Did. XIX
iS LES AMIS DE DIDEROT
cela par la faute du philosophe qui, comme s» modèle, Socrate, était bien rarement au logis. Mî nous aurons à peindre plus loin Diderot en famil] Bornons-nous à constater que, s'il était vrai, quai il disait : « J'aime ceux qui me grondent ^Ime Geoffrin était d'humeur à se faire aimer de h En somme, une de « ce^ *^tes qu'elle trouvait tr< hardies et trop hasa^ », suivant le mot
]Marmontel, un peu tl'op b. iillonnes aussi et qu'e jugeait bon de tenir à distance, mais un cœur gér reux pour qui elle avait une véritable sympathi tels nous paraissent avoir été le jugement et l'at tude de Mme Geoffrin à l'égard de Diderot. Ma inontel dit justement dans son portrait de Mme Ge( frin : « elle estimait le baron d'Holbach, elle aimi Diderot, mais à la sourdine et sans se commet! pour eux. »
Mme Necker.
Il semble que, bien plus qu'à Mme Geoffrin cj ^'tait, après tout, parisienne, c'est-à-dire relativemc libre de préjugés, Diderot ait eu amplement de qi <léplaire à la très protestante et très « décente Mme Necker. Hypathie nous a dit elle-même toi ^on horreur pour les gens qui ignorent, lorsqu' parlent dans un salon, « qu'il y a dans le mon -des hommes et des femmes, des grands et c petits ». On sait, en outre, qu'il était interdit « toucher, chez elle, aux principes religieux » (
1. Lettre de Mme Necker à Moultou (voir d'Haussonvi Le salon de Mme Necker. Rev. des i>ewa7-Afo?tc?e5), janvier i\ lévrier 1881.
I C'était, pour être admis dans un salon si honnête, I une faible recommandation que d'avoir écrit les ; Bijoux indiscrets et d'être un causeur, brillant i sans doute, mais on ne peut moins attentif au rang ; et même au sexe des personnes avec qui l'on cause. Diderot fut pourtant, sinon un des hôtes les plus assidus (il n'allait assidnment nulle part), du moins un des amis les plus r *^és de l'hôtel Leblanc. Dès que Mme Neck^ ,£. [se mit en tête d'avoir un salon, il fut un des premiers hommes de lettres (qu'elle s'efforça d'attirer chez elle : « à propos, : s avez- vous bien qu'il ne tient qu'à moi d'être I vain ! Il y a ici une Mme Necker, jolie femme et bel esprit, qui raffole de moi ; c'est une persécution pour m'avoir chez elle. Suard lui fait sa cour avec une assiduité à tromper M. de... (Necker). Aussi le pauvre M. de... l'est-il parfaitement, comme vous en jugerez par la mauvaise plaisanterie que je vais vous dire : « eh bien î disait à Suard M..., quelques jours avant son départ, on ne vous voit plus, tendre grenouille. — Qu'est-ce que cela signifie : tendre grenouille ? — Eh oui ! est-ce que vous ne passez pas à présent vos jours et vos nuits à soupirer au Marais. » Mme Necker demeure au Marais. C'est une genevoise sans fortune, qui a de la beauté, des connaissances et de l'esprit, à qui le banquier Necker vient de faire un très bel état. On disait : croyez-vous qu'une femme, qui doit tout à «on mari, osât lui manquer ? — On répondit : rien de plus ingrat au monde. — Le polisson qui fit cette réponse, c'est moi » (1).