‹ Dieu dans l'écoleChapitre 18 sur 34 · ARCHEVÊQUE DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUE DE CAMBRAI

M^"" Duquesnay n'était archevêque de Cambrai que depuis trois années lorsqu'il succomba aux fatigues de ses courses apostoliques à travers son vaste diocèse.

Outre les témoignages de sa bienveillance, déjà mentionnés dans ce recueil, nous rappellerons encore Thonneur qu'il daigna nous faire de présider une séance académique donnée par nos philosophes sur les doctrines positivistes. Nous lui disions ensuite: « Vous excuserez, Monseigneur, ces philosophes de dix-huit ans de s'être pris, avec la témérité de leur âge, à de si hautes questions. Ce sont de bien jeunes conscrits pour se mesurer avec de tels ennemis, pour manier de telles armes; et il était bien à craindre que, pareils au jeune David encore berger, ils se trouvassent bien gênés dans cette armure de la dialectique, à laquelle ils n'ont pas eu encore le temps de s'habituer : non enim habebat consueludinem. Mais enfin, à défaut de l'épée du soldat exercé, ils ont la fronde des enfants. Ils ont ramassé dans le courant de leurs études philosophiques quelques pierres qu'ils ont polies , limpidissimos lapides, pour les lancer à la tête du moderne Goliath. Je n'ose pas assurer qu'ils l'ont abattu du coup, qu'ils lui ont tranché la tête, et qu'il ne s'en relèvera plus. Mais je me porte garant qu'ils sont pleins de vaillance dans une guerre d'idées qui est aujourd'hui plus que jamais la guerre de Dieu : Dei est enim bellum. C'est « au nom de Dieu » qu'ils s'avancent comme le jeune David, et il ne tiendra pas à eux que tous les philistins ne soient mis en fuite. C'est sur ce bon vouloir que je vous prie , Monseigneur, de faire descendre votre bénédiction. »

A tous ces titres nous devions payer à notre archevêque l'humble tribut qui suit:

LES DERNIERS MOMENTS DE M«« DUQUESNAY

PAROLES

Prononcées au service funèbre,

Célébré au collège pour le repos de son âme,

le 15 octobre 1884.

Le service funèbre qui nous rassemble ici, mes chers enfants, n'est pas une cérémonie ordinaire, semblable à celle qui nous appelle trop souvent à prier ensemble pour l'àme des bienfaiteurs ou amis de cette maison. C'est de notre pontife, de notre premier pasteur, du père de ce diocèse que nous venons recommander l'âme au très miséricordieux Jésus : Pie Jesii Domine, dona ei requiem!

Jamais , mes chers fils , vous n'aurez l'idée totale et complète de ce qu'est l'éminente dignité épiscopale , au regard de l'Éghse et des âmes éclairées de la lumière de la foi. Il faut même croire qu'elle touche de près à la dignité divine, puisque l'apôtre saint Pierre appelle Jésus- Christ le Pasteur et l'Évêque de nos AMES, couvet^si estis ad Pastorein et Episcopuni animarum vestrarum. Je ne m'étonne donc plus d'entendre l'illustre cardinal de Poitiers

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en parler de cette sorte : « La race d'Adam ne peut monter plus haut dans l'ordre des choses surnaturelles. Quand elle est arrivée, là elle n'aperçoit audessus d'elle que l'humanité du Verbe fait chair et la dignité de la maternité divine. » Quel respect, mes enfants, ne devez -vous donc pas avoir pour ces représentants du pontife éternel dans le ministère du salut!

Un autre sentiment vous commande de pleurer sur lui et de prier pour lui. Ce bon archevêque vous aimait. Il aimait ce collège , il estimait le grand bien qui s'y accomplit, et il n'a pas tenu à lui qu'il ne s'en fit parmi vous un plus étendu encore.

Vous vous souvenez avec quelle liberté apostolique , la première fois qu'il vint ici , il répondit au discours qui racontait notre exil de 1881 , par cette nette et hardie revendication de la liberté religieuse qui fut couverte de si vifs applaudissements. Vous n'avez pas oublié non plus'avec quelle indulgente satisfaction il accueillit une de nos séances académiques de philosophie , encourageant la vaillance de nos aînés à la défense de la vérité parmi les hommes. Enfin plusieurs d'entre vous ont reçu ici de ses mains le sacrement de confirmation, et tous, dans cette circonstance, nous l'avons entendu nous exliorter à la force chrétienne, avec cette ardeur d'âme que symbolisait d'une manière expressive le glaive de feu du chérubin représenté dans ses armes. Il avait, en effet, au cœur la flamme de l'apostolat, et c'était elle qui le poussait sans relâche et en tous

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lieux dans les villes et les campagnes, où il allait porter la grâce, la parole et la bénédiction. C'est elle aussi qui l'a consumé dans ces travaux qu'il ne savait pas interrompre : ce bon pasteur a véritablement donné sa vie pour ses brebis.

