XIII
Puisque ces membres de la commission ont été si peu sensibles à l'honneur que la souveraine leur faisait, au bien de leur pays et à l'importance de leurs fonctions, pour souhaiter une prompte dissolution de leurs assemblées, ne pourrait-on pas remédier à cet inconvénient, en réduisant le nombre total de ces représentants à un moindre nombre ?
Ces derniers ne pourraient-ils pas être presque tous résidents dans la capitale, et répandus dans les différents collèges du ministère ?
Chacun de ces derniers ne pourrait-il pas représenter différentes provinces?
Les vœux de ces provinces ne pourraient-ils pas être également distribués entre les résidents? Je dis également, afin qu'un résident n'eût pas plus de suffrages et de poids dans les assemblées qu'un autre. - Les provinces ne pourraient -elles pas proroger ou révoquer à discrétion leur résident ?
SLR LA COMMISSION. 187
Ne pourrait-on pas obliger chaque résident de la province dont il est représentant à la consulter dans les cas difficiles ?
Il me semble qu'alors il n'y aurait plus aucune difficulté à la permanence du tribunal.
Pourquoi une province ne serait-elle pas la maîtresse d'envoyer son représentant dont la présence dépouillerait sur-le-champ le résident de sa représentation, qu'il ne reprendrait qu'au départ du représentant ?
Pourquoi les représentants perdraient -ils le droit de venir tous, si cela leur convenait, et par leur présence ne réduiraient -ils pas les résidents à des représentants purs et simples , chacun de sa province particulière ?
Alors le corps des représentants, composé d'un plus ou moins grand nombre de membres, selon les circonstances et la volonté des provinces, ne formerait jamais que le même nombre de voix.
Il y a deux idées auxquelles j'avoue que je tiens beaucoup : le concours qui assure au mérite sa récompense, et la commission qui assure aux lois et aux institutions toute la durée qu'elles peuvent avoir.
Ces deux idées, au défaut desquelles les nations ont vu de siècle en siècle s'empirer le désordre, sont tout à fait analogues à celles d'après lesquelles vos institutions ont été formées.
l88 DIDEROT ET CATHERINE II