DE LA SOCIETE DE JESUS
Une première et rude épreuve avait été infligée au collège Saint -Joseph par le départ du père Sengler, préfet des études, que son grand mérite désignait depuis longtemps pour remplir les plus hautes fonctions de sa Compagnie.
Nous avions pu détourner ce coup une première fois, à la fin de l'année scolaire 1885. Le T. R. P. Anderledy, Général de la Compagnie de Jésus, nous répondait le 8 août : « Mon intention était, en effet, d'accord avec le père Provincial , de retirer le père Sengler. Mais en présence des considérations que vous faites valoir, je n'hésite pas à le laisser, et par le même courrier j'écris au père Provincial de maintenir le statu quo... »
Mais cette année, durant laquelle on nous l'avait laissé et qu'il employa à de si grands travaux, n'était, hélas! qu'un sursis. Le 29 juin 1886, fête de saint Pierre, le P. Sengler nous informait qu'il était nommé Provincial de la province de Champagne. Tout ce que l'on put obtenir cette fois fut qu'il ne nous quittât pas avant la distribution des prix. Telle était la réponse du T. R. P. Général au R. P. Braun, supérieur des jésuites de Lille : Novii jam Reverentia vestra me morem gessisse oplime de nobis merilo RR.DD. Baunard, el nominationem P. Sengler ad XV Augusti distulisse... Non dubito quin DD. Baunard modice {erat quae secundum Instiluti nostri rationes et peculiarî circumstantiarum gravitate ductiegiraus, nostrosque solita benevolentia compleclatur, et in regendo hoc magno collegio payâtes rctineat..., etc. etc.
Un des premiers actes par lesquels le nouveau Provincial mérita bien du collège, fut l'excellente nomination qu'il flt du père Ch. du Coetlosquet, un de ses anciens et plus chers élèves de Metz, pour lui succéder comme préfet des études.
Il vint encore, au mois d'octobre, passer quelques semaines à la Résidence de Lille, pour de là organiser notre rentrée des classes. 11 nous promettait un autre et long séjour parmi nous aux vacances de Pâques.
Mais Dieu en avait jugé autrement : il nous demanda un second sacriflce,etquel sacrifice!... Mais c'est Lui qui l'a voulu, et sur cette tombe, comme sur les autres, il faut écrire en pleurant et en adorant : Amen!