‹ Dietrich BuxtehudeChapitre 14 sur 70 · ID · texte numérisé non relu

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que depuis six ans quand Meder l'invita, le 25 juin 1674, à mettre son nom sur un feuillet de son album. Il connaissait, sans doute, les musiciens qui avaient, quelques jours auparavant, satisfait à la même demande. Aussi avons- nous de l'intérêt à savoir ce qu'ils étaient, et comment ils témoignèrent de leur bonne volonté. Le 4 juin 1674, Martin Radeck, organiste de l'église du Saint-Esprit et de la Trinité à Copenhague, Thuringien de naissance l, avait mis en tablature, sur six pages du livre de Meder, une Fuga tertij toni, à quatre voix2:

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Buxtehude ne dut point manquer d'examiner cette pièce, dont l'auteur paraît être de la même famille que Johan Radeck, qui lui succéda, quand il quitta la St. Martœ-

1 II était né à Mûhlhausen 1623 (Gravstenene i Roskilde Kjobstad, par J. B. Loffler, Copenhague, i883, p. 63).

2 M. Nicolaus Busch, bibliothécaire de la ville de Riga, a eu l'obligeance de m'envoyer la photographie de cette pièce, tirée de l'album de Meder, conservé à la bibl. de Riga.

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Kirke d'Elseneur pour la Marienkirche de Lùbeck1. Radeck aimait aussi à chercher, pour accompagner le choral, des motifs que l'on pût changer de place, sans gâter la composition. On a conservé, de lui, un Jésus Christns, unser Heilandt, in or dinar io nnd doppelten Contrapnnct gesetzt, où il dispose, diversement, les mêmes dessins d'accompagnement-

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Evolutio I.

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1 Hastrup-Schultz, Helsingôrs Embeds og Bestillingsmaend, p. 106.

2 Bibl. roy. de Berlin, Ms. 6473. Communiqué par MUe Am. Arnheim, à qui j'adresse ici l'expression de ma reconnaissance.

Seeunda Evolutio, Ch. in Bass.

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Tertia Evolutio, Ch. in Alt.

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BUXTEHUDE A LÛBECK

Quarta Evolutio, Ch. in Ténor.

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Et il annonce encore quatre autres Evolutiones. Un compositeur, dont l'esprit était occupé de telles recherches, fussent-elles médiocrement conduites, devait paraître à Buxtehude bien digne de considération, en ce temps-là où lui-même donnait au public ses contrepoints sur le choral Mit Fried nnd Freud. Il avait, sans doute, aussi de l'intérêt pour ses œuvres de musique vocale, et connaissait peut-être le motet pour ténor, deux violons, viole de gambe etcontinuo, où la gambe joue en « diminutions », selon une mode ancienne déjà, et où il y a, dans le chant, des tournures dramatiques l.

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i Upsal, Fo&. m«5. i. Handskrift, 63: 14 (communiqué par M. Rafaël Mitjana).

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Herr, Herr, wenn ich nur, wenn icli nur dich ha - -

Violons

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wenn ich nur. wenn ich nur dich b 6- 5 >

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Après la fugue de Radeck figure, dans le recueil de Meder, la contribution de Paul Christian Schindler, qui jouait de la viole de gambe; il ne donne point de musique, mais écrit seulement cette devise : Mein Vergnùgen stehet in Christi Auferstehung (io juin 1674) '. Baltzer Butheuck2,

1 Fils du Glasskjaercr du roi de Danemark; sans doute élève du joueur de viole de la cour de Gottorp, Anthon Gùnther Roberts. En 1670, il se rendit à Dresde pour étudier la composition. Il était né en 1648. (Cari Thrane, Fra Hofviolonemes Tid, p. 27; voyez aussi le Dansk biografisk Lexikon,, XV, 1901).

