‹ Diderot, l'homme et l'écrivainChapitre 50 sur 76 · Nouv, Mél · texte numérisé non relu

Nouv, Mél

la superstition, le vice et le malheur,.. J'ai vu cette vertu, source de tant d'autres, dans beaucoup de têtes et dans fort peu de cœurs » (1). C'était bieiî avec son cœur que Diderot aimait ses semblables, puisqu'il fut l'écrivain le plus serviable du XVIII® siècle. Comme ce M, Hardouin, sous les traits duquel il a pris plaisir à se peindre lui-même dans la pièce Est-il bon^ est-il méchant ? « son talent et son temps, il les donne à tous ceux qui en font assez de cas pour les accepter... Je suis obsédé d'embarras. J'en ai pour mon compte, j'en ai pour le compte d'autrui, pas un instant de repos. Si l'on frappe à ma porte, je crains d'ouvrir; si je sors, c'est le chapeau sur les yeux. » Malheureusement, excessif en tout et gâtant ses meilleures qualités par un manque de tact absolu, l'officieux Diderot fut trop souvent un indiscret ami. Il remarque dans sa Poésie dramatique que nos poètes devraient tirer parti de certains personnages épisodiques qu'il appelle des « intervenants : » gens qui se montrent partout où on n'a pas besoin d'eux et s'entêtent à rendre des services que personne ne leur demande, « Ce sont des personnages qui se fourrent partout sans être appelés, qui se mêlent de nos affaires et les terminent ou les brouillent malgré nous. » Diderot jouait fort bien lui-même' ce personnage dans la vie réelle et c'est ainsi quMl se donna maladroitement des torts dans ses démêlés avec l'ombrageux et insociable Jean-Jacques. En résumé, vif, alerte, l'esprit et l'œil en feu, sans

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