Mais je dois m'abstenir de faire son éloge. Ce serait contrevenir aux ordres de celui à qui nous avons promis révérence et obéissance, et dont l'autorité survit pour nous au trépas. Une de ses dernières volontés est celle-ci : « Ni oraison funèbre, ni rien qui y ressemble. » J'emprunte donc seulement à la Semaine religieuse du diocèse de

Cambrai le simple et édifiant récit de ses derniers jours. Ce furent ceux d'un grand serviteur de Jésus-Christ et de l'Église. Vous y trouverez de quoi alimenter pour longtemps votre foi et votre respect, en vous formant de votre archevêque une image qui restera belle et sainte dans le trésor de vos souvenirs. Écoutez donc, mes chers fils, et apprenez comment s'achève ce combat de la vie pour ceux qui sont nos chefs dans l'armée du Seigneur.

Le 27 août dernier, à la suite d'une lettre de MM. les vicaires généraux du diocèse prescrivant des prières et des communions pour l'auguste malade, on écrivait de Cambrai le détails suivants :

« Ms'" l'archevêque a reçu les derniers sacrements mercredi dernier, à cinq heures du soir. Le très saint sacrement a été porté par M^"" de Lydda, escorté de tout le chapitre, de tous les membres

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du clergé de la ville et des fidèles qui remplissaient toute la cathédrale, refluant jusque sur la place du Saint -Sépulcre et dans les jardins de l'archevêché.

« Lorsque M^'" l'évêque de Lydda eut lu à Sa Grandeur la profession de foi usitée, M^"" l'archevêque, revêtu du rochet et de l'étole, ne put résister aux élans de son cœur, et, faisant un effort suprême, il voulut remercier dans un dernier adieu tous ceux qui l'entouraient :

« Je m'en vais. Messieurs, dit-il, je m'en vais à (( Dieu. Je vous ai plutôt montré que donné : magis (( ostensus quam datiis. Je suis venu ici pour m'édi- (( fier et pour mourir ; c'est une grande grâce que (( Dieu m'a faite, et dont je le remercie. Je meurs au (( milieu d'un clergé excellent, entouré de prêtres (( tous dignes du caractère dont ils sont revêtus... »

ce Après avoir remercié spécialement Ms"" Monnier, son auxihaire, ses vicaires généraux, M. le supérieur du grand séminaire et son secrétaire général, en ayant pour chacun un mot d'affection et de reconnaissance, il demanda pardon de toutes les peines qu'il avait pu causer, soit aux prêtres, soit aux fidèles de son diocèse : « Je n'ai jamais voulu (( blesser personne, dit-il; ce que j'ai fait, je l'ai fait (( toujours avec affection. »

« M&'de Lydda lui donna alors le viatique. Lorsque le très saint Sacrement fut emporté. M?"" l'archevêque, se tournant vers lui, s'écria : « Au revoir, « mon doux Jésus , au Ciel ! »

(( Ces beaux sentiments ne se démentirent point

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tout le temps que dura encore cette longue mais paisible agonie. Notre pontife était admirable h voir et h ^entendre offrant à Jésus- Christ le sacrifice de sa vie et aspirant au Ciel par des désirs enflammés. »

La mort, en brisant le sceau de son testament, devait nous révéler, sous des traits non moins beaux, cette âme simple et grande. Ce testament s'ouvrait par ses paroles : « Au nom du Père , et du Fils, et du Saint-Esprit, moi, Alfred Duquesnay, présentement archevêque de Cambrai... , je me prosterne très dévotement aux pieds de mon adorable Sauveur Notre -Seigneur Jésus -Christ, le priant de me pardonner tous mes péchés. Je me réclame de la protection de la très sainte Vierge , de l'assistance de saint Joseph, de mon ange gardien et de mon saint patron. Je déclare que je meurs fermement attaché à la sainte Église et h la personne sacrée du pape, le reconnaissant comme le Docteur infaillible de la vérité, admettant tout ce qu'il enseigne, rejetant et condamnant tout ce qu'il condamne. Je demande très humblement pardon à tous ceux que j'ai pu contrister ou scandaliser; je remercie tous ceux qui m'ont prêté aide et assistance : vicaires généraux, secrétaires, chanoines, et surtout mon vénérable confesseur. »

Mais où l'humiUté de ce cœur et sa simplicité se révèlent sous un jour profondément religieux, c'est dans les dispositions que M^'-" l'archevêque avait prises pour ses obsèques. Dès après son arrivée

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à Cambrai, le 29 août 1881 , trois ans avant sa mort, il avait écrit de sa main des recommandations à ses vicaires généraux, dans lesquelles il leur disait : « Je prie MM. du chapitre, dans l'annonce qu'ils feront de la vacance du siège, de ne me décerner aucune louange; qu'ils se bornent à demander des prières pour le repos de mon âme.

