COMBAT NAVAL — COMBATS D'ANIMAUX
pure et brillante dans l’Inde : nous y trouvons mille traits de bravoure, d'héroïsme même ; mais ce n’est pas là encore que nous pouvons étudier la science des combats. Enfin, en 1782 Georges Rodney fait une savante et glorieuse application des principes de l’art que l’on commence à enseigner en Angleterre ; il sait porter rapidement une masse considérable de forces sur une seule partie de la ligne ennemie, et le comte de Grasse est écrasé avant que le reste de son armée puisse accourir pour le dégager. De ce moment date les immenses succès de la marine anglaise ; en vain La Motte-Piquetdéploie-t-il contre elle la plus héroïque valeur, en vain plusieurs capitaines français se signalent-ils par des traits d’une audace inouïe, ils n’obtiennent que des avantages partiels : désormais la victoire est organisée sur les flottes britanniques, leurs généraux sont initiés aux secrets de l’art.
Le dix-neuvième siècle a vu nos désastres et la gloire de Nelson, et aujourd’hui la science des combats sur mer peut avoir son enseignement public.
Nous distinguerons deux sortes de combats sur mer : le combat singulier et les combats généraux.
Dans le combat naval singulier, tout dépend du courage, de l'intelligence et du coup d’œil de l'officier commandant : la question à résoudre est de se placer de manière à faire à son adversaire tout le mal que l’on pourra, en ne s’exposant soi-même à en recevoir que le moins possible. Que l'on considère un vaisseau de nos jours, énorme machine que le vent ou la vapeur fait mouvoir, forteresse mobile, dont toute la force, soit offensive, soit défensive, est réunie dans les flancs, et l’on comprendra qu’il faut manœuvrer pour présenter toujours le travers à l’ennemi. On a généralement adopté pour le combat la position du plus près du vent, c’est-à-dire celle où la route suivie par le navire fait avec la direction du vent un ang.e de 66° environ; et en effet, d’après la disposition de la voilure de nos vaisseaux , c’est la route qui se rapproche le plus du vent ; c’est celle aussi qui présente le plus de ressources : elle est comme le centre de toutes les manœuvres que peut exécuter un navire. Il y a donc relativement au vent deux positions pour les navires qui combattent : au vent et sous le vent ; chacune d'elles a ses avantages et ses inconvénients. Le navire au vent est maître d'aborder son adversaire quand il le juge à propos et à la distance qui lui convient : il n’est pas gêné par la fumée de ses canons, ni par celle de l’ennemi, et il peut, en consentant à changer sa position, et en passant sous le vent, prendre l'ennemi en poupe et en proue , et lui lâcher une bordée d’enfilade. Mais si le vent est frais et la mer grosse, un vaisseau au vent ne fait que difficilement usage de sa batterie basse ; quelquefois même il lui est entièrement impossible de s’en servir ; de plus, le pointage de ses canons est très-inexact, de sorte qu’en cette circonstance une frégate sous le vent peut combattre un vaisseau de ligne au vent à armes égales. C’est au capitaine à déterminer laquelle de ces positions il doit choisir, s’il a plus d'avantage à combattre à distance et à coups de canon, ou s’il doit recourir à l’abordage, cette manière de combattre si bien dans le caractère du Français.
Les combats de mer généraux ont couvert de deuil le génie militaire de ia France : les sanglantes journées d’Aboukir et de Trafalgar pèseront longtemps encore comme un opprobre sur la marine française. Le général en chef doit avoir médité d'avance son plan de bataille : autant que possible, il ne doit plus avoir dedispositions nouvelles à prendre en face de son adversaire, car il y a un extrême danger à manœuvrer sous le feu de l'ennemi. Le devoir du capitaine de vaisseau est alors de tout mettre en œuvre pour assurer la prompte exécution des plans de son général. Les principes foniamentaux à observer sont de se former en bataille sur V'orüre dans lequel on peut faire le plus de mal à l'ennemi, et qui lui offre le plus de résistance s’il est l’agresseur; choisir la position la plus favorable selon les circonstances
du lieu, du temps et de la mer : ainsi, la position au vent est ordinairement la plus avantageuse, mais il faudra peutêtre donner la préférence à celle soas Le vent si l’on est plus à portée d’un port ami, ou pour quelque autre raison analogue. En thèse générale, les plus grandes combinaisons d’un amiral se réduisent à porter sur un point attaqué plus de forces que n’en a l’ennemi, à rendre inutile aussi longtemps que possible une partie de l’armée qu’il combat ; enfin, à rompre la ligne ennemie pour y jeter le désordre en la forçant à manœuvrer au milieu du feu.
