Fromentin, ibid.y p
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que possible; elle parle la langue, non d'un art spécial, mais la langue commune des idées (1). » Et il serait facile de montrer que notre sculpture a toujours eu les mêmes visées et la même ambition. Pour elle la beauté matérielle est moins un but qu'un moyen pour exprimer des pensées. Nos artistes valent-ils mieux pour cela ou sont-ils moins grands que les artistes étrangers, que les Hollandais, par exemple, qui ont moins d'imagination, mais plus de facultés picturales que nous? Délicate question et qu'il nous appartient, moins qu'à tout autre, de vouloir résoudre. Seulement, puisqu'on oppose les peintres hollandais à nos peintres psychologues et à leur digne critique, Diderot, nous allons faire le lecteur lui-même juge du débat qu'on établit entre les deux écoles. On affirme que la vraie peinture se passe de sujet et l'on donne, pour garant de cette assertion, l'auteur des Maîtres d'autrefois : « Dans la peinture proprement pittoresque et anecdotique des Hollandais, on n'aperçoit, dit Fromentin, pas la moindre anecdote. Aucun sujet bien déterminé, pas une action qui exige une composition réfléchie, expressive, particulièrement significative, nulle invention, aucune scène qui tranche sur l'uniformité de cette existence des. champs et de la ville, plate, vulgaire, dénuée de passion, on pourrait dire, de sentiments. »
A quoi nous répondrons que, quel que soit l'incontestable mérite des Wouverman, des Berghem et des Ostade, on peut pourtant imaginer une antre
1. La peinture française et son histoire, par H» Delabord*,. {R. des Deux-Mondes, 1854, p. 1114).
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façon, ne craignons pas de dire, une façon plus noble et plus haute, de comprendre la peinture. Car enfin, boire, fumer et danser, traire les vaches et les mener paître, sans songer à rien, tout cela peut avoir du charme, même en peinture, mais il doit être permis à un peintre de mettre un peu plus d'idée que cela dans ses tableaux. Nous nous en rapportons à Fromentin lui-même qu'à notre tour nous demandons à citer. Il dit, à propos de cette même école hollandaise : « On est toujours tenté de questionner ces peintres insouciants et flegmatiques et de leur dire : Il n'y a donc rien de nouveau? rien dans vos étables, rien dans vos fermes et vos maisons? Il a fait grand vent, le vent n'a donc rien détruit?... Les enfants naissent, il n'y a donc pas de fêtes ? ils meurent, il n'y a donc pas de deuil ? Vous vous mariez, il n'y a donc pas de joies décentes? On ne pleure donc jamais chez: vous ? Vous avez été amoureux, comment le sait— on? Vous avez pâti, vous avez compati aux misères des autres ; vous avez eu sous les yeux toutes, les plaies de la guerre, toutes les peines, toutes les^ calamités de la vie humaine : où découvre-t-on que vous avez eu un jour de tendresse, de chagrin, de vraie pitié? Votre temps a vu des querelles, despassions, des duels : de tout cela que nous montrez-vous? » (1).
Il est donc permis, tout en admirant l'habileté de main des Hollandais, de leur préférer des artistes^ qui ont quelque chose, s^ît d'intéressant, soit de délicat à nous dire, et qui, suivant le mot de notre