CHEZ LES ARYAS DE L'ASIE ORIENTALE AV. J. C
ham et Jésus-Christ? Que serait-ce, si le témoignage de l'histoire nous forçait à ne voir dans la Réforme qu'une tentative hardie, mais prématurée, que la multitude des obstacles a détournée de son but et parfois même étouffée?
Nous regretterions que quelques-uns de nos lecteurs écartassent ces questions par paresse d*esprit ou par timidité, en prenant prétexte de la décadence, de la faiblesse morale de notre époque. Ces symptômes de dépérissement, ne faut-il pas les imputer aux gouvernements, soit laïques, soit ecclésiastiques, bien plus qu'aux peuples aryens ou aux nations cultivées, développées par l'aryanisme? Ces nations, ne les voyons-nous pas en général marciier sérieusement, avec énergie, vers le bien et le beau, et prouver par des entreprises vastes et sublimes qu'elles sont capables de rajeunir, tandis que, depuis quarante ans et plus \ tant de gouvernements, de princes ou de prêtres font* peser sur les hommes le joug du despotisme, de la superstition , d*un dogmatisme formaliste et stérile, et se montrent aujourd'hui plus que jamais les ennemis acharnés de tout principe de vie, aujourd'hui que le mouvementdes générations nouvelles les menace d*une mort prochaine? Nous ne voulons pas seulement faire allusion aux progrès incontestables de la liberté légale dans les quatre-vingts dernières années, nous parlons aussi de ce mouvement, bien plus profond parce qu'il est plus idéal, qui s^avance à côté d'elle, inaperçu, incompris, mais conscient de lui-même, vers le but élevé qu'elle poursuit.
Nous n'avons point débuté par des formules ; nous n'avons énoncé qu'à la suite de nos études sur le passé, la formule qui ressort d'elle-même de ces études. Nous n'avons pas voulu bâtir, à la mode actuelle de l'Allemagne, un nouveau système spéculatif; nous avons voulu faire parler les faits et l'histoire. Ce livre n'est pas une théorie, il n'est qu'un ex-
* Depuis 1815.
posé historique. Mais, si les faits font éclater la spontanéité de la conscience de Dieu dans le monde, s'ils la montrent
* comme instinctive à Thumanité, si Tunité de cette croyance nous apparaît comme le fait fondamental de Tordre moral du monde, nous n'hésiterons pas à demander §i une pareille unité peut n être qu une unité subjective, qu'une abstraction de l'esprit humain, si elle ne nous force pas à reconnaître l'existence objective et réelle d'une raison, d'une bonté qui gouvernent le monde et qui ne font vivre et durer que ce qui est raisonnable et bon, ou, pour exprimer en d'autres termes la même pensée, si l'histoire ne montre pas que cette croyance du genre humain est un instinct qui doit être conforme à Téternelle vérité?
Quant aux limites de nos développements, nous avons dû les resserrer et supposer que le sujet de nos études était déjà en partie connu des lecteurs éclairés. Aâssi, dans le tableau que nous donnons du développement hellénique, et plus encore dans celui du développement chrétien , nous nous sommes arrêtés aux traits principaux, quelque séduisante que fût pour nous une étude de détails plus approfondie. Lorsque les faits importants, décisifs, nous semblaient être peu ou point connus, nous les avons fait ressortir suivant leur portée, ainsi par exemple pour Zoroastre et Bouddha.
Ce à quoi nous nous sommes surtout attachés, a été d'extraire, des documents relatifs à notre travail, pour les mettre
" sous les yeux des lecteurs, les passages essentiels et frap-' pants. C'est là que se reflète le plus directement cette conscience de Dieu que nous voulons faire connaître aussi bien dans Tunité de son ensemble que dans l'originalité de ses détails.