‹ Dieu dans l'écoleChapitre 9 sur 34 · RÉPONSE ET PROTESTATION DE W L'ARCHEVÊQUE · texte numérisé non relu

RÉPONSE ET PROTESTATION DE W L'ARCHEVÊQUE

La vaillante improvisation qu'on va lire a été recueillie par la sténo;?raphie et publiée dans le journal le Propagateur, du 2 août 1881.

Elle a été souvent interrompue par les applaudissements de l'assemblée, et suivie d'une longue acclamation.

A l'issue'de la distribution des prix, les élèves se sont rendus à l'église paroissiale du Sacré-Cœur, où a été célébré le salut solennel d'action de grâces, pendant lequel tous les lauréats sont venus, selon l'usage, déposer leur couronne au pied du très saint Sacrement, au chant du Te Deum.

RKPONSE ET PHOTESTATION

DE M«n L'art; IIEVKQUE

Ghers Parents, Chers Enfants,

J'ai eu peine à maîtriser l'émotion qui a envahi mon âme, lorsque tout à l'heure le discours de M. le Supérieur a évoqué les plus chers et en même temps les plus douloureux souvenirs de ma jeunesse.

Qui eût dit , qui eût pensé que cette France , qui , au commencement de ce siècle , marchait à la tête de la civilisation par les conquêtes de l'esprit, plus encore que par ses armes victorieuses et par sa diplomatie , et qui imposait ainsi à l'Europe entière, que cette France, — comment dire cela pour ne pas offenser l'amour dû à la patrie, en gardant toutefois le droit de la vérité? — que cette France serait infidèle à la cause sacrée de la liberté?

Il y a cinquante -trois ans, à cette époque néfaste

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de la dispersion des maîtres de ma jeunesse, la guerre était donc déjà déclarée à la religion sans doute, mais déclarée d'abord et surtout à la liberté. C'est un honneur pour l'une et pour l'autre qu'il semble qu'on ne puisse arriver à l'une sans passer par la poitrine et le cœur de l'autre.

M. le Supérieur nous rappelait tout à l'heure cette triste page d'histoire.

La malheureuse année 1828 voyait fermer Saint- Acheul, Montmorillon , Bordeaux, en un mot, les onze collèges que les Jésuites avaient alors en France. Ils n'en avaient alors que onze; en 1880 ils en possédaient vingt-cinq; c'était l'honneur du pays, c'était l'espérance de la religion. Elle reprenait par l'éducation son salutaire empire, et les hommes de mon âge peuvent comparer la situation religieuse actuelle avec celle de cette année 1828. Combien plus belle et plus forte la voyons-nous aujourd'hui!

Je n'en saurais dire autant de la cause de la liberté , qui m'est presque aussi chère que celle de la rehgion. La foi, elle, a jeté depuis le baptême de Clovis de si profondes racines dans l'âme de la France, qu'on ne parviendra pas à l'en arracher. Mais la liberté , la chère , la sainte liberté , qu'est-elle devenue, et que devient-elle tous les jours? Je les entends, ces hommes qui en sont, semblerait-il, les tenants les plus officiels ; ils l'invoquent hautement, ils proclament son avènement, ils la saluent avec emphase , ils en écrivent le nom sur tous les murs.

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