« Le cérémonial des évèques ne prescrivant pas l'embaumement, je déclare que ma volonté très formelle est de n'être point embaumé.

(( On ne m'exposera point le visage découvert, mais on m'enfermera aussitôt dans le cercueil.

« Le cercueil sera en chêne, sans aucun ornement; on y mettra une simple plaque en cuivre, sur laquelle sera gravée l'inscription suivante : Alfridus ah anno 1872 ad annutn 1881 episcopus Lemovicensis, ah anno 1881 ad annum (1884) archicpiscopus Cameraccnsis.

« A l'église, tout se passera selon le cérémonial des évêques. Or ce cérémonial ne prescrit point l'oraison funèbre..., et je demande très formellement qu'on n'en prononce aucune. On me contristerait en ne tenant pas compte de ma répugnance très vive à cet égard.

(( Ni oraison funèbre, ni rien qui y ressemble.

(( J'exprime le désir d'être inhumé dans le caveau où reposent mes éminents prédécesseurs. Si l'autorité civile ne l'autorisait pas, on me portera au cimetière commun. Je ne veux pas de caveau en maçonnerie; que l'on me couche dans une fosse et

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que l'on y mette une pierre, avec celte inscription en français : Alfred Duquesnay, de 1872 à 1881 évêque de Limoges; de 1881 à [1884:) archevêque de Cambrai. Priez pour lui.

« Et on établira solidement en tête de la pierre tombale une belle croix en fer, avec l'image de Notre -Seigneur. »

Je m'arrête. Notre archevêque a commandé le silence; ne contristons pas sa mémoire en faisant sur sa tombe rien qui ressemble à un bruit de renommée indiscrète. Je me rappelle que de toutes les louanges auxquelles il aurait eu droit, il déclarait qu'une seule aurait pu le toucher : c'était celle qu'un évêque comme lui avait choisie pour épitaphe : Nemo tani pater. Cette parole, mes enfants, nous la lui avons fait lire en lettres d'or ici, dans une solennité de distribution des prix. Déposons-la sur sa tombe comme un remerciement, et surtout déposons -la, comme une prière et une espérance, dans le cœur de Celui qui , étant Père par excellence, appelle à lui ceux qui sont vraiment pères comme lui.

Extrait du compte rendu imprimé de la fêle.

« Le 20 décembre 1884,1e R.P.Pillon* avait le bonheur d'accomplir sa cinquantième année de prêtrise. Sa famille religieuse, ses enfants, ses amis, voulurent célébrer solennellement ce grand anniversaire par une nombreuse réunion au pied des autels, dans une fête oi^i ils lui offriraient les témoignages de leur filiale reconnaissance.

« Le collège Saint- Joseph, fondé il y a douze ans par l'illustre religieux, devait y avoir la première part. Ms"" le Supérieur s'empressa d'offrir sa chapelle au vénérable Recteur d'autrefois pour la messe de ses noces d'or.

« Gomme le 20 décembre de cette année coïncidait avec le samedi des Quatre-Temps, on remit la célébration de la solennité au dimanche 28, consacré à la mémoire des saints Innocents.

« Le matin de cette journée se trouvaient réunis dans la chapelle du collège, outre tous les élèves avec un grand nombre de leurs parents, les amis du R. P. Pillon, plu-

1 Né à EsTRKES (Somme), le 25 avril 1804; Entré dans la Compagnie de Jésus en 1823; Admis aux premiers vœux à Montrouge, le 8 septembre 1825; Professeur à Dôle, de 1827 à 1828; Professeur au Passage, en Espagne, de 1828 à 1830; Etudiant en théologie à Madrid, de 1830 à 1834; Ordonné prêtre à Annecy, en 1834; Préfet des études à Melan, en Suisse, 1834-1836; Préfet et Recteur à Brugelette, 1836-1850; Admis à la Profession à Brugelette, le 15 août 1842; Fondateur et Recteur à Vannes, 1850-1861 ; lîecteurà Sainte-Geneviève de Paris, 1861-1866; P.ecteur à la Providence d'Amiens, 1866-1867; Provincial de Champagne, 1867-1872; Fondateur et Recteur à Lille, 1872-1880; Supérieur des Jésuites dispersés, 188n.l884.

sieurs nieiubres de sa famille, les administrateurs de la société civile de Saint-Joseph, les anciens élèves de cette maison, et au premier rang la députation des anciens élèves de Brugelette.

« Un clergé nombreux remplissait le chœur ; on y voyait représentés les divers ordres religieux de la ville.

« A huit heures et demie, le clergé en procession alla prendre le R, P. Pillon dans la salle où il attendait, revêtu des habits sacerdotaux, et le ramena à la chapelle, en traversant les cloîtres au chant du Benediclus Deus Israël, dit par les soixante voix de nos jeunes choristes.