Ainsi que dans les combats singuliers , il y a deux positions pour les escadres relativement au vent : au vené, et sous Le vent; la première doit être presque toujours préférée, aujourd'hui surtout que l’on se bat à outrance. Il ne s’agit plus de songer à sauver un vaisseau avarié, car tout navire démâté ou désemparé devient nécessairement la proie du vainqueur. Cette nouvelle manière d'envisager les combats sur mer a apporté également quelques modifications aux principes des évolutions navales. Ainsi, autrefois on trouvait de l'avantage à doubler les ennemis par la queue : alors on sougeait à recueillir les navires avariés; de nos jours on conseille de doubler la ligne par la tête : on veut, à tout prix, détruire son adversaire, et cette manœuvre le met en désordre. Dans une mêlée générale , les lignes de bataille sont confondues ; chaque capitaine doit s’occuper à faire à l'ennemi tout le mal qu'il pourra, et comme, au milieu de la fumée, les signaux ne peuvent être aperçus, on doit admettre en principe que tout vaisseau est à son poste quand il est au feu.
Dans l'attaque d’une escadre embossée, il s'agit de vaincre ou de périr: le général doit diriger toutes ses forces contre une seule partie de la ligne ennemie : c’est” celle du vent; car alors celle de sous Le vent ne peut pas aisément venir prendre part à l’action. Il doit engager de très-près, afin de paralyser le feu des batteries de terre, qui seraient alors exposées à frapper à la fois amis ef ennemis ; destiner quelques vaisseaux à gêner l’appareillage de Parrière-garde, tandis que d’autres tenteront de mouilier entre deux vaisseaux de la ligne d’embossage, pour les enfiler en poupe et en proue; et, autant que possible, former une double ligne qui puisse écraser l'ennemi, entre deux feux. Ce que nous venons de dire pour l’attaque dicte les moyens de défense: ainsi, les escadres emhossées doivent élever à terre des batteries, armées surtout de mortiers, qui pourront Jancer des boulets rouges à l’ennemi, disposer de toutes leurs ressources pour n'être doublées ni par la tête nipar la queue, enfin serrer leurs vaisseaux afin de n'être pas coupées. Théogène PAGE, vice-amiral.
L'adoption de la vapeur, l’application de l’hélice et le blindage des navires ont bouleversé l’ancienne tactique. En 1855 un code d’évolutions nouvelles fut publié par le gouvernement français et modifié depuis par les progrès de la construction navale. Les règles si compliquées autrefois ont été simplifiées, et doi vent l’être encore davantage par suite de la transformation presque générale de la flotte militaire à voiles ; à la stratégie savante a succédé la mêlée générale, dans laquelle les vaisseaux combattent de fort près l'ennemi pour éprouver la force de leur artillerie, La nécessité de ces modifications de la guerre maritime a été démontrée en Amérique par le duel du Monitor et du Merrimäc (8 mars 1862), et dans l’Adriatique par le combat de Lissa (28 juillet 1866). :
COMBATS D’ANIMAUX. C'était un atroce spectacle chez les Romains que ces combats de bêtes féroces entre elles ou avec des gladiateurs ou bestiaires. ils consistaient à réunir sous les yeux du peuple ,; dans des amphithéâtres, des arênes, des cirques ou autres édifices publics, le plus grand nombre possible d'animaux, soit domestiques et privés, soit sauvages. Les barbares conservèrent vraisemblablement ces jeux; et encore au-
