IX
DE l'importance DE FONDER LA SUCCESSION DANS l'empire.
Tant que cette succession n'est pas une loi fondamentale ;
I. Les Orlof : Grégoire, dont le courage et la fermeté furent dignes de tout éloge lors de la peste de Moscou, en 177 1 ; Alexis, l'un des favoris les mieux partagés de Catherine ; Théodore, procureur général du Sénat ; Ivan, directeur des affaires de l'Archipel ; Wladimir, directeur de l'Académie des sciences.
Tant que cette loi fondamentale n'est pas consentie par le concours général des volontés des sujets ;
Tant qu'elle n'est pas établie comme sacrée et inviolable dans l'opinion générale;
La paix de l'empire n'est pas assurée.
Faire statuer la commission sur ce point :
La couronne doit-elle passer au premier-né, mâle ou femelle ?
Le souverain régnant peut-il en disposer à son gré et la placer sur la tête de celui de ses enfants qu'il préférera ? Quelle source de divisions dans la famille ! Quelle source de révolutions dans l'empire ! Quelle source d'hypocrisie et de basse adulation ! Quelle incertitude pour la nation ! pour la nation dont le choix sera très souvent contraire à celui du souverain ! Quel motif de brigues I
Je n'ose insister davantage. Ce sujet est au-dessus de mes forces. Je l'abandonne à la sagesse de Sa Majesté Impériale et de sa commission.
Mais je la ferais statuer sur le cas oii la race régnante viendrait à manquer ; en décidant ce point, elle déciderait en même temps que la couronne ne retourne à la nation que dans cette seule circonstance.
Dans le cas où la race régnante viendrait à manquer, voici mon rêve :
La couronne serait à la nomination de la commission subsistante,
Il y aurait un conclave de ces commissaires...
d'ln tiers état. i83
Mais pourquoi suivre un rêve? Je n'en ai pas le courage.
J'aurai bien assez souvent rêvé sans m'en douter, sans rêver en m'en doutant.
Je ne serais peut-être pas éloigné du sentiment de Sa Majesté Impériale de rendre la couronne élective entre les enfants; mais ce serait à la condition que l'élection ne se ferait pas par le père.
Il me semble que la nation assemblée et choisissant par ses représentants serait bien moins sujette à se tromper que le père.