2 Cité (p. 78) à tort comme musicien de Christine, par confusion avec Thomas Baltzer (Balzar).

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regius Musicus, rédige, le 12 juin, un quatrain en l'honneur de la «douce musique, notre joie sur terre, qui, au ciel, sera plus grande encore», et condamne, en des termes d'une rudesse antique, celui «qui n'aime pas la musique»1. Après lui, Michael Zachseus, cantor de l'église allemande (Saint- Pierre) de Copenhague, depuis i656 environ, dit aussi son mépris pour celui que la pia musica laisse insensible, et fait chanter sur le motif du canon qu'il propose {fuga a 4) '■ « Musica noster amor. Quem non pia Musica mulcet, est adamas, saxum, bestia, nullus honw. » Hommage mêlé d'offense, car le canon de Zachaeus, réalisé, n'est pas d'une correction parfaite (i3 juin 1674). Quelques jours plus tard, Dietrich Buxtehude ajoute au livre de Meder; le 25 juin, un thème de sa façon y est inscrit :

Canon duplex per Augmentationem quatuor voces si/nu/ cantantur.

Ces quatre mesures sont suivis d'une dédicace:

Viro prœstantissimo

Dno '• Joli. Valentino Medero

eut cum Uteris raro exemplo Musica semper in

deliciis fuit, Fautori suo honoratissinw Canonem

hune benivolae recordationis ergo hue apponere voluit

Dietericus Buxtehude in Templo primario Mariano organista.

1 De même Joh. Guth écrit : Plus quam bestia quem non afficit musica {Sovitas musicalis, 167b, b/bl. nat. V™7 1471).

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Le tout est placé sous la devise que nous avons déjà vue, jointe au canon dédié à Meno Hanneken 1 : Symb. : Non hominibus, sedDEO. Cette devise s'applique parfaitement aux canons, qui, en somme, ne sont point destinés au public, et ne sont qu'un exercice d'«art pur». Meder était tout disposé à l'entendre ainsi. Son frère, Maternus, organiste à Meiningen, lui avait bien déclaré, en écrivant un canon dans son album, qu'il le composait bien moins par amour d'un tel art, que par amitié fraternelle '2. Et Joh. Valentin Meder avouait, plus tard, que le studium canonicum était un « travail d'Hercule, qui ne donne point de pain », et qu'il s'y était adonné en sa jeunesse, d'où sa tête s'était affaiblie. Aussi avait-il laissé cela de côté3. Quand il vint à Lûbeck, il avait encore, sans doute, beaucoup d'intérêt pour ces « raretés » ; c'est peut-être là qu'il apprit à connaître l'habileté de Theile en de telles constructions; il juge, en 1708, que ce maître y avait été fort heureux, en ayant proposé grand nombre à ses élèves4. Avec cette passion pour les problèmes, Meder ne dédaignait point, cependant, la musique vivante. Le 21 mai 1708, il écrivait à Christoph Raupach, organiste à Stralsund, que, plus de trente ans auparavant, il avait reçu des cantates de Rome et en avait possédé trois livres entiers qui avaient été écrits à Rome. C'était, disait-il, Carissimi qui avait commencé à en faire, et qui avait répandu le style de récitatif que Ton pratiquait aujourd'hui. «La première cantate de Carissimi qu'il avait reçue, traitait du jugement dernier, et les paroles étaient, au début : Suonerai l'ultima Tromba, etc ». Ce Carissimi était surnommé par les Italiens, ajoute-t-il, l'orateur musical. Son élève Marco Antonio Cesti, poursuit Meder, avait enlevé la cantate à l'église, la mêlant à l'opéra. Parmi ses nombreuses compositions, une cantate était particulièrement agréable au musicien allemand : O cara libertà, chi mi ti toglie*. L'abbé du couvent d'Oliva près de Dantzig, élève

1 Voyez p. 126.

2 11 décembre 167 1.

3 Maitheson, Grundlage einer Ehrenpforie, p. 219,

4 Ibidem, p. 220.

5 Dans la Scelta di Can^onettc Jtal ane de più Antori publ. par Girol.

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de Cesti, la lui avait présentée un jour, et Meder avait eu la satisfaction de lui dire qu'il la connaissait depuis plus de

Pignani (Playford, Londres, 1679), se trouve (no 2) un air qui doit être tiré de cette cantate :

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Ca - ra, cara e do) - ce,

ca - ra, cara e

dol-ce cara e dol - ce li - ber-ta

ca - - ra e dol - - ce li-ber - -ta, L'aima mia con-so - li -

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