‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 92 sur 607 · COMETE — COMFORT · texte numérisé non relu

COMETE — COMFORT

vrier 1826, a reçu de M. Arago le nom de comète de Gambart. C’est en ellet ce dernier qui, alors directeur de l’observatoire de Marseille, démontra que cette comète exécute sa révolution en six ans et trois quarts. On se rappelle les terreurs qu’elle inspira à une partie des habitants de ce globe, dont elle traversa le plan de l'orbite le 29 octobre 1832. Il est vrai que la terre se trouvait alors éloignée de ce point de dix millions de myriamètres. « Mais si, écrivait M. Arago au commencement de cette année 1832, si, au lieu dé passer dans le plan de lécliptique le 29 octobre à minuit, la comète de 1832 y arrivait seulement le 30 novembre au matin, elle viendrait indubitablement mêler son atmosphère à la nôtre, et peut-être nous heurter, »

Ce n'était pas la première fois que de pareilles craintes agitaient les esprits. Aussi M. Arago chercha-t-il à les rassurer, en montrant que la probabilité qui exprime les chances de rencontre de la terre avec une comète donnée est représentée par un deux cent quatre-vingt millionième. Mais, reconnaissant que la petitesse de cette probabilité n’exeluait nullement la possibilité de l'événement , il se proposa d’en déterminer les conséquences. Reprenant le système cosmogonique de Buffon, il montra qu’il n'avait aucune base sérieuse. Il fit de même relativement à l'opinion de Whiston , géomètre et théologien anglais, qui attribuait le déluge au choc d’une comète. Cette comète, qui aurait une période de 575 ans, serait celle qui se montra en 1780 et qui vint confirmer la théorie de Newton. C’est la première quant à Péclat parmi celles que les modernes ont observées. En remontant dans l’histoire, Whiston constate qu’il est fait mention d’une comète très-grande, imitant le flambeau du soleil, ayant une immense queue, en 1106. En 531, il en trouve une autre horrendæ magnitudinis, suivant les chroniqueurs. Enfin, 43 ans avant notre ère, il arrive à la comète qui parut l’année de la mort de César, et que l’on apercevait avant le coucher du soleil. Au delà de cette époque, Whiston ne trouve plus de traces d'observation ; mais il remarque que si l’on continue à remonter de 575 en 575 ans, on tombe à très-peu de chose près sur l’une des dates que l’on attribue au déluge. Nous ne suivrons pas M. Arago dans la discussion à laquelle il s’est livré à ce sujet; nous citerons seulement sa conclusion : « La vitesse de translation de la terre et la grandeur de son orbite sont liées entre elles de manière que l’une ne peut changer sans que l’autre varie en même lemps. On ignore si les dimensions de l'orbite sont restées constantes. Rien ne prouve donc que la vitesse du globe dans le cours des siècles n'ait pas été plus on moins altérée par un choc de comète. En tout cas, il est incontestable que les inondations auxquelles un pareil événement donnerait lieu n’expliqueraient point les effets, maintenant bien décrits par les géologues, des cataclysmes que la terre a subis. »

Si nous avions à donner une liste complète des comètes périodiques connues , il nous faudrait encore parler de la comète de Faye, qui a reparu en 1851. Il faudrait aussi examiner avec M. de Humboldt si la comète de Galle, découverte à Berlin en 1840, est la même que celle qui aurait té vue à Pékin en 1095, décrite et de nouveau observée en 1468 , et qui, par conséquent, reparaîtrait à 371 ou 372 ans d'intervalle. Montrons plutôt comment on s'assure en général de la périodicité de ces astres. On opère comme nous venons de voir que fit Whiston; on cherche dans les apparitions précédentes s’il en est quelques- unes qui, également espacées, offrent une ressemblance suffisante. Seulement on ne se borne pas à constater des apparitions de comètes remarquables à des époques périodiques. 11 faut encore établir que les élé-

ments de l'orbite sont les mêmes, c’est-à-dire que les cour-.

