‹ Diderot et Catherine IIChapitre 127 sur 185 · DEPART DE DIDEROT ET SECOND SEJOUR A LA HAYE · texte numérisé non relu

DEPART DE DIDEROT ET SECOND SEJOUR A LA HAYE

Malgré la seconde date inscrite par Diderot luimême au frontispice de son manuscrit, il est bien improbable qu'à partir du 3 décembre 1778 il ait précisément cessé d'adresser à l'impératrice ses observations et ses conseils. Son séjour à Saint-Pétersbourg se prolongea jusqu'au 5 mars l'J'jà, et il dut plus d'une fois encore noter ce qu'il remarquait ou ce qu'il apprenait : « Je vais, questionnant tant que je puis, dit-il en terminant un de ses feuillets, je voudrais bien être utile. »

La Harpe, dans un long et lourd pamphlet posthume intitulé Philosophie da XVIIP siècle, se montre fort scandalisé de ce que Diderot se fut permis de demander un jour à l'impératrice, et devant témoins, à combien s'élevaient les revenus de l'Empire. Très suspecte sous

QUESTIONNAIRE ADRESSÉ A l' IMPÉRATRICE. 459

une telle plume, l'anecdote est néanmoins rendue vraisemblable par un document demeuré longtemps ignoré'. Diderot avait, en effet, sinon de vive voix, du moins par écrit, sollicité de l'impératrice des notions précises sur le commerce de la Russie, et l'on a mis récemment au jour ces deux questionnaires (l'un d'eux porte en marge ses réponses autographes) adressés à Catherine elle-même et au comte Ernest de Munich ^.

Elle se prêtait volontiers d'ailleurs à des interrogatoires de ce genre, et cette apparente indiscrétion était certainement l'une des formes de la flatterie qui se trouvaient le plus assurées de lui plaire. L'étonnement de La Harpe est d'autant moins justifié qu'il avait pu lire soit dans le texte original de William Coke, soit dans la traduction de P. -H. Mallet, un autre questionnaire non moins détaillé, touchant le régime des prisons et portant de même en marge les annotations de Catherine ou d'Ivan Tchernichef, vice-président du Conseil de l'Amirauté ^.

Parfois cependant l'état précaire de la santé de Diderot lui faisait littéralement tomber la plume des mains. Les eaux de la Neva achevaient le désordre

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