‹ Diderot et Catherine IIChapitre 138 sur 185 · Par Barbeii-Dubourg. Voyez ci-dessus p · texte numérisé non relu

Par Barbeii-Dubourg. Voyez ci-dessus p

LETTRE A L ' I M PÉ H VT U ICE (l3 SEPTEMBIIE I77A) 491

M. le général Bctzki, que vous m'avez permis d'appeler votre grand Sphinx, s'est expliqué nettement sur la refonte de V Encyclopédie. Il m'apprend que c'est un projet arrêté par Votre Majesté. Je m'en réjouis. 3c |X)urrai donc réparer les sottises de l'abbé Chappe et de M. le chevalier de Jaucourt; conformer cet ouvTage à la hauteur de son premier plan et substituer le nom d'une grande et digne souveraine à celui d'un ministre commun * qui me priva de la liberté pour m'arracher un hommage auquel il ne pouvait prétendre par son mérite.

» Votre Majesté dira peut-être que j'ai une cruelle mémoire ; car je me rappelle très bien la permission qu'elle m'a accordée de lui envoyer les petits ouvrages, bons ou mauvais, qui me restaient encore à faire. Ils auront l'air un peu vieillots, mais n'importe.

» Il y en aura quelques-uns datés de la Haye ; tandis qu'on y imprimait vos statuts, je m'occupais de la lecture de Tacite ; et il en est résulté un pamphlet intitulé : Notes marginales d'un souverain sur l'histoire des empereurs-.

)) J'ai relu l'instruction que vous avez adressée aux

I, Vojez ci-dessus, p. 4'» 2.

a. Le véritable titre donné primitivement par Diderot à cette <i satire » est : Notes écrites de la main d'un souverain à la marge de Tacite, l'auteur laissant ainsi entendre qu'elles émanaient de Frédéric II. Plus tard, suivant .Naigeon, il les intitula : Principes de politique des souverains. On les retrouvera sous ce titre au t. II, p. ^âg-ôoa des Œuvres complètes.

commissaires assemblés pour la confection des lois ; et j'ai eu l'insolence de la relire, la plume à la main'.

» Et puis, pour rentrer bien vite dans mon rôle, j'ai ébauché un petit dialogue entre la maréchale de*** et moi^. Ce sont quelques pages, moitié sérieuses et moitié gaies.

)) J'ai bien peur que ma prédiction ne se soit accomplie ; que je n'aie repris à Riga la méchante petite âme

pusillanime que j'y avais laissée ; et que je ne sois devenu lâche, à mesure que je m'éloignais de votre palais et que je m'approchais de l'hôtel de M. le procureur général.

)) Je me souviens d'avoir dit à Votre Majesté que

j'avais l'âme d'un esclave dans le pays de ceux qu'on

appelle libres, et que j'avais trouvé l'âme d'un homme

libre dans le pays de ceux qu'on appelle des esclaves.

Ce n'était pas le mot d'un courtisan, c'était celui de

la vérité et je m'en aperçois dès ici.

)) Je demande mille pardons à Votre Majesté de la

longueur de ma lettre. J'oublie que le temps du repos

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