« En tète de ce cortège se déployait cette brillante troupe d'enfants de chœur dont Saint-Joseph conserve la tradition comme aux jours de Brugelette et de Saint-Acheul.

ic Le vénérable Jubilaire fermait la marche, s'avançant vers le sanctuaire, au milieu de la foule recueillie, avec la majesté de sa personne, de son âge et de son sacerdoce.

« 11 monta au saint autel assisté du P. Bastien, le compagnon et le soutien de sa retraite depuis les jours de la grande épreuve.

« Après rÉvangile, M. le Supérieur, revêtu des insignes de la prélature pontificale, adressa au vénéré Père ces paroles d'hommage, de souhaits et de filial dévouement: »

HOMMAGES ET SOUHAITS DE M. LE SUPÉRIEUR au r. p. pillon

Mon très révérend Père ,

Votre présence parmi nous, en ce lieu, en cette fête , nous apporte plus que le spectacle d'une so-

lennité ordinaire : c'est la grandeur et la beauté d'une scène biblique. C'est Jacob, chargé d'années, descendant, lui et ses fils, dans la maison de Joseph. Vous comprenez bien que, par ce nom, j'entends cet autre Joseph que vous-même avez donné pour patron à notre collège , et qui en est le premier et céleste supérieur. C'est lui, mon révérend Père, qui a dit à vos fils : a Hâtez -vous, allez, montez vers notre Père, et amenez-le vers moi. » Festinate, ascendite ad patrem nostrum , et adducite eiun ad me. C'est lui qui , sur le seuil , vous a reçu au chant du Benedictus , attendri de vous revoir après de si longs regrets : videns, irruit super colhnn ejus, et inter amplexus flevit.

Il vous est donc rendu pour aujourd'hui, mon Père, cet enfant de votre vieillesse, dont naguère des jaloux avaient comploté la mort, et dont vous aviez pu dire : ce Une bête cruelle a dévoré mon fils. » Il est vivant devant vous : filius tuus vivif. Voyez : même il a grandi, et sa famille s'est accrue dans la captivité. Voici que, vous présentant les enfants de votre enfant, il vous demande de les tenir pour vôtres et de les bénir : ecce filii tui mei sunt... adduc eos ad me ut henedicam illis. Enfin voici qu'auprès de vous je puis saluer en ce jour ceux qui furent jadis, sous votre autorité, les maîtres de notre cher troupeau, et qui peuvent bien dire, eux aussi, dans ce lieu rempli de leur zèle pastoral ; c( Nous sommes des pasteurs , nous, ainsi que furent nos pères. » Pastores ovium sumus, et nos et patres iiostri.

Hélas! que ne puis -je pousser jusqu'au bout le parallèle, et que ne m'est- il donné de hâter le jour désiré où Saint- Joseph de Lille aura la joie de vous dire, comme le Joseph de l'Égypto aux fils du Patriarche : « Vous resterez ici dans la terre de Gessen, car c'est une terre excellente, et vous y habiterez, vous, vos fils, les fils de vos fils; la possession vous en est assurée à jamais ! » Et hahitabïs in terra Gessen , in loco optimo, et eris ibi tu et filii tui, et filii filiorum tuorum... in possessionem sempiternam.

En attendant, mon Père, ayant à célébrer le jubilé de votre sacerdoce, pouviez -vous le faire ailleurs que dans cette maison que vous avez fondée? Ceux qui naguère vous en ont interdit le foyer ne vous en ont pas, que je sache, interdit les autels. Aussi bien , nulle part ailleurs vous ne seriez autant chez vous. Si vous n'êtes plus le père de cette jeune famille, vous en êtes le grand-père, mon cœur de fils vous en répond. Ah! qu'il ne soit pas dit de vous comme il a été dit du plus auguste des expulsés : In propria venit, et sui Eum non receperunt.

Aussi bien ce jour est bon pour vos petits enfants. Il est bon qu'ils aient sous les yeux le spectacle des respects dont l'Église sait entourer les vieux jours de ceux qui ont combattu si longtemps pour sa gloire; il est bon qu'ils vous voient, escorté de nos hommages, monter à cet autel du Dieu qui , il y a cinquante ans, réjouissait votre jeunesse, et qui sera tant supphé de vous la rendre aujourd'hui.

