‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 90 sur 607 · COMÈTE · texte numérisé non relu

COMÈTE

aux autres, et s’il a été de constante observation qu'en général les peuples qui se nourrissent principalement de la chair des animaux sont robustes et forts, on ne pourra nier non plus que des individus qui ne mangent jamais ou presque jamais de viande ne laissent pas que d’être vigoureux et de se bien porter.

Il serait impossible de décrire ici tout ce que l’homme a fait servir à ses appétits sensuels. II a tout mis à contribution pour gratifier sa gourmandise. Les cochons lui ont, diton, révélé la truffe, mets odorant , échauffant, qui joue aujourd’hui un rôle si important dans ce monde. Tout, jusqu'aux nids d'hirondelle, si recherchés et payés si cher en certains pays, est venu au secours de la gastronomie. Nous ne parlons pas des tristes ressources en fait d'aliments offerts par une nature ingrate à des peuplades désolées par la faim. Les pains de vermisseaux dont les sauvages de la baie de Noutka font provision doivent leur offrir un pauvre régal. Mais que pourraient rebuter des malheureux qui, pour éviter la contraction des parois de l'estomac, en sont réduits à y ingérer une sorte de terre dans laquelle lanalyse chimique à fait reconnaître (chose étonnante) une énorme proportion d'oxyde de cuivre!

Avant de pouvoir faire usage des comestibles, on les soumet presque toujours à certaines préparations, principalement à la cuisson, qui en change la nature, l'aspect, la consistance, l’odeur et la saveur. Les huiles et les graisses qu’on y associe fréquemment, et qui en font des roux , des fritures, des étuvées , etc., rendent les chairs plus savoureuses ; mais elles ont pour effet presque constant d’y introduire des principes âcres résultant de l’action de la chaleur sur les corps gras. On connaît aussi l’effet de la salaison , du jumage ou boucanage , sur plusieurs espèces de comestibles.

Les gouvernenients qui ont établi de lourds impôts sur les objets de consommation n’ont guère ménagé les comestibles ; viande , vin, poisson , volaille, œufs , huile, huîtres, alcool, bière, cidre , raisin, sont largement imposés à l’entrée des villes. Les douanes prélèvent aussi à la frontière des droits au passage des comestibles étrangers : le sucre, le café, le thé, les céréales même, en général, n’entrent pas dans nos ports sans payer un droit. Et cependant la politique crie au pouvoir : La vie à bon marché! Il ne suffit pas d’assurer la liberté de circulation des comestibles, de faciliter leur transport dans l’intérieur par des routes, des canaux, des chemins de fer, il faut encore les mettre tous à la portée d’un plus grand nombre en abaissant les exigences du fisc.

La police doit d’un autre côté veiller à la bonne qualité des substances alimentaires mises en vente. Les Athéniens et les Romains avaient des magistrats pour veiller à l'abondance et à la bonne qualité des comestibles apportés an marché. Nous avons aussi des réglements à l’observation desquels doit tenir l’autorité. La viande doit être saine et fraiche; le poisson putréfié est encore plus dangereux que les viandes en décomposition. Le pain, le vin, le lait doivent être sans mélanges frauduleux ; le-beurre , la graisse, l'huile, doivent être sans rancidité; les fromages gâtés deviennent âcres et dangereux ; les fruits mal mûris ou altérés sont nuisibles ; les légumes pour être sains doivent être frais.

La salaison, la saumure, la dessiccation sont les princi paux moyens employés pour la conservation des aliments. Ils sont d’une grande ressource, surtout pour les voyages en mer. On fait aussi des conserves à l’aide du sucre, de l’eau-de-vie, du vinaigre, et en soustrayant les substances à l'influence de l'air.

COMETE (en grec xouñrns). Ce mot, dérivé de xéun, chevelure, semblerait indiquer que lastre qu’il désigne est toujours pourvu du singulier prolongement qui lui a fait donner ce nom. Mais l’astronomie moderne caractérise les comètes d’une manière plus rigoureuse, en étendant cette dénomination aux astres qui, doués d’un mouvement propre, parcourent des courbes très-allongées, de manière à

se transporter dans leur course à de telles distances du s0leil et de ia terre qu’elles cessent alors d’être visibles.

