‹ Dieu dans l'histoireChapitre 17 sur 157 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Nous avons, par des citations frappantes, authentiques, essayé d'exposer dans l'ensemble de ses phases essentielles le fond de la Conscience de Dieu chez les Chinois, depuis le symbolisme primitif jusqu'au maître le plus accompli de ia scholastique chinoise, qui vécut un siècle avant Thomas d'Aquin, et nous avons trouvé dans ce développement philosophique la clef de toute Fhistoire, de toute la civilisation chinoise.

Pour nous résumer, il est une pensée qui revient sans cesse chez tous ces sages, et sur laquelle est fondé l'ancien système. On pourrait l'exprimer sous cette forme-ci : Il est une loi qui domine le grand Tout, qui règne sur la nature et sur Thomme, et cette loi universelle est rationnelle. C'est ce que proclamait encore, au quatrième siècle avant notre ère, un des successeurs de Confucius, si fameux sous le nom de Meng-Tseu.

Celui qui oonnait sa propre nature et celle de toutes choses, celui-là connaît ce que c'est que le Ciel; car le Ciel est précisément Fessencc intime et le principe de vie de toutes choses.

Cette pensée constitue le tribut payé à Thistoire par l'esprit chinois : le monde moral dans les choses et non audessus d'elles et n'arrivant à la personnalité que dans l'esprit de l'homme. La vie de l'homme doit être réglée comme celle de la nature ; la sphère de cette vie que le Chinois regarde comme divine, c'est la famille ; le lien qui unit les parents aux enfants est le plus sacré des liens.

Haitre de cette conception, possesseur d*une langue et d'une philosophie, bien qu'il leur manque, à Tune età l'autre, Texpression d'un esprit ayant conscience de lui-même et se posant avec cette conscience vis-à-vis du monde matériel, le Chinois parcourt les siècles ainsi que font les autres peu-

pies ; il a ses poêles, ses artistes, ses hommes d*État, ses hommes de science. Mais poésie, art, politique, science, tout cela n'a pas en Chine de signification vraiment histori* que ; le mouvement n'est qu'extérieur ; la. vie n'est que superficielle; l'activité n'est qu'apparente. Le soufOe vivifiant, Ténergie primesautière manquent. Pourtant, selon notre sentiment, la sève n'est qu'engourdie. De ce réalisme, le plus antique clément de la civilisation chinoise, aurait pu sortir la vraie, la saine philosophie, si la conscience assoupie, mais non éteinte, de Tactivité da Tesprit n'eût été de plus en plus étouffée par la contagion du matérialisme. C'est ce que prouve l'histoire de l'humanité. Jusqu'à présent, l'histoire de l'humanité n'est en réalité que Thistoire des nations qui parlent la langue de l'esprit animé de la conscience de soi.

Gardons-nous cependant de regarder les 360 millions de Chinois comme une masse glacée par la mort et condamnée à une complète inertie. Laissons-nous instruire par le spectacle de notre époque. Nous voyons, en effet, par d'éclatants exemples, que la religion de l'Esprit, que le spiritualisme et la Bible commencent de toutes parts à rompre le charme, à réveiller une grande partie de l'humanité du sommeil qui semble peser sur elle. Quand nous n'aurions pas, pour mieux penser de la Chine, ces nobles et belles pensées que nous avons empruntées à ses auteurs, quand nous n'aurions pas ces actions généreuses, ces héroïques dévouements qu'aujourd'hui encore la piété filiale des Chinois entoure d'une religieuse reconnaissance, le grand mouvement qui agite la Chine depuis i848 nous encouragerait à ne pas désespérer de son avenir.

Depuis l'invasion du bouddhisme, au premier siècle après J. C, il n'y a pas eu en Chine de grande révolution intellectuelle, jusqu'à cette puissante agitation dont nous sommes témoins. Le mouvement évangélique, excité en

Chine par un missionnaire américain, Roberts, el par un Chinois, disciple dévoué de ce maître, est en ce moment tellement confondu et absorbe dans la lutte nationale qui s'y ratlachc et se confond avec lui, dans le vaste soulèvement des Taë-pings ou des « hommes du divin empire de TÉternclle paix,» qu*on ne saurait encore dire si l'élément religieux et vraiment historique qui s'y trouve déposé en germe est destiné à disparaître encore cette fois de la scène pour s'épurer plus complètement dans rombre,ou s'il doit devenir immédiatement le principe d'une métamorphose radicale chez ces aînés du genre humain ^

' La seconde solution, contre l'espoir de Bunsen, est devenue de moins en nioins probable; la révolution de» Taë-pings paraît définitivement échouer. —Voici un extrait de l'exposé fait par Bunsen des doctrines des Taê-pings, d'après les documents traduits par Meadow. a Après qu'il a été dit dans leur catéchisme que le catéchumène doit, au baptême, faire le vœu solennel de se guider toujours par la croyance au Fils, au Père et au Saint-Esprit, et de consacrer cette vie à Dieu, en aimant et en secourant ses frères, le sacrifice fait aux esprits des aïeux est proclamé incompatible avec les ordres du Très- Haut ; mais il est déclaré beau et honorable pour le chrétien chinois de visiter, aux jours consacrés, les tombeaux des ateux, et de lenouveler là, l'âme pleine de reconnaissance pour le Dieu qui a délivré nos pères des souffrances de ce monde, le vœu d'immoler notre vie au ciel et à nos frères. La Bible, comme la parade divine, etTEsprit comme son interprète, tels sont les juges, les arbitres suprêmes du nouvel empire. Les dix commandements sont, pour les Tac-pings, la loi officielle vivante ; fumer de l'opium est, pour un {(Denier de leur armée, une infraction au septième commandement, un péché digne de mort, tout aussi bien que l'adultère. La polygamie, qu'ils maintiennent d*après les patriarches bibliques, cédera sans contredit le pas à la monogamie, essentiellement chrétienne, essentiellement humaine, dès que la femme aura, ^râce au christianisme, conquis la dignité morale. Le régime arbitraire, l'inranlicide, la corruption des mœurs, disparaissent déjà...» (Écrit en 1858.) Ces débuts éclatants ne se sont pas soutenus; les esprits hardis qui avaient essayé de combiner la tradition chinoise avec l'Ancien et le}(ouveaa Testament n'ont pas réussi à régénérer un peuple décomposé, qui n'a su que passer de la servitude à un immense désordre, et qui retombe aujourd'hui, au moins pour un temps, sous des maîtres aussi impuissants que lui-même. (fioie de l'éditeur.)

CONSCIENCE DE DIEU CHEZ LES BAGTAIENS DE ZOftOASTRB.

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