‹ Diderot, l'homme et l'écrivainChapitre 38 sur 76 · Ihidy t. 17, p · texte numérisé non relu

Ihidy t. 17, p

Il arrive enfin, mais pour se mettre au lit, la eille du mariage du Grand-Duc avec la princesse i'Armstadt. La Russie d'alors allait offrir à Diderot m spectacle singulièrement pittoresque et plein de ontrastes heurtés ; elle réunissait, pour ainsi dire, !es hommes du x® et des hommes du xx*^ siècle : ici, ne noblesse élégante, parée de somptueux habits, ourant les fêtes et les théâtres; là, un peuple ignoant et esclave, des paysans vêtus de peaux de loutons, portant de longues barbes incultes, des onnets fourrés, de longs gants de peau sans doigts t des haches suspendues à leurs larges ceintures e cuir (1). Mais Diderot n'a rien vu, ou en tous as, ne nous a rien dit de tout cela. « Je n'ai vu ue la Souveraine », écrivait-il à Mme Geoffrin. Il e daigne pas abaisser ses regards sur ce peuple ont la physionomie originale et les mœurs bizarres uraient bien dû tenter le pinceau du peintre qu'il tait en même temps que son abjection et sa servité héréditaires auraient pu, ce semble, attendrir le œur d'un philosophe et modérer tout au moins son nthousiasme pour celle qui personnifiait en plein iècle des lumières un aussi absolu despotisme, lais Catherine aimait les Encyclopédistes et elle chetait leur bibliothèque ; que sera-ce donc quand iUe les admettra en sa divine présence ? Diderot Ta L peine entrevue qu'il est ébloui, transporté : « Oui, e l'ai vue, je l'ai entendue et je vous jure qu'elle le sait pas tout le bien qu'elle m'a fait. Quelle Souveraine ! Quelle femme étonnante ! » Hâtons-

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