bes décrites aux époques que l’on rapproche peuvent être regardées comme coïncidentes. C’est pourquoi l’on a construit des tables où les astronomes consignent soigneusement les résultats qu'ils obtiennent relativement aux deux ou trois

Jortable ,

comètes qui s'offrent chaque année à leurs observations, Le catalogue de Halley en contenait 24. Aujourd’hui ce nombre a été porté à plus de 200; de 1853 a 1873 on en a découvert une quarantaine, De ce que deux Comètes ont les mêmes éléments, on ne peut conclure qu'elles soient identiques; mais si les apparitions se succèdent régulierement aux époques prévues, comme dans celles de Halley et d’Encke, on ne peut douter que ce ne soit un même astre accomplissant sa révolution autour du soleil.

La nature des comètes est beaucoup moins connue que les lois de leur mouvement. La nébulosité qui les entoure est généralement transparente. On aperçoit ordinairement les plus petites étoiles à travers le noyau lui-même. Quelle est donc la composition de ces corps singuliers? Selon Herschel, ne pourrait-on pas croire qu'une matière nébuleuse, extrémement rare et faiblement lumineuse, est partout répandue dans l’espace; qu’il s’y trouve quelques points plus denses, qui forment des centres d’attraction autour desquels le reste se réunit peu à peu; que par cette condensation et ce déplacement il se forme des corps qui peuvent circuler autour du centre commun de gravité ; que la condensation poussée à un certain point produit les comètes , et que les planètes sont dues à une condensation plus parfaite? On le voit, ce n’est là qu’une hypothèse. On s’est aussi demandé si les comètes brillent de leur propre lumière, supposition que semble corroborer l’absence de phases. Mais, d'un autre côté, on a reconnu dans cette lumière des traces de polarisation, qui indiquent la présence de rayons réfléchis. On ne peut cependant encore rien conclure à ce sujet.

Comme la lune, les comètes ont été rendues responsables de bien des choses terrestres dans lesquelles elles n’ont aucune influence ; à celle de 1811 était due l’excellente récolte qui signala cette année; celle de 1832 avait amené le choléra; etc. Post hoc, ergo propter hoc, telle était la base de ce raisonnement, quine pouvait manquer d’avoir de nombreuses applications, car presque chaque année apporte son contingent de comètes auxquelles on peut attribuer la guerre, la peste ou la famine. Parmi les hommes qui ont partagé à ce sujet l’erreur vulgaire, on compte Homère et Virgile... Passe encore! ils étaient poëtes, et d’ailleurs l'astronomie n’était pas sortie de l'enfance Passe encore pour Calixte III, qui, dit-on, n’était pas tout à fait de bonne foi lorsqu'il excommuniait la comète de 1456 ! Mais faut-il croire M. Arago lorsqu'il range Napoléon, qui cependant avait fait quelques études mathématiques, parmi les hommes qui croyaient aux influences cométaires ! Il résulte des observations météorologiques que la présence des comètes n’influe même en rien sur l’état de notre atmosphère. On comprendrait tout au plus que les marées en fussent affectées ; mais on a constaté qu’il n’y avait rien de semblable, soit à cause de l'éloignement des comètes, bien plus grand que celui de la lune , soit à cause de la rareté de leur substance. E. MERLIEUX,

COMFORT. Ce substantif anglais, son adjectif coson adverbe comfortablement, que nous avons tous trois adoptés en bloc, expriment ce qui constitue le bien-être matériel joint à une certaine élégance. Une lady, savourant du thé de Chine, mollement étendue sur les coussins de son ottomane, dira, avec un sourire : Com-

