ACTE ï, SCèNE XII
celle lettre que Canigou vient do m'iippnrtor de volic pari !
DIDIER
Ah! vous Tavez reçue?
MONTMORIN
Oui, morbleu !... et j'accours pour m'en expliquer avec vous!... il y a des gens, je le sais, qui s'écrieront : Alontmorin, le notaire, est un homme avide, qui ne veut que sVnrichir, n'importe à quel prix... moi, qui vous parle, je l'ai entendudire...jerai entendu !... Certainement je tiens à l'argent... c'est utile à tant déchoies,., mais je tiens encore plus à ma parole... et quand vous pailez de rompre ce mariage...
DIDIER
Que dites-vous ?
MONTMORIN
Je me fâche... je suis furieux... et je me dis : Ce ne sera pas !... voilà comme je suis...
DIDIER
Quand je vous ai écrit celle lettre, mon cher ami... j'étais ruiné...
MOîVTMORiN, v?i»eme7i/.
Qu'importe!
DIDIER
Laissez-moi aciiever!... A présent, c'est bien plus terrible encore... j'ai moins que rien!... Je dois cent mille écus !...
MOISTMORIN.
Eh î qu'importe, vous dis-je !...
DIDIER
Enfin, monsieur, s'il faut tout vous avouer... le seul espoir de salut qui me restait... Mon ami Raymond vient de m'étre enlevé !... il n'est plus... on vient de me récrire.
MONTMORIN
Est-il possible !... (A part.) La nouvelle était vraie ! (Haut.) Un si brave hoiwmc... (Lui don7iant une poignée dp main,) que vous et moi connaissions depuis plus de
Vingt ans... il avait été témoin de mon mariage... témoin du côté de madame de Monlmorin... un ami véritable... un homme qui vous estimait et qui vous aimait plus encore que vous ne pouvez vous Pimaginer... carilyadeux ans, lors du service que vous lui avez rendu... quand il est venu à Cherbourg, pour sVntendre avec vous sur ces capitaux que vous lui prêtiez si généreusement... il a passé deux heures à mon élude... DIDIER. Il ne m'en avait rien dit... ni vous non plus.
MONTMORIN
Il m'avait recommandé le silence... et le devoir du notaire est la discrétion... « Mon cher Montmorin, me dit-il, avec la franchise et la bonhomie que vous lui connaissiez... moi , vieux garçon, j'ai passé ma vie à être le jouet et la dupe des femmes... j'ai eu beau changer... cela n'y faisait rien ; les griselles, les bourgeoises, les grandes dames, toutes m'ont trompé.,, je renonce à l'amour... je ne crois plus qu'à l'amitié... il n'3' a qu'un seul êlre au monde sur lequel je puisse compter... c'est mon ami Didier... et comme je n'entends rien aux articles de Code civil, ayez la bonté d'arranger les choses de manière que tout ce que je possède et posséderai au jour de ma mort, revienne à lui... à lui seul î rt
DIDIER
Que diles-vous ?
MONTMORIN
J'ai arrangé les choses comme il me le demandait...
et par un bon testament bien en règle... qu'il a signe
avant son départ... Vous êtes depuis deux ans légataire
universel de deux millions de biens qu'il possédait alors.
DIDIER, levant les yeux et les mains au ciel.
Raymond! Raymond, mon bienfaiteur!...
SGENi: XIII.