‹ Dieu dans l'écoleChapitre 7 sur 34 · SOMMAIRE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE HISTORIQUE

célébrée dans l'église du Sacré-Cœur, mise généreusement par son curé, M. l'abbé Brandt, à noire disposition. C'est à celte messe de rentrée que fut prononcée l'allocution qu'on lira jiKis loin.

Il fallut passer dans la maison du boulevard à peu près deux mois et demi de la plus rude saison, parmi le froid, la neige, la glace, les pluies; sans espace, sans cour de récréation, sans chapelle, au sein de privations, d'incommodités et de souffrances de tous les instants, supportées, acceptées avec un entrain et une allégresse militaires. Nos enfants eux-mêmes ont appelé ce rude temps leur « campagne de Russie ».

Des ecclésiastiques diocésains et autres, jeunes maîtres pleins de dévouement, vinrent nous prêter d'abord leur précieuse assistance et reconstituer les cadres de noire état-major. Plus tard, à Pâques, ce furent en outre MM. les professeurs de l'Université catholique qui s'offrirent à professer la philosophie, les humanités, l'histoire elles sciences dans les hautes classes, lorsque les maîtres congréganisles durent forcément, par suite de nouvelles rigueurs, descendre presque tous de leurs chaires.

Rien n'interrompit le travail, l'ordre, la discipline; rien n'abattit les cœurs. La piété soutenait tout, l'honneur veillait sur tout. Chaque dimanche M. le Supérieur prêchait les enfants, avec leurs parents en grand nombre, dans l'église du Sacré-Cœur, entretenant les courages par l'exemple de « Jésus adolescent » à Nazareth et dans l'exil : c'était le sujet de ses instructions. Les familles tenaient bon, ainsi que leurs enfants, même les plus petits, qu'elles apportaient parfois dans leurs bras au temps de grande neige, de verglas ou de dégel. Un homme surtout était l'âme de l'action : c'était le père préfet, le R. P. Sengler, de sainte mémoire. On traversa la crise, on découragea l'envie. La gloire de Dieu eut là de belles journées , et le « miséricordieux Jésus s'en souviendra longtemps », comme disaient nos vieilles chroniques.

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