‹ Diderot et la société du baron d'HolbachChapitre 93 sur 118 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Turgot, sa vie, ses travaux. — Il est nommé contrôleur-général des Finances. — Son administration. — Ennemis qu'elle lui suscite. — Émotion que produit son renvoi. — Sentiment de Voltaire. — Voltaire et Diderot. — Le Philosophe publie plusieurs romans. — Mort d'Adam Smith. — Détails. —

— Mort de mademoiselle de Lespinasse, de madame Geoffrin, de Duclos. — Trois écoles philosophiques au dix-huitième siècle. — Voltaire à Paris. — Ses derniers moments. — Sa mort. — Rousseau à Ermenonville. — Son suicide. — Franklin.

— Necker, directeur des Finances. — Son renvoi. — Mort de d'Alembert. — Essai sur les règnes de ' lande et de Néron. — Maladie de Diderot. — Sa mort. — Mort de d'Holbach.

Durant l'absence de Diderot, des événements considérables s'étaient accomplis en France : Louis XV était mort le 10 mai 1774, et Turgot, le plus grand homme d'État qu'ait eu la France, depuis Richelieu, avait été nommé contrôleur-général des finances, le 24 août de la même année.

Anne-Robert-Jacques Turgot naquit le 10 mai 1727, à Paris, où son père exerça, pendant onze ans, les fonctions de prévôt des marchands, à la satisfaction du gouvernement et des Parisiens, dont il avait gagné les sympathies par une sage économie et des entreprises utiles. Le jeune Turgot, le dernier de trois frères, était destiné, par ses parents, à Tétat ecclésiastique. C'était alors un usage presque général, remarque Condorcet V, de prononcer, dès le berceau, sur le sort de ses enfants d'après des convenances de famille. Il était" prieur de Sorbonne quand il fit ses discours sur les progrès successifs de l'esprit humain. Ces Essais ont été le point de départ des grands travaux historiques accomplis après lui, notamment par Condorcet, travaux qui devaient aboutir à la création de la sociologie par Auguste Comte.

Dans ses discours, Turgot signalait l'enchaînement des générations et la filiation des choses : « Tous les âges sont enchaînés par une suite de causes et d'effets qui lient l'état du monde à tous ceux qui l'ont précédé ; les signes multipliés du langage et de l'écriture, en donnant aux hommes le moyen de s'assurer la possession de leurs idées et de les communiquer aux autres, ont formé, de toutes les connaissances particulières, un trésor commun qu'une génération transmet à l'autre, ainsi qu'un héritage, toujours augmenté des découvertes de chaque siècle; et le genre humain, consi-

{') Yoy. Vie de M. Turgot, par Condorcet.

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