COMBINAISON
accompagne, produisent les effets que nous venons de décrire. Si, ayant décomposé la lumière blanche à l’aide du | prisme, on porte le mélange de chlore et d'hydrogène successivement dans toutes les parties du spectre solaire, les rayons calorifiques placés au delà de la zone rouge seront sans action; ceux de la zone violette produiront la combinaïson ; dans toute position intermédiaire , la rapidité de la réaction sera d’autant plus grande que le mélange se trouvera plus près de cette dernière zone. Le même effet s’observe avec le chlorure d’argent; c’est à une réaction de cette nature que la photographie doit ses procédés.
La chaleur n'est donc pas agent essentiel de la combinaison. S'il restait le moindre doute à cet égard, il serait bien vite dissipé en se rappelant les phénomènes catalytiques, où certains corps opèrent de pareils effets par leur simple présence, sans éprouver aucune réaction chimique.
Du reste la combinaison de deux corps est ordinairement signalée par un dégagement de chaleur, d'électricité et quelquefois de lumière. Il est même probable qu’il en est toujours ainsi. Seulement, comme la quantité de chaleur ou d'électricité dégagée est la même dans une même combinaison de deux corps donnés, quelle que soit la durée de cette combinaison, il s’ensuit que cette quantité est plus ou moins appréciable. Ainsi, que l’on brûle du fer dans de l'oxygène ou qu’on laisse rouiller lentement ce métal dans l'air, le produit est toujours de l’oxyde de fer, et la quantité de chaleur semble bien différente dans les deux cas. C’est que son action, qui dans le premier ne dure que quelques instants, est prolongée pendant plusieurs jours ou plusieurs mois dans le second.
A ces caractères qui distinguent les combinaisons des mélanges, il faut ajouter que le résultat d’une combinaison offre des propriétés physiques et chimiques différentes de celles de ses éléments. Nous avons déjà cité deux gaz, l'oxygène et l'hydrogène, s’unissant pour former un liquide, L’'hydrogène combiné avec l’azote, qui est comme lui inodore, donne naissance à l’ammoniaque, dont l'odeur est si forte qu’elle produit la suffocation et le larmoiement. Sans quitter les combinaisons de l’hydrogène, nous trouvons l'acide sulfhydrique, qui résulte de sa réaction sur le soufre, et dont l'odeur fétide et l’action délétère ne se trouvent ni dans l’un ni dans l’autre dé ses éléments. De plus, il est impossible de séparer par aucun moyen mécanique les corps simples que renferme un composé. C’est entre les atomes mêmes des corps qu’a lieu la combinaison. Enfin, on sait que les corps se combinent en proportions définies, tandis que les mélanges ne sont soumis à aucune loi.
Davy, Ampère, Berzélius ont tour à tour cherché à établir une théorie générale des combinaisons chimiques. Tous trois ont fait voir que dans les phénomènes de cet ordre le principal rôle appartient à l'électricité. Cependant, leurs ingénieuses hypothèses ne reposent pas encore sur des preuves assez convaincantes pour qu'on puisse les considérer comme douées d'un caractère suffisant de certitude.
E. MERLIEUX
COMBINAISON ( Mathématiques). Plusieurs objets étant donnés, si l’on se propose de n’en prendre qu'un certain nombre, on obtient différentes combinaisons de ces objets. Si, par exemple, ils sont au nombre de quatre, que nous désignerons par 4, b, c, d, et que l’on en veuille pren: dre seulement deux, on aura les combinaisons suivantes : ab, ac, ad, bc, bd, et cd. S'il avait fallu en prendre trois, les combinaisons auraient été abe, abd, acd, et bed. Généralement on voit que l’on peut représenter par des lettres les éléments des combinaisons. Le nombre des lettres qui entrent dans chacune d’elles indique à quelle classe appartiennent les combinaisons que l’on considère, Dans l’exemple précédent, a, b, c, d, forment la première classe des combinaisons de ces quatre lettres ; ab, ac, etc., sont de la seconde classe; abc, abd, etc., sont de la troisième; abcd