Il y a donc cinquante ans. Vous aviez alors trente et un ans passés , l'Age auquel le souverain Prêtre offrit son sacrifice. Ci'était dans le mois de décembre 1834. Vous étiez loin de la patrie : vous aviez dû aller chercher un refuge dans le Valais , demandant à la Suisse la liberté d'enseigner que la France refusait aux meilleurs des Français. Du collège de Mélan, dont vous étiez préfet, vous partîtes à pied, en pauvre de Jésus -Christ; vous fîtes dix lieues dans la neige, au cœur de l'hiver, par des chemins de montagnes. Vous vous encouragiez en pensant qu'ainsi sans doute avaient dû voyager Joseph et Marie marchant à l'accomphssement de ce même mystère qui allait, peu de jours aprè^, se renouveler entre vos mains. Vous arrivâtes à Annecy : c'était Bethléhem pour vous. C'est là, dans la cité de saint François de Sales , de la main de son successeur, l'illustre Ms^ Rey, que vous reçûtes l'onction du sacerdoce éternel.

Ah! mon Père, l'Ananie, l'homme de Dieu, qui alors vous imposa les mains, vous a-t-il, ce jouilà, révélé, comme à l'Apôtre, « ce que vous auriez à souffrir pour ce nom de Jésus , » qui était devenu le vôtre par votre profession? Quand, en cette orageuse année 1824, du haut des sommets des Alpes , vous tourniez vos regards vers cette France qu i alors ne voulait pas de vous, avez- vous pu prévoir ce qu'un demi -siècle allait vous y apporter de combats, suivis de belles victoires et de défaites plus belles encore, et demandiez-vousà Dieu de fortifier

votre bras pour ces incessants travaux dont vous venez aujourd'hui déposer à son autel l'hommage et l'action de grâces? Grattas ago ex qui me confortavit, Christo!

Et quels travaux que ceux-là! Certes, vous auriez le droit de dire que peu d'autres les ont surpassé en ce siècle : In quo quis aiidct, audeo et ego, plus ego! Vous le savez, vous, Messieurs, et vous le saurez un jour, vous, mes chers enfants : dans cet engagement général entre la vérité et l'erreur, qui est de tous les temps, qui est surtout du nôtre, il est un point où la lutte, plus décisive, plus ardente, n'a pas cessé un instant : c'est le terrain de l'éducation et de l'enseignement de la jeunesse. Nous en avons reçu la mission de Dieu même : en obtiendronsnous des hommes le droit et la liberté? C/est la première question, elle regarde tous les catholiques. Puis voici la seconde, qui regarde les religieux. Parce qu'on a fait le vœu de pratiquer les conseils évangéliques , pour se tenir ainsi plus près du Père des Ames; parce qu'on appartient à une Compagnie qui , depuis trois cents ans , a porté dans l'instruction des jeunes chrétiens des deux mondes le plus de lumières , le plus de dévouement et le plus d'éclat; parce que, sur son blason, on a inscrit le nom de Jésus, c'est-à-dire du docteur suprême, du divin éducateur qui bénissait les enfants et les 'prenait dans ses bras pour les élever vers le Ciel, est-ce une raison pour qu'on soit exproprié du droit d'élever cette jeunesse et de la conduire au Ciel par un

chemin de science, de vertu et de grâces? Voilà le litige d'hier, d'aujourd'hui, de demain; voilà l'enjeu d'une lutte dont notre génération n'a pas vu le commencement , dont elle ne verra pas la fm , mais où elle aura vu se lever et briller des chefs dont sa reconnaissance n'oubliera pas le nom. De ces chefs de la grande armée catholique enseignante, si je disais, mon Père, que vous fûtes un des plus illustres, je craindrais de vous déplaire; mais vous ne me contredirez pas si je dis que vous en êtes aujourd'hui le doyen; et que, grâce à votre longue et laborieuse carrière, vous êtes devenu pour nous comme la représentation même de l'enseignement chrétien , dans ses fortunes diverses.

Aussi bien, du premier au dernier jour de cette guerre, vous n'avez pas manqué une seule campagne. Vous étiez au premier rang à Dôle, lorsque, en 1828, sonnait déjà l'heure de la proscription; et c'est vous qui eûtes l'honneur de raUier, en Suisse, les débris de cette armée d'enfants et de jeunes gens qui avaient préféré l'exil à la patrie, parce que Dieu était avec vous ; parce que , dans cet exil , vous aviez, comme Joseph, emporté Jésus et sa mère : accepit Puerum cum matre ejus.

Quand ensuite vous fûtes allé vous retremper, en Espagne, à ces sources de science et de sanctification qui fécondent le pays de sainte Thérèse et de saint Ignace, c'est vous qu'on envoyait gouverner en Belgique cette colonie de Brugelette, chère à votre souvenir, où, pendant vingt années, la France

VOUS amena les plus nobles et les plus généreux de ses enfants. Et enfin, lorsque vint l'heure réparatrice où, rougissant d'elle-même, et épouvantée de l'abîme creusé sous ses pieds, la France de 1850 rouvrit ses portes à vos écoles , vous rentrâtes parmi nous avec la liberté.

