‹ Diderot, l'homme et l'écrivainChapitre 18 sur 76 · Marmontel, Mémoires, VI · texte numérisé non relu

Marmontel, Mémoires, VI

quadrille d'hommes et de femmes du plus grand monde (1). » L^obséquieux Marmontel y faisait assurément meilleure figure. Mais Diderot n^assistait-il pas aux fameux dîners réservés aux gens de lettres ? Ceux qui nous en ont fait connaître les hôtes habituels (Marmontel et Morellet), ne nomment pas Diderot (2). Nous en conclurons seulement qu'il n'était pas parmi les hôtes les plus fidèles : en effet, il était trop intimement lié avec les amis de Mme Geoffrin et surtout il était trop illustre pour que Mme Geoffrin songeât à écarter le grand Encyclopédiste d'un salon qui, par la réunion de toutes les célébrités du temps, était devenu, suivant le mot de Sainte-Beuve, une espèce « A^ Encyclopédie en action et en conversation. »

D'ailleurs Diderot, qui savait très bien estimer chez les autres, nous Pavons vu par son amitié avec Grimm, les qualités dont il manquait lui-même, était très capable d'apprécier cette parfaite mesure et cette élégance sobre et discrète qui caractérisait Mme Geoffrin jusque dans sa toilette : « Je remarque toujours le goût noble et simple dont cette femme (Mme Geoffrin) s'habille. C'était ce jour-là (au Grandval) une étoffe simple, d'une couleur austère, des manches larges, le linge le plus uni et le plus fin et puis la netteté la plus recherchée de tout côté » (3). Et Diderot ajoute, ce qui marque bien entre Mme Geoffrin et lui un certain degré

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