‹ Diderot, l'homme et l'écrivainChapitre 36 sur 76 · Rulhière IV · texte numérisé non relu

Rulhière IV

l'ouvrage qu'on voulait lui arracher par force. » On essaya alors d'acheter son silence ; mais, selon Diderot, on s'y prit très mal : n'eut-on pas l'idée de lui faire ofiFrir 3.000 francs par un simple agent ministériel ! C'est un Falconet ou un Diderot qu'il eût fallu charger de cette mission délicate : « c'était, suivant Diderot, une affaire à traiter de littérateur à littérateur et non de littérateur à ministre. L'argent s'accepte ou se refuse selon l'homme qui le propose. » Diderot Peût-il donc accepté, à la place de Rulhière, de la main, par exemple, de Falconet? Il est vrai que, sachant si bien qu'il est « infiniment dangereux de parler des souverains, » il n'aurait pas écrit l'ouvrage de Rulhière. Mais il oubliait qu'il n'est pas moins dangereux pour un honnête homme d'offrir (ce qu'il fit peut-être dans son zèle indiscret) Une somme d'argent à un historien pour l'empêcher de parler ou, comme on l'essaya aussi, pour le faire parler contre sa conscience. Il est fâcheux qu'on puisse penser à Diderot en Hsant ces mots que Rulhière écrivit dans une lettre à la comtesse d'Egmont : « on me laissa entrevoir la possibilité de publier cet écrit en altérant quelques faits ou même en les laissant altérer sans me plaindre. L'indignation dicta ma réponse et je rompis toute société avec de pareils négociateurs (1). »

Agent officieux de la czarine à Paris, Diderot voyait à la fois les Français qui désiraient, par amour de l'humanité et des roubles, aller faire le bonheur de la Russie, et les Russes de distinction

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