que des princes obscurs de leur sang obtinrent un trône tributaire des Romains, Pompée, vainqueur de Mithridate et d'Antiochus, laissa,comme par pitié, à ce dernier une ombre de royauté dans Samosate, dont jouirent, mais non sans interruption , Ses descendants, véritables préfets et percepteurs de la ville éternelle jusqu’à Domitien, qui réunit tout à fait la Comagène à l'empire. Effaçant d’un coup son nom en même temps que ses prérogatives royales, il la nomma Euphratésie, du grand fleuve qui l’arrosait. Dans la suite, la Comagène fit partie du patriarcat d’Antioche. DENNE-BARON.
COMANCIHIES, tribus d’Indiens belliqueux, pillards et cruels, habitant à l’est du Rio-Grande les frontières du Mexique et du Texas. Les Comanches parcourent à cheval les prairies du Texas; et, en faisant la chasse sur le Mustang et le Buffalo , il leur arrive souvent d’attaquer les Ranchos des Mexicains et les Farms des Texiens; ils vont même quelquefois jusqu’à s’en prendre à des localités plus populeuses. Les établissements créés fort avant dans l’est, et généralement par des colons allemands, sur le Pierdenales et le San-Jaba, touchent immédiatement au territoire occupé par les Comanches. Cependant, à la condition que les Allemands ne dépasseront pas le Pierdenales, où est bâti Friedrichsburg, les Comanches se comportent avec eux en bons voisins, tandis qu’ils haïssent mortellement les Américains et les Mexicains.
Les Comanches sont des cavaliers d’une habileté peu commune : ils manient larc et le Zasso avec plus d’habileté que toute autre nation. Leur manière d’attaquer à la guerre offre beaucoup d’analogie avec celle des hordes russo-asiatiques. En général les prisonniers mâles sont immédiatement scalpés ; quant aux femmes, elles deviennent dans le camp l’objet de traitements qui ne sauraient se décrire. Il n’est pas rare que, dans leurs expéditions de chasse vers le nord, les Comanches s’égarent jusqu’à la route de Santa-F6, et ils deviennent alors dangereux pour les éraders (marchands) qui traversent les plaines. Ces Indiens sont dépourvus de toute espèce de civilisation ; ils ont cependant le crâne parfaitement conformé, et leur profil annonce plus d'intelligence que celui de la plupart des autres tribus sauvages de l'Amérique du Nord. Ils sont aussi plus grands, plus vigoureux et moins cuivrés que les Indæns du nord et de l’est.
Les actes de brigandage et les assassinats commis par ceux dans ces dernières années au Mexique et au Texas ont été si fréquents, que les Texiens ont dû adresser au gouvernement de Washington les plaintes les plus pressantes contre un pareil état de choses. On a établi alors des postes militaires, de distances en distance, le long des frontières, mais sans en