Joseph Vernet, par L, Lagrange, Didier, 1864, p
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statue, qu'elle « a du sens », c'est aussi le mot ju^e ({ui doit venir sous sa plume, puisque le peintre, I^i Grenèe, par exemple, a voulu nous montrer « L'amour des arts consolant la Peinture des écrits ridicules et envenimés de ses ennemis, » ou que le sculpteur, Falconet, a cru être spirituel en mettant un cœur entre les mains de l'Amitié. Enfin de com- Lien de tableaux, à la fois poétiques et libertins du xviii^ siècle, l'auteur des Salons n'était-il pas fondé il dire que c'étaient « de petites odes tout à fait anacréontiques? » Diderot comprend donc et loue les artistes de son époque comme la plupart d'entr'cux voulaient être compris et loués et il est bien 1(^ critique que méritaient les La Grenée, les Falconot et les Grouze.
Mais alors, critique d'art bon pour le xviii® siè— (*lo, devra-t-il aller rejoindre dans un oubli mérité tant d'artistes de son époque qu'il a étudiés et même loués ? N'a-t-il plus rien à nous dire, à nouïi lecteurs du xix® siècle, et est-ce vraiment, comme on Taffirme, « le contre-pied de ses Salons », que (hnraient prendre, pour bien faire, les critiques do notre temps? Oui, si la peinture contemporaine était olle-méme le contre-pied de la peinture du xviir tjiécle, ou si celle-ci était une exception dans Thistoiro de Tart français. Mais il n'en est rien; le.s. A^ien, les La Grenée et les Greuze n'ont fait qu^exagérer les défauts (ou les qualités, c'est ce que nous V(MTons), d(» notre peinture nationale. Ce n'est pas^ cm effet, au siéc-le seul de Voltaire, c'est à l'époque classi(|ue, et c'est aussi à celle du romantisme et du réalisme, c'est-à-dire, en tous temps, que la pein*
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ture française a prétendu dire quelque chose, ou, mieux encore, dire, dans sa langue, la même chose que disait, dans la sienne, la littérature du moment. C'est, par exemple, au siècle de Descartes, un Poussin, qui peint en philosophe, tant il a mis « de profondeur d'esprit » dans ses tableaux d'histoire. C'est encore, à la même époque, ce maître paysagiste, Claude Lorrain, si sensé et si poète à la fois, qu'on a pu comparer ses toiles classiques à Esther et à Bérénice (1). Et ne suffit-il pas ici de rappeler que le nom d'Eugène Delacroix est associé au nom de Victor Hugo et au mouvement romantique, tout <îomme les peintures réalistes de Courbet annoncent les romans naturalistes de Zola? Que prouvent tous <!es rapprochements? D'abord que, chez nous, littérature et beaux-arts marchant du même pas et obéissant à une inspiration commune, il est plus facile à un littérateur, comme Diderot, de comprendre des tableaux où il retrouve l'idéal qu'il poursuit lui-même dans ses œuvres littéraires. N'est-il i)as certain, par exemple, que les toiles de Greuze sont (le vrais romans à la Diderot? Mais il y a plus : tous ces grands noms de peintres, que nous avons cités, prouvent encore que de tout temps, « l'élément dramatique ou romanesque, historique ou sentimental, a contribué chez nous presque autant que le talent des peintres au succès de leurs ouvrages (2). » C'est que, pour aller au fond des choses, nos grands peintres |sont tous des penseurs. C'est que « la peinture française est aussi peu technique