s2 COMBATS D'ANIMAUX — COMBE
jourd’hui les Espagnols se délectent au spectacle des combats de taureaux; les Anglais aiment autant un combat de coqs qu’une scène de boxe. Longtemps aussi, dans la banlieue de Paris, les bouchers s’associèrent pour faire combattre leurs chiens, à huis-clos, en famille, les exercer et les tenir en haleine. 11 n’en était pourtant presque plus question , lorsque, le 16 avril 1781, s’ouvrit, sur la route de Pantin, hors de la barrière Saint-Martin, un spectacle de æ genre, depuis transporté à une barrière voisine, dite ôarrière du Combat, où l’on voyait des chiens entrer en lice contre des ours, des bœufs et même des ânes; boucherie atroce, qui soulevait le cœcr, que la police affecta de prohiber d'abord, qu’elle toléra ouvertement ensuite, et dans laquelle des dames d’un certain rang, à l'exemple des matrones romaines, humaient avec bonheur les exhalaisons du sang, et contemplaient d’un œil avide les entrailles des victimes fumantes sur l’arêne. Sous la Révolution, la Commune de Paris ordonna la fermeture de ce cirque de bas étage; mais cet ordre ne fut jamais complétement exécuté. Sous le Consulat, sous l'Empire, sous la Restauration, la barrière du Combat persista dans ses horribles fêtes; mais son public ne se composa plus que de garçons bouchers étaliers, charcutiers, tripiers, chiffonniers, et de leurs épouses. Des affiches horriblement illustrées annonçaient tous les dimanches cet ignoble spectacle. Enfin le gouvernement de Louis- Philippe abolit cette horrible façon de se divertir. Depuis plusieurs années on a introduit à Paris l’usage anglais des combats de chiens terriers contre des rats. Dans le Turkestan les combats de béliers sont un des amusements favoris du peuple.
COMBATS DE COQS. Voyez Coqos (Combats de).
COMBATS DES ÉCHASSES. Voyez Écrasses.
COMBATS DE TAUREAUX. Voyez TAUREAUX ( Combats de )
COMBAT SINGULIER, combat d’un seul à un seul, proprement le duel. 4
On en trouve des exemples dans l’histoire tant sacrée que profane. David, chez les Hébreux, combat contre le géant Goliath, qu’il terrasse. T. Manlius , lan de Rome 394, remporte une victoire signalée sur un Gaulois, qui avait défié le plus brave des Romains de venir se mesurer avec lui. Ces combats, qui chez les anciens terminaient quelquefois une guerre entre deux nations, avaient un principe de grandeur que ne reconnaissent point les modernes. Il eût cependant été plus d’une fois à désirer que deux souverains, qui mettaient en mouvement chacun une armée pour défendre une injure toute personnelle, voulussent bien descendre à vider leur querelle entre eux, au lieu d’y verser le sang de leurs sujets, souvent pour un caprice ou pour la cause la plus futile. On cite bien dans les temps modernes plusieurs exemples de défis en combat singulier proposés entre des souverains, comme celui de Pierre d'Aragon et de Charles d'Anjou , d'Édouard III et de Philippe de Valois, de François 1° et de Charles-Quint, de Turenne et de l'électeur Palatin; celui que Paul 1°°, empereur de Russie, envoya à Pitt et à d’autres ministres, etc.; mais aucun de ces défis n'eut de résultat.
Lecombatjudiciaire au moyen âge n’était lui-même ordinairement qu’un combat singulier, mais ordonné comme moyen de découvrir la vérité, et surveillé par le juge, à la différence des duels privés, qui n'avaient pour motif qu’une offense personnelle, et qui furent réprimés par des édits sévères.
