Le feuillet annoncé n'était plus joint à la lettre
5o4 DIDEROT ET CATHERINE II.
beau globe que j'ai vu dans le cabinet de Votre Majesté, mieux encore dans une de ses maisons d'éducation. D'ailleurs, l'artiste qui l'a inventée propose d'envoyer avec sa belle pendule l'ouvrier même qui l'a exécutée sous sa direction ; et cet ouvrier s'établirait à demeure à Pétersbourg.
» Je n'ai point envoyé à Votre Majesté le ciment d'un certain Picot, parce que les essais qu'on en a faits n'ont pas répondu aux effets merveilleux qu'on en attendait ^.
» Les comédies pour les jeunes demoiselles se feront ; et cela, sans m'engager d'atteindre le long âge de Voltaire.
» J'ai bien résolu de m'acquitter de tous mes engagements avec une nation dont la souveraine m'a comblé de bienfaits dans ma patrie, d'honneurs dans ses Etats, et où les grands m'ont fait un accueil que je ne puis reconnaître qu'en ne l'oubliant jamais.
» Nos Français ne sont pourtant pas aussi frivoles que Votre Majesté les imagine, car l'exposition de ses établissements et de leurs constitutions en a été reçue avec un applaudissement général. Ah ! madame, il ne dépend que de ceux qui nous gouvernent de faire encore une grande et belle nation de nous. L'étincelle sacrée qui reste d'un grand brasier n'a besoin que d'un souffle.
I. Je n'ai rien retrouvé dans les journaux et mémoires du temps sur cette pendule et sur ce ciment.
LETTRE A l'iMPÉUATRICE (6 OCTOBRE I 770). 5o5
» Les nouvelles publiques nous confirment la grossesse de madame la grande-duchesse. Permettez que je prenne aussi quelque part à un événement qui remplit votre âme de joie. Puisse Votre Majesté être incessamment et heureusement grand'méritée * ; et puis grand'méritée et regrand'méritée cinq ou six fois de suite.
» Les pères, les mères, les enfants et les petitsenfants, tous ceux qui m'entourent et qui vous doivent leur bonheur, renouvellent au commencement de cette année les vœux qu'ils font tous les jours pour \otre Majesté. Nous disons tous en chœur : Puissent toutes les années de Catherine Seconde être aussi glorieuses que les précédentes ; après avoir donné à ses ennemis des marques de sa puissance, puisse le reste de son règne n'être employé qu'à donner à ses sujets des marques de sa bonté, et à tous les souverains présents et à venir un exemple dans le grand art de régner !
» Je suis, avec le plus profond respect, de \'otre Majesté Impériale le très humble, très dévoué et très obéissant serviteur,
)) DIDEROT
» A Paris, ce 6 octobre 1775.
» Je dois à Sa Majesté Impériale et à son artiste