‹ Diderot et Catherine IIChapitre 36 sur 185 · I. René-Nicoks-Gharles-Augustin de Maupeou · texte numérisé non relu

I. René-Nicoks-Gharles-Augustin de Maupeou

semblable au nègre inconsidéré qui a engagé son bras entre les rouleaux du moulin et qui sent ou qu'il faut briser la machine ou en être broyé comme la canne, ne balance pas, et fait bien pour son salut, il brise la machine, moins par sa force que par la faiblesse et la sottise de ses adversaires.

Il représente au monarque que ces remontrants le tiennent en lisière.

Il lui fait concevoir qu'il est indigne de lui d'envoyer ses volontés sacrées à contrôler à de petits particuliers.

Il lui rappelle la multitude de circonstances où cet enregistrement ridicule a gêné et quelquefois empêché l'cxéculion de ses ordres suprêmes et les opérations de son ministère.

Il lui propose d'être maître et roi.

Il lui dit qu'il est temps d'être maître et roi. Il lui persuade que tout lui appartient par le droit du premier roi qui s'empara de la contrée, et que ces militaires, ces prêtres, ces magistrats, tout ce peuple n'ont rien en propre, puisqu'ils ne tiennent ce qu'ils ont que d'une concession d'un premier aïeul ou prédécesseur contre laquelle il est toujours temps de revenir, en qualité de souverain absolu, et en qualité démineur, deux titres incomparables ; mais qu'importe ! un roi à qui l'on prêche le despotisme n'a pas communément une logique bien scrupuleuse.

Il fait la peinture la plus hideuse du corps des

ESSAI HISTORIQUE SUK LA POLICE. lag

remontrants; et il a beau jeu sur ce point. Les traits vrais donnent la couleur de la vérité aux traits calomnieux.

Il l'entête fortement du funeste principe de la puissance illimitée et absolue ; c'est-à-dire de l'absolue pauvreté de ses sujets, et par conséquent de la sienne.

Il ne s'agit plus que de trouver un moyen de l'affranchir de tout lien.

Il y avait eu une affaire entre un commandant pour le roi dans une de nos provinces et un célèbre magistrat.

Le commandant, descendant de Richelieu*, était un homme despote qui peut-être avait un peu abusé de l'autorité qui lui avait été confiée : affaire de caractère.

Le magistrat^ était un homme raide, inflexible, sévère, peut-être un peu trop jaloux des privilèges de son ordre et de sa province : autre affaire de caractère.

Le démêlé de ces deux hommes avait été terminé, non juridiquement, mais par une évocation au Conseil du Roi.

L'homme pervers insinue au commandant que revenir des suites d'une accusation infamante par une évocation, c'est être vraiment déshonoré ; et il avait raison.

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