Lorsqu'on commence à apercevoir une comète, elle ressemble à un brouillard , à une nébulosité à peu près circulaire, et c’est cette nébulosité qui porte le nom de chevelure. Vers son centre, il existe presque toujours un petit espace globulaire, qui se distingue du reste par son éclat plus considérable : c’est le noyau de la comète. Enfin la traînée lumineuse qui accompagne certaines comètes en est la queue ; quelquefois il y en a plusieurs. Les anciens astronomes ne les nommaient gueues que lorsqu'elles suivaient la partie antérieure dans sa marche diurne ; celles qui précédaient ou qui étaient placées latéralement étaient des barbes : cette distinction n’est plus usitée.

Une comète passe en quelques jours, souvent en quelques heures, par les états les plus variés quant à la grandeur et à l'éclat. Tandis aue les planètes décrivent autour du soleil des ellipses presque circulaires, et que les plus importants de ces corps, exécutant leur révolution dans une zone assez lnitée, le zodiaque, coupent le plan de l'écliptique suivant des inclinaisons généralement peu considérables, tout au contraire les comètes rencontrent ce plan dans des directions quelconques , et leurs orbites se rapprochent autant de la parabole que les ellipses planétaires du cercle. Dans les comètes comme dans les planètes, le soleil occupe toujours un des foyers de l'orbite. C’est Newton qui établit ce principe que la force, quelle que fût sa nature, qui produisait le mouvement elliptique des planètes, pouvait aussi produire dans les cieux des mouvements représentés par toute section conique. La grande comète de 1680, une des plus remarquables par l’immense longueur de sa queue et la proximité du soleil à laquelle elle est parvenue (un sixième du diamètre de cet astre ) lui offrit bientôt une occasion de vérifier avec succès sa théorie.

Le sens du mouvement des comètes n’est pas uniforme comme celui des planètes : tantôt il s'effectue de l’est à l'ouest, tantôt de l’occident à lorient. A l'encontre des planètes, qui restent unies au système solaire, la plupart des comètes semblent le traverser pour n’y jamais revenir. D’autres peuvent, après lui avoir appartenu un temps plus ou moins long, se dérober à son attraction et s'échapper dans quelque autre système, où il ne nous est plus possible de les suivre, Telle est la comète de Lexell, dont l’histoire mérite d'être rapportée. Au mois de juin 1770 Messier découvrit une comète entre la tête et l'extrémité septentrionale de l’arc du Sagittaire. Cet astre augmenta rapidement en s’approchant de la terre, et on put l’observer pendant environ quatre mois et demi. Lexell établit nettement que cette comèle accomplissait sa révolution autour du soleil en cinq ans et demi. On objecta qu’il était impossible qu’un astre qui serait revenu déjà tant de fois dans notre voisinage n’eût pas encore été observé. Lexell répondit qu'il se pouvait que la comète fût nouvelle, et qu'ayant passé en 1767 très-près de Jupiter, elle en avait éprouvé une perturbation qui l'avait lancée dans l’ellipse qu’elle parcourait depuis cette époque. En 1779, ajoutait-il, la comète s'approchera une seconde fois de Jupiter, qui nous l'ôtera peut-être comme il nous l’a donnée. L'événement vérifia cette prévision. Depuis on n’a plus revu la comète de Lexell : on en a bien trouvé deux, celle de M. Faye (1843) et celle de M. de Vico (1844), ayant leur aphélie dans le voisinage de l’orbite de Jupiter ; mais il a été démontré que ni l’une ni l’autre ne pouvait être l’astre sorti de notre système.

Il est cependant permis de supposer que dans la suite des siècles la comète de Lexell pourrait, après avoir parcouru des espaces indéterminés, se retrouver vis-à-vis de Jupiter dans la même position qu’en 1767. Cédant alors aux mêmes influences, elle nous serait rendue, et pourrait s'échapper de nouveau, 11 y aurait là une sorte de périodi-

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