Mais l'heure de la délivrance ne fut pas celle du repos. Au retour de la captivité il fallait rebâtir la ville sainte, les murailles, le temple : Zorobabel était prêt. Vous avez élevé Vannes plus splendide que Brugelette. Toute la Bretagne vous fut conquise ; et votre nom restera longtemps en bénédiction sur les côtes et dans les landes de cette terre catholique où les caractères sont de granit comme le sol. Et quand votre Compagnie, étendant de plus en plus son action dans l'enseignement, lui eut donné pour couronnement les cours d'études spéciales pour la préparation aux Écoles de l'État , c'est vous , mon Père , qui fûtes appelé à développer à Paris cette institution , qui achève les autres. L'École Sainte-Geneviève, déjà très florissante, grandit encore sous votre sceptre, qui était une houlette; et l'on vit la rue des Postes s'élever à cette incontestable supériorité qui lui a valu et qui lui vaut encore tant de patriotiques hommages et tant de haines jalouses. Je n'oublierai pas Amiens, où, tour à tour et à la fois provincial et recteur, vous fûtes donné à Saint -Acheul et à la Providence, ramené ainsi par Dieu près du berceau de votre société en ce siècle , comme vous étiez ramené près de votre propre

berceau et du foyer de votre grande et chrétienne famille.

Vous n'en étiez pas encore à la dernière de vos étapes conquérantes. Vous aviez dans vos armoiries l'hermine de Bretagne, le lis de France, vous y joignîtes le lion de Flandre. Je le sais, notre Saint- Joseph de Lille n'est que le dernier-né de vos nombreux enfants : minimus inter fratres. Mais il est raconté que Jacob aimait le dernier de ses fils plus encore que les autres , parce qu'il l'avait engendré dans ses vieux jours : quia senex genuerat eum. Gomment se fait-il que, hélas! vous ne présidiez plus à sa formation'? Pourquoi avez- vous dû remettre à d'autres mains une charge dont personne n'a plus le droit de se plaindre que moi?...

Hélas! des jours étaient venus où le bien s'appelle le mal et le mal le bien. L'enseignement libre était atteint : vous fûtes frappé, mon Père. Ils sont ici, près de vous, ceux qui furent vos défenseurs devant les conseils de cette Instruction publique, de laquelle cependant personne n'avait mérité mieux que vous. On l'oublia, mon Père; je n'ose rien dire de plus. Mais ces murs pourraient nous dire la garde fidèle du jour et de la nuit qui fut faite autour de vous par les pères de famille , avant l'heure déchirante de la séparation. Ce qu'alors vous ressentîtes , lorsque, à soixante -dix -sept ans, vous dûtes repasser en proscrit, en condamné, le seuil de la maison que vous aviez bâtie pour y vivre et mourir au miheu de vos enfants, c'est le secret de Dieu. C'est à lui

que VOUS avez offert ce sacrifice. Lui seul en sait le prix.

N'avais-je pas raison de dire que votre destinée était la destinée même de l'enseignement chrétien, et votre histoire son histoire? Avec lui, le tiers au moins de votre vie religieuse s'est passé dans l'exil et dans la persécution ; et c'est bien, certes, à vous que le Seigneur peut dire comme à ses apôtres fidèles : Vos estis qui permansistis meciiin in tentationibus meis; mais pour ajouter aussi que vous en serez, comme eux, récompensé en roi : Et ego dispono vohis, sicut disposuit mihi pater meus regnum.

Déjà, d'ailleurs, plus d'un gage vous en a été donné; et il me semble que justement vous pouvez dire, mon Père, avec le Psalmiste, que votre vieillesse a connu , à côté de grandes amertumes, d'abondantes miséricordes : Et senectus mea in misericordia uheri. C'en fut une que ce premier pèlerinage à Rome, où Léon XIII se complut à reconnaître et à bénir le bon soldat du Christ, qu'il avait visité autrefois à Brugelette , où il avait passé la revue de sa jeune troupe. C'en fut un autre que l'honneur d'avoir été appelé à déposer votre suffrage pour l'élection de celui qui est, après le pape, votre second père selon Dieu , et d'avoir vu, placé sur le siège de David, du vivant de son père, le sage Salomon , dont le nom vénéré ne saurait être oublié en ce jour cher à tout l'ordre qui s'honore de vous.

Et nous aussi, mon Père, ne pourrions -nous prétendre à être pour vos cheveux blancs une consolation ? Et ne ressentez - vous pas quelque douceur à nous voir tous, parents et enfants, administrateurs et directeurs, si unis, si résolus, à ce poste où vous nous avez transmis votre faction, et oîi votre ombre encore peut gagner des batailles ? Non, c'est votre prière qui les gagne, mon révérend Père; et j'ai bien des fois pensé que là, dans votre retraite , placé si près de nous , vous travailliez encore puissamment pour nous, et que bien des grâces qui nous sont accordées par le Cœur de Jésus , avaient passé par le vôtre pour arriver à nous.

