CHAPITRE II
Jean-Jacqnes Rousseau.
Par certains côtés de leur caractère, Diderot et Rousseau se ressemblaient trop pour rester longtemps amis : se livrant tout entiers à l'impression du moment et très prompts à traduire cette impression en paroles véhémentes, ils devaient se faire Tun à l'autre, comme ils s'en sont mutuellement accusés, de « mortelles blessures. » Déjà liés en 1742, très intimes en 1747, époque à laquelle ils avaient leur dîner hebdomadaire au Palais-Royal avec Condillac, ils se brouillèrent en février 1757, et, dès lors, ce « bon Diderot » dont on avait demandé, dans une lettre émue à Mme de Pompadour, à partager la captivité à Vincennes, ne fut plus qu'un perfide qui conspirait, avec Grimm et
\ Mme d'Épinay, contre le repos de son ancien ami ; et, d'autre part, celui que Diderot avait appelé, dans
, VEncyclopèdie même, « ô Rousseau, mon cher et digne ami ! » on le traitera tout simplement de € coquin et de monstre (1). »