COMBE (Gronces), phrénologueanglais, né le 21 octobre 1788, à Édimbourg, embrassa la carrière du barreau, et plaida, devant les différentes cours de justice d'Écosse jusqu’en 1837, époque où il renonça aux affaires, pour ne plus s'occuper que de science. Il possédait dejà des notions étendues en anatomie et en chimie, lorsqu'en 1516 il fit à Édimbourg la connaissance du docteur Spurzheim, Quoique pré-
venu d’abord contre la nouvelle théorie des organes de lin. telligence, il se livra à une étude approfondie de la question ; et il arriva ainsi à partager les idées de Gall et de Spurzheim, qui placent, comme on sait, les organes de l’intelligence de l’homme dans le cerveau. On le vit alors, avec toute l’ardeur et le zèle d’un néophyte, défendre et propager ce système. En 1819 il publia ses Essays on Phrenology, qui parurent ensuite dans une forme plus complète sous le titre de : System of Phrenology (1824). A la même époque il fit des cours publics sur la phrénologie et l'éthique; et les leçons qu’il donna sur cette dernière science parurent imprimées en 1837, en Amérique. Son livre On popular Education (1832) fut le résultat des mêmes études. Mais le meilleur et le plus important de ses écrits est incontestablement The Constitution of Man, considered in relation to external objects (1828), ouvrage dans lequel il démontre, de la manière la plus heureuse, le parfait rapport de la nature humaine avec le monde qui l'entoure. En 1837 il entreprit un voyage en Allemagne, et en 1838 il alla visiter les États-Unis, où il fit quelques cours publics sur la phrénologie, Il a consigné dans ses Notes on America ( 3 vol.; Edimbourg, 1841) les observations fruit de son séjour dans ce pays. Depuis 1842 il visita à diverses reprises l’Allemagne, et fit, pendant l'été de cette même année 1842, à l’Université de Heïdelberg, et en langue allemande, un cours public de phrénologie, qui attira un nombreux auditoire. Il mourut le 14 août 1858, à la suite d’une longue maladie, dans un établissement hydrothérapique du Surrey. Ses ouvrages sont devenus populaires en Angleterre et en Amérique.
COMBE (Apr), frère aîné du précédent, né le 15 janvier 1785, à Édimbourg, était fabricant de sucre dans cette ville, lorsqu’en 1820 ileut occasion de faire la connaissance de Robert Owen et de l'entendre développer ses théories sociales. Les bienfaits de Association, tant vantés par le maître, lui parurent si évidents, qu’il résolut de mettre personnellement en application les principes féconds d’où ils devaient sortir; et à partir de ce moment ily consacra toute son énergieet même la plus grande partie de sa fortune. Une Cooperative Society, fondée par lui à Édimbourg pour opérer entre les divers producteurs l'échange des objets de première nécessité, de même que pour livrer à prix coûtant, aux membres de l’association, les objets qu’on ne pourrait pas obtenir par voie d'échange, et les faire ainsi participer tous aux bénéfices qui devaient résulter des diverses opérations de l'association, finit par complétement échouer. Cet insuecès ne l’empêcha pas de recommencer, en 1825, une nouvelle expérience sur une plus large échelle encore, à Orbiston, à neuf kilomètres de Glasgow. Mais ce devait être encore là pour lui une source d’amères déceptions, et le moral n'avait pas moins souffert chez lui que le physique, lorsqu'il mourut le 11 août 1827. On a de lui: Metaphorical Sketches of the old andnew Systems, et Thereligious creed of the new system, ouvrages dans lesquels il expose la nouvelle théorie sociale d'Owen.
COMBE ( Anprew ), le plus jeune des trois frères, né le 27 octobre 1797, fut nommé en 1835 premier médecin de Léopold, roi de Belges, fonctions que, par suite de sa mauvaise santé, il fut obligé de résigner des l’année suivante ; mais la reine Victoria l’en dédommagea en lui octroyant le titre de son PAysician in ordinary en Écosse. En 1842 il entreprit le voyage de l'ile de Madère, dans l'espoir d'y trouver quelque adoucissemment à ses maux; mais l’amélioration qui en résulta ne fut que passagère, et il mourut le 9 août 1847..Ses ouvrages ont tous obtenu un grand succès en Angleterre et aux États-Unis. Nous citerons plus particulièrement : Observations on Mental Derangement (Édimbourg, 1841); Principles of Physiology applied to the conservation of health (182%); The Physiology of Digestion, considered with relation to the principles of die-