Mais pardonnez -moi, je m'oublie. J'oublie que l'Écriture ne permet pas de longs discours en présence des vieillards : Et uhi sunt senes, non multmn loqiiaris. A vous de parler, mon Père, mais de parler à Dieu. Allez donc lui porter ces souvenirs de cinquante ans et ces actions de grâces. Vous ne serez pas seul à les lui offrir : voyez ceux qui vous entourent et qui, pour ainsi dire, soutiennent de leurs vœux les bras de notre Moïse levés sur la montagne. A Dôle, à Brugelette, à Vannes, à Paris, à Amiens, à Lille, vous les appeliez vos enfants ; ils vous nomment encore leur père , et vous pouvez bien en retour les appeler, avec l'Apôtre , votre couronne et votre joie, filii dilectissinii , fUii desideratissiml , corona mea et gaudiiim meum, car, sous' le changement des visages, les cœurs sont restés fidèles à

tout ce que vous leur apprîtes à aimer et à servir. Tout à l'heure vous les verrez , ces enfants de Brugelette, blanchis par les années et les travaux d'une vie militante comme la vôtre, venir s'agenouiller ici à la Table sainte , et recevoir de votre main le Dieu que vous leur donnâtes au jour inoubliable de leur première communion , trouvant ainsi pour vous et pour eux, mon Père, le secret du plus divin des rajeunissements.

D'ailleurs , voyez cette chapelle trop petite pour la foule des familles accourues afin de révérer en vous une paternité qui fut le complément et l'achèvement de la leur. Puis, derrière l'assemblée de ceux qui sont ici , voyez et comptez , si vous le pouvez , l'assemblée de ceux qui y sont présents de cœur, et desquels nous avons reçu ces lettres en même temps si religieuses et si tendres , qu'elles font à la fois et prier et pleurer. Et au-dessus de la prière de vos innombrables élèves , entendez monter la voix de vos fils en religion, de vos pères et de vos frères, depuis Gemert jusqu'à Rome, formant ensemble un concert où votre nom se mêle à mille bénédictions. Enfin, plus haut encore, voyez l'assemblée céleste des saints religieux de votre Institut, martyrs, confesseurs, docteurs, et à leur tête Ignace , votre bienheureux père, qui vous ouvre ses bras. Puis, autour de lui, l'éhte de ses disciples que vous avez connus , ces grands hommes de Dieu qui furent vos maîtres, vos amis ou vos compagnons d'armes : les Varin , les Guidée, les Dhruillet,

les Gury, les Ravignan, les Olivaint, les Pontlevoy... .Te ne puis les nommer tous. Mais, dans cette terre des vivants, il en est un du moins que votre cœur a distingué : c'est ce frère selon la nature qui avait voulu être votre frère en religion, et qui, novice encore, s'en fut cueillir la palme que son frère devait acheter au prix de si longs travaux. Des deux fils de Zébédée appelés le même jour à l'apostolat, vous fûtes, comme Jean, celui de qui le Seigneur a dit : « Je veux que celui-là reste. » Puisse-t-il, nous l'en conjurons, le vouloir longtemps encore !

Voilà donc votre assistance invisible , immortelle. Les voilà tous qui, tandis que vous monterez ici, à cet autel de la terre, se presseront là-haut, autour de ce trône de l'Agneau où saint Jean vit les vieillards se prosterner et déposer l'hommage de leurs couronnes. Comme lui, de cette Pathmos où vous fûtes relégué « à cause de la parole de Dieu et du témoignage rendu à Jésus -Christ », vous pouvez les entendre qui, en vous regardant, se disent l'un à l'autre : « P«.éj ouïssons -nous, tressaillons de bonheur et rendons gloire à Dieu , parce que voici,les noces d'or de l'Agneau avec l'âme sacerdotale qui se prépare à renouveler la fête de son alliance : Gaudemnus et cxultemus , et demus gloriam Deo , quia venerunt niqjtix Agni, et iixor ejus prœparal'it se. »

0 Père, ô Prêtre du Très -Haut, sacrifiez donc au Seigneur une hostie de louanges : il vous écoute:,

il VOUS contemple, car « le regard du Seigneur repose sur les vieillards », a dit l'Esprit- Saint. Unissez-vous à l'Eglise dans ce jour d'une fête si bien appropriée à la célébration de cet anniversaire, et redites les prières liturgiques de cette messe, remplie de si expressives significations. Vous y ferez mémoire de la nativité de Jésus au berceau, vous qui avez donné tant et de si illustres berceaux à l'Enfant Dieu. Vous y ferez mémoire de saint Etienne martyr, vous qui avez souffert pour le nom de Jésus, et qui savez comment on pardonne et on prie pour ses persécuteurs. Vous y ferez mémoire de saint Jean, l'apôtre centenaire qui disait à ses disciples ce qu'à cent ans, mon Père, vous nous redirez encore : « Aimez-vous les uns les autres, »

