‹ Dietrich BuxtehudeChapitre 38 sur 70 · ACTIONS DE GRÂCES. L'AMOUR DE JÉSUS. L'AMOUR DE DIEU. PSAUMES · texte numérisé non relu

ACTIONS DE GRÂCES. L'AMOUR DE JÉSUS. L'AMOUR DE DIEU. PSAUMES

CHORALS

A ces œuvres, qui furent peut-être jouées aux jours <ï Abendmusik, s'ajoutent, dans l'héritage de Buxtehude, de nombreuses compositions destinées aux diverses fêtes de l'année. Les Rathsinusiker formaient l'orchestre ordinaire de la Marienkirche1. Les choristes étaient les élèves du Catharineiim. Le cantor de cette école fut, jusqu'en 1679, Samuel Franck, qui avait épousé une fille de Franz Tunder 2 : après sa mort, on choisit pour le remplacer Jacob Pagendarm, homme de savoir, grand amateur de médailles, et compositeur3.

i C. Stiehl, Zur Gesch. der Instrumentalmusik in Lûbeck, i885, p. i3 et p. si. Voyez plus haut, p. 141, note 1.

2 Né à Steltin en t63+, cantor à Lûbeck en i653; il mourut le 4 févr. 1679 (Stiehl, Lùbeckisches Tonkûnstlerlexikon, 1887, p. 7). Il eut une fille en 1670 (bapt. le 17 juin). Buxtehude fut parrain d'une autre fille le 7 avr. 1673 (Taufreg. de la Marienkirche à Lûbeck, i65q — 1676, p. 184 et p. 237).

3 De 1679 à 1684, il vécut dans la pauvreté : on faisait une souscription chaque année pour lui acheter un bœuf (G. Stiehl, Zur Gesch. des Kirchenchors und der Kirchenmusik in Lûbeck, dans la Musikalische Chronik de 1886, p. 19). Voyez aussi le Tonkûnstlerlexikon du même auteur, p. 14; la Grundlage einer Ehrenpforte, de Mattheson, p. 25o; Moller, Cimbria literata, II, p. 607; la principale- source de sa biographie est la notice publiée après sa mort dans les Nova literaria Maris Balthici de 1706, p. 127 : dans le même recueil (1700, p. i3), on rapporte qu'il fut victime d'un vol de médailles, et l'on mentionne le voyage de son fils à Batavia et la relation qu'il en fit en public (1699, p. 35).

CANTATES POUR LES FÊTES DE L ANNÉE 29 1

Nous avons mentionné, déjà, les cantates qui sont écrites pour le temps de Noël. Pour la fête de la Circoncision (ier janvier), nous avons cité la cantate Rlinget mit Freuden l, et nous devons signaler, en outre, le motet Ail' solch dein Gùf '2. Buxtehude l'a écrit pour 5 voix (2 soprani, alto, ténor, basse) et 5 instruments. Il y traite la dernière strophe du choral de la nouvelle année Helft mir Golfs Giite preisen; dans l'introduction, le premier, puis le second violon annoncent le thème du cantique, et la basse, accompagnée des quatre autres parties, en joue les deux premières phrases, dans le ton de la sous-dominante. Dans le chœur, nous reconnaîtrons les mêmes procédés; mais la basse, ici, donne la mélodie dans le ton, et le compositeur développe l'exorde, en répétant les premiers motifs, et en mêlant l'orchestre à ces répétitions: de sorte que la phrase initiale du cantique semble se construire peu à peu, par l'effort successif des différentes voix et des instruments. Les cinq voix la présentent achevée, le soprano chantant la mélodie. Pour amplifier la seconde période, le musicien y reprend deux fois le vers qui la commence, et d'après lequel il scande une double réplique d'orchestre; puis, inspiré par les paroles {Gib uns ein frôhlicJts Jahr), il change la mesure, et il orne, à 3/2, le reste de la strophe : les instruments accompagnent les chanteurs, à l'unisson de chaque voix, et font des interludes, où reparaissent les motifs ou les accords du chœur3. La composition se termine par un Amen assez long, qui est sans recherche, mais non sans mouvement.

