I. Correspondance littéraire, tome XV I, p
Gustave III l'appelait volontiers son « mentor », et quand Beylon mourut, le 12 novembre 1779, le roi écrivit au baron de Breteuil qu'il perdait « un véritable ami qui lui disait la vérité ». Peut-être n'était-ce pas à ses yeux son unique mérite, car « le philosophe épicurien » (ainsi que le désignait aussi le roi) jouait volontiers son rôle dans les parties de plaisir fameuses dont les palais des environs de Stockholm ont garde l'écho; ne le voit-on pas, en 1777, s'associant aux fantaisies dramatiques de son maître et s'affublant de la robe bariolée d'un empereur chinois dans un divertissement représenté chez le duc de Sudermanie ,?
Telle est, bien imparfaitement esquissée, la physionomie de l'homme à qui Nolcken écrivait de Saint- Pétersbourg le 29 novembre/ 10 décembre 1773 :
« Je vous envoie ci-joint une lettre de M. de Grimm^ Il se plaint aussi de votre paresse. Jugez si j'ai dû l'apaiser, ou excuser votre conduite. Vous n'avez jamais été traité plus impitoyablement que lorsque nous tombons sur ce sujet. C'est l'expression du dépit le plus juste. Vous savez sans doute la commission dont Sa Majesté la reine mère m'a chargé pour M. Diderot. Je m'en suis acquitté proportionnément aux bornes dans lesquelles Sa Majesté avait renfermé mon éloquence. Elle ne pouvait être extrêmement