‹ Diderot, l'homme et l'écrivainChapitre 30 sur 76 · B. Nat- N. a. fr · texte numérisé non relu

B. Nat- N. a. fr

cogné la tête contre le mur (1). » Un autre jour, au marché de l'Abbaye, voyant une femme de la halle maltraiter un enfant, elle le prend sous sa protection, se fait dire « qu'elle vient mettre son nez dans des affaires qui ne la regardent pas » (c'est bien la digne femme de « Pintervenant » Diderot) et reçoit un coup de pied, mais peut-être après avoir « traité la marchande de guenipe et lui avoir donné un soufflet (2). »

Diderot put donc parfois essuyer des bourrasques de la part de Mme Diderot; mais, sans plus parler des torts qu'il avait envers elle, ce qu'il ne comprit pas, c'est qu'il était souverainement indéUcat de se plaindre de sa femme, quand il écrivait à sa maîtresse. Il va même jusqu'à lui décrire en détails et avec force jérémiades les maladies de Mme Diderot. Voici un des passages qu'on peut citer : « La goutte lui est remontée dans la tête, dans la poitrine et les yeux... Mme Diderot est du petit nombre des femmes qui ne savent pas souffrir (3). » Mais n'insistons pas sur ces fâcheux détails que nous avons cités, non certes pour en accabler méchamment Diderot, mais pour le montrer simplement et exactement tel qu'il était, ce qui est l'unique but de ces études.

Appliquons-nous à juger aussi impartialement le père de famille : celui-ci est plus amusant à étudier.

1. Campardon : Les prodigalités d*un fermier général, Charavay» 1882, p. 120, extrait des Archives nationales,

2. Ihid,^ p. 127, d'après le procès-verbal du commissaire du Châtelet.

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