‹ Diderot et la société du baron d'HolbachChapitre 61 sur 118 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Essais, auxquels il donna le titre de Discours politiques , et ensuite ses Recherches sur les principes de la morale, qui constituait une autre partie du Traité qu'il avait remanié. Dans l'intervalle, il recevait de son libraire l'avis que ses premiers travaux (sauf son infortuné Traité initial commençaient à devenir un sujet d'entretien; que leur vente augmentait peu à peu, et qu'on en demandait de nouvelles éditions. De plus, les critiques du docteur Warburton étaient une nouvelle preuve que ces ouvrages commençaient à être estimés par les gens éclairés. En 1751, il quittait la campagne pour la ville, «le vrai théâtre d'un homme de lettres, »et il publiait à Edimbourg, en 1752, ses Discours politiques; puis, dans la même année, paraissaient à Londres ses Principes de la morale, qu'il considérait comme son meilleur ouvrage.

Nommé en 1752 bibliothécaire de la Faculté des avocats, cette position mit à sa disposition une grande quantité de livres; et c'est alors qu'il se proposa d'écrire l'histoire d'Angleterre. Il commença par la maison de Stuart : le sujet était épineux, et ce premier volume ameuta contre lui tous les partis qu'il avait irrités par l'impartialité même dont il s'était fait une loi. Cette fois, le courage l'abandonna : « Si la France et l'Angleterre n'avaient pas été en guerre, dit-il, je me serais retiré en France dans quelque ville de province, j'aurais changé de nom et ne serais jamais revenu dans mon pays. » Mais comme le projet était inexécutable et le volume suivant presque terminé.

force lui fut de rester à Londres où il publia, mais sans faire beaucoup de bruit, l' Histoire naturelle de la Religion et quelques morceaux de moindre importance.

En 1756, deux ans après la chute de son premier volume, parut le second volume de VHistoire d'Angleterre qui contenait la période comprise entre la mort de Charles Ier et la Révolution. Ce volume causa moins de déplaisir que le précédent au parti Whig, et fut, par conséquent, mieux reçu. L'histoire de la maison de Tudor, qui fut publiée en 1759, donna lieu aux mêmes clameurs que celles des deux premiers Stuarts.

Toutefois, malgré les variations auxquelles ses écrits avaient été exposés, ils ne laissaient pas que de lui rapporter de beaux bénéfices. « Il était devenu non-seulement indépendant, mais opulent. » Il était retiré en Ecosse quand il reçut en 1763 du comte d'Hertford, qu'il ne connaissait pas du tout, l'invitation de l'accompagner à Paris. Le comte, qui venait d'être élevé aux fonctions d'ambassadeur, lui laissait entrevoir la perspective de le faire nommer bientôt secrétaire d'ambassade. Si attrayante que fut l'offre, Hume pourtant la déclina, parce qu'il avait de la répugnance à se lier avec les grands, et parce qu'il craignait, par son âge et son caractère, de se trouver dépaysé dans la société parisienne. Mais sur l'insistance du comte, il finit par accepter.

« Ceux qui n'ont aucune idée, dit-il, de l'étrange effet de la mode, ne pourront jamais imaginer la

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