‹ Diderot, l'homme et l'écrivainChapitre 13 sur 76 · XVIII · texte numérisé non relu

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qu'à les développer, et sa Correspondance était à jour. A tous ces points de vue Diderot était son homme ; nul, au xviii® siècle, ne répondait mieux à son idée du grand écrivain : nul aussi ne pouvait mieux, suivant le mot favori de Galiani à Mme d'Epinay, « électriser son âme » et, pour ainsi dire, approvisionner en lui à la fois le penseur en quête d'idées et le journaliste en quête de développements. Il a appelé quelque part Diderot « le puits d'idées le plus achalandé de ce pays-ci (1). » Il fut lui-même un des plus assidus chalands de ce puits intarissable et l'on sait enfin que, lorsqu'il allait rendre visite à ses augustes correspondants d'Allemagne, il passait « le tablier » à Diderot : celuici faisait à sa place, et comme la chose la plus naturelle du monde, l'ingrat métier de lire et d'analyser tous les quinze jours tous les ouvrages cpii paraissaient dans le plus écrivassier de tous nos siècles littéraires. De tels services entretiennent singulièrement l'amitié et rendent bien difficile la sévérité du critique : Grimm ne trouva jamais qu^à louer dans tous les ouvrages de Diderot (2).

Est-il absolument sincère dans ses éloges? question qu'on a posée déjà dans une étude (3) sur Grimm et à laquelle il n'est pas facile de répondre. D'autre part, le jugement si sûr et parfois si fin dont

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