DES PIÈCES DE THEATRE
A Sa Majesté Impériale.
Madame, Vos enfants ont joué et les Femmes savantes et la Servante maîtresse à étonner tous ceux qui ont connu
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et les meilleurs acteurs et les meilleures actrices de la scène française. Qu'ils aient bien joué la scène chantée', cela est fort surprenant, mais le chant, quand il est bien fait, dicte la déclamation et la mesure force le mouvement. Mais c'est que ces enfants ont excellé dans la scène parlée et dans l'action théâtrale.
Ces deux petits acteurs sont assez avancés pour en faire un talent. Ce prodige est tel que si je m'en expliquais à Paris d'après ma sensation, je me donnerais un ridicule.
J'en parlerai pourtant, mais le sang-froid de mon ami M. Grimm, qui attestera la même chose que moi, arrêtera les mauvaises plaisanteries d'une nation qui, en ce genre surtout, a les plus fortes prétentions.
J'avouerai pourtant à Votre Majesté Impériale que je serais sinon fâché, du moins un peu soucieux d'avoir deux enfants qui jouassent aussi bien. Les pièces qu'on leur fait jouer ne me paraissant nulle-ment propres à exercer la sensibilité, à inviter à la commisération, à la bienfaisance et à former les mœurs. Combien de propos qui blessent sur les lèvres de ces jeunes bouches innocentes !
Il est de la plus grande importance de leur faire un petit théâtre honnête qui leur appartienne.
Ce que Voltaire n'a pas fait et ce qu'il eût mieux fait que moi, moi, madame, je le ferai. Je l'ai promis à