Jortable indeed! Deux gentlemen, prolongeant le dernier

service de leur diner, se faisant passer les pâtisseries anisées et épicées qui entretiennent leur soif, et se renvoyant la bouteille de Xérès ou de Porto, qui voyage sur des roulettes, poussée par un léger coup de doigt, diront, en balbutiant peut-être vers la fin de la séance : com/ortable! Ce mot, toutefois, ne s'applique pas au vin seul, fût-ce un nectar; il comprend la chambre bien close, la liberté dont on jouit, fout ce qui se réunit pour faire passer une heure de bivnêtre. Les mots comfort et com/ortable devaient être inventés par les Anglais. Ce peuple comprend en effet mieux que tout autre ce qu'expriment ce. deux paroles. En effet, chez les

nations à imagination vive, les jouissances matérielles ne constituent pas un élément essentiel de bonheur; mais pour nos flegmatiques voisins elles en forment la plus grande partie. Grands voyageurs, ils emportent le comfort dans leurs bagages. Il est vraiment curieux de voir l’attirail d'un riche Anglais, surtout celui d’une riche Anglaise. Des nécessaires, dont la forme est calculée pour embarrasser le moins possible, contiennent des services de table, des mets succulents réduits à un petit volume, et une pharmacie, On traine un cabinet de toilette qui se dresse au moyen de quatre paravents; des cosmétiques, des parfums qui dissipent les vapeurs, les spasmes, et calment le mal de mer; des lits et des vêtements pour les températures les plus diverses. Tout cela accompagne un Anglais dans un navire, où nous autres Frazçaie nous n’emportons qu'un manteau. Ces insulaires , qui disent d’un horame : Z4 vaut tant de livres sterling, pour exprimer qu'il les possède, ont presque du mépris pour ceux qui dédaignent le comfort et les choses comfortables. Pauline FLAUGERQUES.

COMICES ( Comilia). Ainsi s’appelaient les assemblées du peuple romain ou plutôt les assemblées des Romains qui avaient le droit de cité. Le peuple romain exerçait dans les comices sa toute-puissance, et il y était convoqué à cet effet par un magistrat investi des pouvoirs nécessaires. Ce magistrat présentait ses propositions sous forme d'interrogation (d’où leur nom de rogationes ), et les citoyens sous sa présidence répondaient par oui ou par non. On appelait conciones d’autres assemblées du peuple, destinées par exemple à l’audition de discours, comme il était d’usage d’en prononcer avant la tenue des comices.

Les comices se modifièrent avec la constitution même de Rome. Les plus anciens comices, les comices par curies (comilia curiala) étaient des assemblées de patriciens, classe qui à l’origine composait seule le peuple romain, La classe noble fut partagée en trente curies, qui se réunirent dans le comitium, place située entre le mont Palatin et le mont Capitolin, et qui fut séparée plus tard du Forum par la tribune aux harangues des Rostra. Il fallait préalablementun décret du sénat pour que ces assemblées pussent se réunir, et il s’y rattachait en outre des solennités religieuses et des auspices. Même lors que la plèbe eut été reconnue former une partie essentielle du peuple de la cité, les comices par curies continuèrent de se tenir; mais ce ne fut plus alors que l'assemblée de Paristocratie. 11 paraît qu’à l’origine de la république, les comices exerçaient un droit de juridiction sur les individus qui avaient commis un délit à l’égard de l’ordre des patriciens. C’étaient également les comices qui, en vertu de la lex de imperio, donnaient aux magistrats élus l’autorisation nécessaire pour entrer en fonctions. Mais quand les patriciens eurent cessé de constituer un ordre privilégié, les comices par curies ne furent plus qu'une forme, qu’un symbole pour ainsi dire, et ne servirent plus qu’à l’accomplissement de quelques actions de droit privé, comme l’adrogation; et il ne s’y réunissait, indépendamment des prêtres, que trente licteurs représentant les trente curies.

ServiusTullius transféra aux comices parcenturies (comilia centuriata) les principaux droits des anciens comices par curies, l’élection des magistrats, les décisions à prendre sur les propositions de lois, sur la guerre ou la paix. Ces comices par centuries furent tout de suite des assemblées générales du peuple, et comprirent les patriciens et les plébéiens après la division en classes et en centuries qui, à une époque postérieure et restée inconnue , se rattacha au partage en tribus d’une façon qui n'est pas bien claire pour nous, Comme dans ces assemblées, tout au moins à une époque reculée, le peuple paraissait en armes et en tant qu'armée, elles se tenaient dans le champ de Mars, en dehors du Pomeærium, circonscription consacrée à la paix. Les magistrats curules seuls, les consuls et les pré-

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