‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 77 sur 607 · COMBAT — COMBAT JUDICIAIRE · texte numérisé non relu

COMBAT — COMBAT JUDICIAIRE

daires avant d'aborder la principale, ou cette dernière peut être atteinte directement. Dans le premier cas, on conçoit qu’il suffit d'employer une partie de son armée, une ou deux divisions , par exemple, contre la position secondaire, tandis que le reste sert à tenir l'ennemi sa échec et à l’empêcher de porter secours au point menacé. Si la perte de la position secondaire n’oblige pas l'ennemi à quitter la principale, alors les deux armées s’abordent en masse, et il y a ce qu'on appelle bataille générale. Dans le second cas, chacune des positions secondaires est attaquée par une portion de l’armée assaillante, ou successivement, ou plusieurs ou toutes à la fois, après quoi on se retrouve dans le cas de l’exemple précédent. Dans le troisième cas, les deux armées s’abordent simplement.

Il est facile de voir que la définition que nous avons rapportée plus haut, et qui est celle des tacticiens du siècle dernier, n’est point applicable à des actions du genre de celles que nous venons de rapporter. Dans les unes, toute l'armée combat, mais séparée, par portions plus ou moins éloignées les unes des autres, et conséquemment pas sur le même champ et sur la même ligne de bataille; on ne peut cependant pas nier que ce ne soit une bataille. Dans d’autres, chacune des portions de l’armée agit séparément et successivement, mais elles combattent toutes dans des lieux et dans des temps différents. On ne saurait également dire qu’il n’y a pas eu bataille. 11 faut donc une autre définition, et celle qui nous paraît la plus ‘appropriée au système de guerre moderne serait la suivante : Toutes les fois que dans l’exécution d’une grande manœuvre stratégique, la totalité d’une armée a combattu, soit en un seul corps et en un seul lieu, soit partiellement et successivement, chaque choc partiel porte le nom de combat, maïs le choc total ou l’ensemble des chocs partiels qui ont produit le résultat de la manœuvre doit s’appeler bataille. Le nom de combat devient dès lors la désignation des chocs partiels entre des portions d'armée, mais plus particulièrement quand ils ne sont pas liés à d’autres chocs de même nature, parce qu’alors ce ne sont que des fragments de bataille, et aussi quand ils sont isolés et atteignent seuls le but quese propose le général, L'engagement est un combat entre des corps détachés et le plus souvent entre des avant-postes.

Deux exemples mémorables, tirés de notre histoire, éclairciront ce que nous venons de dire. En 1796, le général Bonaparte, avec une armée de 40,000 hommes, bloquait Mantoue et contenait l'Italie, Le général autrichien Wurmser, à la tête de plus de 60,000, forme le projet de nous rejeter sur les Alpes. Tandis qu'avec la gauche et le centre de son armée, il se porte sur Vérone par les deux rives de l’Adise, sa droite, fortede 20,000 hommes, tournel’arméefrançaise par Brescia, afin de l’envelopper tout entière. Bonaparte mesure le danger, et conçoit, pour le détourner, une manœuvre dont le succès justifia la conception, et que le génie de la guerre prescrira toujours en pareil cas. Il comprend que Castiglione étant le point de réunion des différents corps de l’ennemi, celui où ils doivent rentrer en contact, est en même temps le centre stratégique des mouvements de Wurmser. L'y prévenir était donc déjà un succès : il s’y porte rapidement. Les combats de Lonato, Salo, Gavardo, anéantissent l’aile gauche ennemie, isolée et coupée de la droite et de son centre. Le combat de Castiglione compromit et refoula l'avant-garde du corps principal, qui arrivait seulement. La bataille livrée le lendemain sur les hauteurs de Solferino et Medole acheva la perte de Wurmser, qui se retira dans le Tyrol avec les restes de son armée. La réunion de ces différents combats porte à juste titre le nom de bataille de Castiglione.

