CHEZ LES ARYAS DE L'ASIE ORIENTALE AV. J. G
ver sur cette période obscure les renseignements nécessaires; car les siècles n'ont pas seulement détruit les éléments antérieurs de croyance et de civilisation qui fermentaient dans ces régions; ils lèsent, par un travail incessant, transformés, modifiés si profondément qu'ils nous en ont entièrement dérobé la connaissance. C'est en Egypte qu'on doit aller chercher un rejeton des Sémites historiques. Il y prit racine de fort bonne heure, et y produisit une race d'hommes moitié africains, moitié asiatiques, dont des monuments innombrables racontent l'origine et le développement. Les Egyptiens sont les Chamites de la Bible, et ce sont les seuls Cliamites^. Le peuple à la sombre couleur, ou le pays de la Terre-Noire, car c'est une de ces deux étymologies qu'il faut assigner au mot Egypte, demeure comme un débris de celte époque où la vie, la conscience religieuse et morale des Aryas et des Sémites attestent encore l'unité de leur origine. Les progrès de la science hiéroglyphique nous permettent nonseulement de comprendre la vieille langue deTÉgyptc, mais, jusqu'à un certain point, de déchiffrer les hiéroglyphes de l'esprit qui nous sont parvenus sous cette forme matérielle.
C'est donc par les Egyptiens que nous commencerons.
En passant de là aux Aryas, nous trouverons autour de leur berceau les vestiges d'existence touranienne répandus sur tout l'est de l'Asie, qui nous olfriront un speclacle in«tructif. C'est ainsi que nous apprendrons à connaître les ancêtres immédiats de cette Conscience de Dieu dont Abraham et Zoroastre sont les principaux représentants.
Les arbres généalogiques des peuples, les indices i^ivants et les éloquents témoins de leur existence, les Jangues, nous forcent à admettre, avec la tradition biblique, iin monde
* On voit qae Bunsen confond entièrement les Sémites elles Chamites, et fait de Cliani, identifié à l'Egypte, un fils de Sem. Le système exclusivement philologique Va mené à celte extrémité, si contraire à rolhnographie de la Bible. (I^ote de Véditeur,)
primitif qui précéda ce morcellement universel, un monde asiatique dont il ne reste que dans le peuple chinois et les grandes migrations un débris, une expression. Nous avons sur la Conscience de Dieu parmi les Chinois plus de documents et de témoignages qu'on ne le croit d'ordinaire. La Chine a d*antiquos monuments de sa croyance ; elle a deux prophètes, contemporains de Bouddha et deSolon. L'un, Confucius, ne mérite, il est vrai, ce titre, qu'en tant qu'il écrivit, dans la conception du monde que se formaient les Chinois, le chapitre de la mort. Mais l'autre, son contemporain et son aîné, Lao-Tseu, fjU mieux qu'un ensevelisseur ; ce fut un homme chez lequel le sentiment de l'Éternel brisa réellement la dure écorce du formalisme chinois, et il a trouvé, après dix-sept siècles, un penseur de sa nation qui a développé l'idée fondamentale qu'il avait proclamée.