Lellre su7- les aveugles
d'autre. » Ailleurs, dans un passage qu'on est étonné de rencontrer au milieu du Voyage à Bourbonne, Diderot porte ses regards plus haut encore et plus loin; il fait intervenir les astres dans les destinées de la terre; les planètes se précipitent dans le soleil pour y être dévorées. « Que diront nos neveux, se demande-t-il, lorsqu'ils verront Mercure se perdre dans ce gouiïre enflammé? Pourrontils s'empêcher d'y prévoir leur sort à venir? Si, du milieu de leur terreui'. ils ont le courage d'agrandir leurs idées, ils prononceront que toutes les parties du grand tout s'efforcent à s'approcher, et qu'il est un instant où il n'y aura qu'une masse générale et commune. »
Si la force, ou, pour parler plus exactement, si le mouvement est inhérent à la matière, il n'y a pas davantage de difficulté à
admettre que la sensibilité physique soit une propriété de la matière, ou, du moins, un résultat de l'organisation, et à en déduire ensuite les opérations de l'entendement '. On dit que la sensibilité est essentiellement incompatible avec la matière; mais de quel droit? Connaissons-nousl'essence de quoi que ce soit, de la matière ou de la sensibilité? Entendons-nous mieux la nature du mouvement, son existence dans un corps, sa communication d'un corps à un autre? Soyons physiciens et convenons de la production d'un effet lorsque nous le voyons produit, lors même que nous ne pouvons expliquer la liaison de la cause à l'effet. Soyons logiques et ne recourons pas à une cause qui ne se conçoit pas, dont la liaison avec l'effet se