SUR NOTRE POLICE
M. le baron de Klingschted ^ arrive à Paris, il est indisposé; il se renferme quelques jours. M. de Khotinski, votre chargé d'affaires, va à Versailles, et le premier mot de M. d'Aiguillon, c'est : « Monsieur, qu'est-ce que c'est qu'un baron de Klingschted arrivé tel jour à Paris, de tel endroit et qu'on ne voit point ? »
Il n'y a pas longtemps qu'un riche commerçant arrive de Lyon à Paris; on l'arrête à la barrière, on l'enferme; au bout de quelques jours, il est conduit à
I . Gentilhomme russe , amateur de médailles et d'estampes , dont il est question dans le Journal du graveur Wille, et que Diderot présentait en ces termes au fameux John Wilkes par ce billet inédit conservé au British Muséum (fonds Macaulay) :
» A Paris, ce io juillet i 772.
» Ami Wilkes, vous vous êtes bien trouvé jusqu'à présent de tous ceux que je vous ai adressés; ils étaient tous dignes de vous connaître et d'être connus de vous. Monsieur le baron de Klingschted ne fera pas exception. C'est un homme également recommandable par la bonté, la franchise et la douceur de son caractère, et par son esprit et ses lumières. Accueillez-le donc comme j'accueillerais celui qui vous honorerait de son amitié. Monsieur le baron de Klingschted m'a honoré de la sienne; il est attaché à une souveraine, ma bienfaitrice, et nous aurions une haute opinion de la cour de Pétersbourg, si l'Impératrice était entourée d'un grand nombre de pareils serviteurs. Bonjour, mon digne et très aimé Wilkes. Mademoiselle Biberon se loue infiniment de vous. Je vous salue et vous embrasse de tout mon cœur. » DœEROT ».