Plusieurs cantates semblent destinées à la fête de la Purification. Tout d'abord, un solo de ténor, avec deux violons et orgue, où sont chantées les paroles du vieillard Siméon, Herr, min làssest dit, deinen Diener in Friede fahren (Luc, 11, 29) 4. Après trois mesures lentes, les instruments

i Voyez plus haut, p. 208 et p. 2i3.

2 Upsal, 5o : 1 (part, en tabl.).

3 Buxtehude estime qu'une broderie sur la 2e partie du temps suffit pour dissimuler les suites d'octaves (fol. 2a2, 2e mes., entre le sopr. et la basse, 5e mes., entre le i" violon et le continuo).

* Upsal, Tab. 85: 84, fol. 16 a8; Lûbeck, A 373, fol. 74 b (part, en tabl.).

jouent un prélude formé de motifs ascendants et rapides ; la basse les accompagne d'une gamme ascendante, et d'autres gammes de même direction, mais de rythme beaucoup plus vif, paraissent vers la fin de l'introduction, qui se termine par des accords saccadés: tout cela nous prépare à cette phrase impatiente,

Violons

izqsi

Herr,nun lasstdu dei-nen Die-ner, dei-nen Die-ner

ÉZ=3t=ËZ

qsn.

Herr.nun

que le soliste va redire deux fois encore, en ut, et en sol, et que les violons répéteront, dans ce ton; le second motif est bien différent, de rythme et de dessin, et l'accompagnement le berce, au lieu de l'exalter.

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CANTATES POUR LES FÊTES DE L ANNEE

Afin d'exprimer la douceur de mourir, Buxtehude imagine aussi ces tons émouvants,

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mais c'est dans sa mémoire qu'il trouve la série montante de quartes qu'il joint aux mots voie du, formule vigoureuse dont l'usage est devenu vulgaire !.

Il faut citer tout le passage, où des tournures d'arioso et des exclamations haletantes (gesehen, gesehen) mettent dans le récitatif un levain d'enthousiasme qui va le changer en une sorte d'hymne, dont les effusions se répandront jusque dans l'orchestre.

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se-lien, wel-clien du be - - rei-tet hast fur al-Ien Viil-kern

Voyez plus haut, p. 224.

Cette belle progression lyrique, où les violons donnent au motif de Y allegro (A) un essor et une puissance merveilleuses l, s'élève deux fois de suite : après la seconde, Buxtehude déploie une vocalise de trois mesures, dont un fragment sera traité par les violons, à deux reprises; l'accompagnement de cette roulade nous offre une gradation de quartes, analogue à la série que nous avons déjà remarquée dans la même pièce 2. Quelques accords forment, avant le troisième verset de cette cantate, un court prélude; le compositeur aime ces harmonies entrecoupées de silences, qui commandent à l'attention (le Ier violon joue à deux parties) :

Comme les deux premiers, ce verset est en ut majeur (6/8). Les violons y concertent avec la voix, de telle manière, que le motif principal est développé en une suite de modulations, de transformations, de réponses et d'échos fort habilement enchaînés, mais non tramés par fugue: mélange de continuité et de liberté, dont l'idée est toute moderne.

La cantate Ich habe Lust abzuscheiden 3 pourrait être destinée à la même fête de la Purification, car elle contient l'interprétation chrétienne du cantique de Siméon. La Sonata (2 violons, basse et orgue), obstinément méditative, d'abord (voyez en particulier la 9e et la 10e mesure), plus animée, ensuite, se termine dans la paix. Après l'entrée des voix, les instruments énoncent un motif qui reparaîtra dans la ritournelle des airs de cette cantate ;

1 Par des répliques, des répercussions, une sorte de débat sur la chanterelle.

2 Voyez la note de la page 293.

8 Upsal, Tab. 82:42, fol. i3a3; Lûbeck, A 373, fol. 43 b.

CANTATES POUR LES FÊTES DE L'ANNÉE

2Çp

Sopr. 1. et 2 ich, ich lia - lie Lust

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