En 1809, Napoléon, étant arrivé à l’armée du Danube, que la fausse direction qui lui avait été donnée pendant son absence avait compromise, conçoit le dessein de faire servir

6 et , a = A es succes mêmes de l'ennemi à sa perte. Pour cela il fal- | preuves “aucune espèces.

lait acculer l’armée autrichienne sur Ratisbonne, la forcer à y passer le Danube et à se jeter dans la Bohème par la rive gauche. Maître de la rive droite, ainsi dégarnie, le chemin de la capitale des États autrichiens était ouvert sans obstacles à l’armée française. Ce résultat fut produit en cinq jours par les combats de Tann, Abensberg, Landshut, Eckmühl, Preissing et Ratisbonne. Leur ensemble forme ce qu’on appelle la bataille de Ratisbonne. G*l pe VAuponcourr.

Le mot combat s'entend aussi des jeux solennels des Grecs et des Romains.

Les hommes ne sont pas les seuls qui se livrent des combats; ils imitent en cela, comme en beaucoup. d’autres choses, les animaux qui leur sont soumis et ceux qu’ils n’ont pu soumettre. Souvent même l’homme grossier fait servir les combats d'animaux à son plaisir.

C’est à combattre, à vaincre ses passions, que consiste le mérite. La vie de l’homme, dit saint Augustin, esé un combat perpétuel contre lui-même et contre les obstacles qu'il rencontre dans le monde; idée qu’un poëte a rendue par ce vers :

La vie est un combat dont la palme est aux cieux. Edme HÉREAU.

COMBAT DE FIEF. On appelait ainsi, dans l’ancien droit, une contestation entre deux seigneurs de fief, qui prétendaient respectivement à la mouvance d’un même héritage, soit en fief, soit en censive. Comme le tenancier ne pouvait avoir qu’un seul seigneur direct, il était pendant le combat dans l’état d’un tiers saisi; mais, pour arrêter l'effet des poursuites que chacun des prétendants pouvait exercer sur le fief même, il devait se mettre sous la protection du roi. C'était ce qu’on appelait se faire recevoir en main souveraine.

COMBAT DES TRENTE,. Voyez TRENTE ( Combat :

des ).

COMBAT JUDICIAIRE, épreuve usitée au moyen âge, dans certains cas, pour meltre fin à un procès. On croyait voir dans le résultat du duel le jugement de Dieu. L'usage du combat judiciaire dans les procédures civiles et criminelles est d’une haute antiquité. On croit communément que Gondebaud, auteur de la loi des Bourguignons , est le premier qui aït introduit le duel comme preuve; et cette opinion est accréditée par Muratori. Meyer croit avoir découvert l’origine du combat judiciaire dans les mœurs des anciens Germains , décrites par Tacite. . Lorsqu'un peuple était en guerre, dit-il, on avait coutume d'interroger les auspices sur l'issue de la lutte. Après s'être rendu maître d’un homme de la nation ennemie, on l'armait à la manière de son pays et on le mettait aux prises avee un guerrier choisi parmi les plus braves. La nation voyait un pronostic de sa victoire ou de sa défaite dans la victoire ou la défaite de son champion. De là il n’y a qu’un pas à la divination des choses cachées ; du moment que l’on croyait que l’issue du combat ne dépendait pas uniquement de la force et de l'adresse des combattants, que celui qui était vainqueur était protégé par le ciel, il était tout simple de voir dans cette épreuve le triomphe de la vertu sur le crime. Robertson donne une autre origine au combat judiciaire : il le rapporte au point d'honneur et au droit de venger des injures personnelles. Quoi qu'il en soit, cette instifution se retrouve chez tous les peuples d’origine germaine ; elle s’est même introduite chez des nations dont les lois ne l’admet-. taient pas.

On avait recours au combat judiciaire comme à toute autre épreuve pour connaitre le jugement de Dieu; le quatrième eapitulaire de lan 803 ordonne alternativement l'épreuve de la eroix ou le combat avec le bâton et le bou clier. Mais il ue pouvait cepenuaut avoir lieu que dans des questions douteuses ct lorsqu'on Hé pouvait se procurer des

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