POLITIQUES ET SOCIALES
« J'attends avec impatience, écrivait Voltaire à Thieriot, les réilexions de Pautophile Diderot sur Tancrèdc. Tout est dans la sphère d'activité de son génie ; il passe des hauteurs de la métaphysique au métier d'un tisserand et de là il va au théâtre.... C'est le seul homme capable de faire l'histoire de la philosophie. »
En efïet, Diderot seul connaissait assez lantiquité, dont il avait particulièrement étudié les philosophes, pour entreprendre leur histoire. C'est lui, le premier en France, qui l'ait tenté, et, quoiqu'il ait travaillé d'après Brucker, il a sa part de vues originales. Sans doute, dit M. Villemain, on ne trouvera i»as dans son analyse des écoles grecques, la précision savante; la méthode
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de restauration inventive qui caractérisent quelques fragments sur la philosophie ancienne publiés de nos jours. Mais il a parcouru dans ce genre une immense carrière, embrassant, pour V Encyclopédie, tous les âges de la philosophie grecque, depuis les systèmes dHéraclite et d'Auaxagore jusqu'au syncrétisme d'Alexandrie, et ensuite, reprcnautle travail de l'esprit humain dans le moyen âge, depuis les premiers scolastiques jusqu'à Van Helmont. Comment, dit M. Villemaiu, n'être pas frappé de cet amas de connaissance et de cette active sagacité ?
Ainsi, comme historien de la philosophie, Diderot s'est aidé des travaux de Brucker. Il ne faut pas lui demander pour ces nombreux articles de VEnnjclopâlu' l'exacte érudition de Gassendi ou de Bayle. Obligé à trop de prudence et gêné par trop de considérations diverses, ce n'est point là qu'il faut chercher l'expression complète et sincère de sa pensée intime.
Mais la philosophie n'est pas toute dans l'exposition des idées anciennes. Elle est, avant tout, la science des rapports et des causes. Diderot l'entend bien ainsi, et il cherche la raison des choses dans l'unité de la nature humaine et de la substance universelle. Au lieu de s'asservir à l'un des nombreux systèmes qu'il connaît si bien