Enfin vous célébrerez la fête des saints Innocents, qui est plus que jamais la fête de l'enfance chrétienne, aujourd'hui que l'enfance chrétienne est persécutée pour la cause de Jésus. Ce Jésus qu'on veut tuer dans l'ùme de ces innocents, déjà deux fois, mon Père, à l'exemple de Joseph, vous l'avez sauvé et conservé aux âmes au prix d'un long exil. Vous nous apprendrez à le sauver et à le conserver encore. Puis laissez-nous la confiance, — et c'est mon dernier vœu, — que « lorsque auront passé ceux qui en veulent à l'àme de l'enfant », comme Joseph aussi vous rentrerez à Nazareth. Je vous en ouvrirai la porte triomphale comme au vrai maître de la sainte famille; et ma joie à son tour sera d'apprendre

alors que ces enfants « vous sont soumis », et que, €omme leur divin modèle, « ils croissent en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. » Ainsi soit- il!

CÉLÉBRÉ A LILLE fMAI 18S3)

Extrait du compte rendu imprimé.

« Le 5 décembre 1884 ramenait un anniversaire cher aux Congrégations de la très sainte Vierge affiliées à la Prima Primaria, qui sont répandues dans TÉglise entière. Fondée en 1563 par le P. Léon, professeur de grammaire au collège Romain, pour ses élèves, la Première Congrégation de la sainte Vierge avait promptement suscité des imitations, non seulement dans les collèges de la Compagnie de Jésus, mais aussi parmi les catholiques de tout âge et de toute profession. Témoin de cette diffusion merveilleuse de Tœuvre conçue par le jeune jésuite flamand, le souverain pontife Grégoire XIII résolut de lui donner une forme stable. Par la bulle Omnipotent Dei, datée du o décembre 1584, il érigeait canoniquement la Congrégation de TAnnonciation du collège Romain en Congrégation primaire, principale et mère des autres, avec pouvoir de s'affilier toutes celles créées ou à créer, et de leur communiquer les indulgences dont il venait de Fenrichir.

« C'est le souvenir de cet heureux événement que Sa Sainteté Léon XIII a voulu consacrer, en accordant par le bref Frugi feras inter, donné en date du 24 mai 1884, une indulgence en forme de jubilé à gagner par tous les membres des Congrégations affiliées à la Prima Primaria, à la date fixée par leurs directeurs respectifs jusqu'au terme de l'année 1885.

« Cette faveur pontificale et le grand souvenir qu'elle rappelle ne pouvaient passer inaperçus dans la ville de Lifie. En effet, l'histoire religieuse de cette ville nous montre, groupées autour de l'église du collège de la Compagnie de Jésus, dédiée à l'Immaculée Conception, aujourd'hui église de la paroisse Saint-Étienne, les chapelles dans lesquelles se réunissaient les sept Congréga-

lions d'hommes, de jeunes gens et d'enfants; l'une d'elles comptait jusqu'à quinze cents membres.

« Le R. P. Sangler, dans une notice abrégée, rappela l'origine, les développements, les privilèges des Congrégations de la sainte Vierge, et cette excellente brochure prépara le mouvement général dont le collège devint le centre.

« L'initiative de la célébration du Centenaire fut prise par M. le Supérieur et par les Directeurs des Congrégations, soit de cet établissement, soit de l'Association des anciens élèves, soit des étudiants de l'UniveJsilé catholique. La basilique de Notre-Dame-de-la-Treille fut mise gracieusement à leur disposition pour la cérémonie d'ouverture de la Neuvaine, le 1*^'' mai, et pour les solennités de la journée de clôture, fixée au dimanche 10. Entre ces deux dates, un Triduum fut prêché par le R. P. Friscot aux Congréganistes, élèves et étudiants, dans la chapelle des Congrégations, au collège. Elle fut remplie chaque soir par un auditoire qui débordait au dehors.

« Le dimanche 10 eut lieu la réunion générale pour la communion, dans le sanctuaire de Notre-Dame-de-la- Treille. Aux quatre Congrégations qui avaient suivi les exercices du Triduum s'étaient jointes les Congrégations des trois pensionnats dirigés par les Frères des Écoles chrétiennes, les Frères de Marie et les Frères de Saint- Gabriel. L'école Saint- Joseph s'y trouvait tout entière, ayant fixé à ce jour- là son pèlerinage annuel à Notre- Dame-de-la-Treille. La messe fut célébrée par M»'" Baunard , qui distribua à plus de huit cents jeunes gens le Pain eucharistique, après avoir adressé à leurs âmes l'allocution qu'on va lire. »

ALLOCUTIOJSr

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