‹ Dieu dans l'histoireChapitre 3 sur 157 · XIV NOTICE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE

oonnu, par M. Birscli, la Confession de Vâme après la mort^ qui atteste la croyance à la personnalité indestructible et à la pleine con&cience individuelle dans l'existence future; ce fut une des dernières joies de sa vie, et nou<; en avons vu le reflet illuminer sa belle et vénérable figure, dans col!e retraite de Cannes, où il réchaufla ses derniers hivers au soleil de notre Méditerranée.

Après sa démissioni Bunsen s'était retiré à Heidelberg, résolu de consacrer à ses travaux philosophiques et religieux le reste de sa vie, désormais libre d'autres devoirs. Il ne regardait toute sa carrière jusque-là que comme une préparation au combat qu'il avait à livrer pour la liberté de l'esprit.

Il publia, en 1 855, les Lettres à Maurice Arndt sur les signes du Temps.

Ces lettres, qui eurent un grand retentissement, révélèrent enfin pleinement sa pensée religieuse au public allemand. C'était la guerre à l'esprit hiérarchique, soit catholique, soit protestant, et la revendication de la société chrétienne libre. Il y proclamait h lutte de l'esprit de libre association contre l'esprit du despotisme hiérarchique, a I^c salut, dit*il, ropse, avant tout, sur la foi en l'individualité, comme en l'image de Dieu dans l'homme , comme eirce qui, dans rhuinauité, domine tout et régénère tout , comme en ce qui est le but et la fin de la création et de la vie. La vraie connaissance est la fonnaissance de cet ordre divin du monde, dont le centre est pour nous le Christ, dont le but est l'huma* nité, et dont le mystère est au fond de toute âme humaine cherchant Dieu. 1^ clef de Tlûstoire universelle est la réalisation de Dieu dans le développement de Thumanité. »

Nous renverrons, pour la polémique célèbre que suscitèrent les Signes du temps entre Bunsen et Stahi, l'organe le plus accrédité du parti orthodoxe en Prusse, à l'excellente étude de M. Edouard Laboulaye^ Ce qui nous importe ici, c'est que les

* ^fl, ÏÀherté religieme, par Eii. Laboulaye. — Paris, Charpentier, 1859.

SUR LA VIE £T LES OUVRAGES DE BUNSEN. xv

Signes du temps contiennent essentiellement la pensée dont Dieu dans l'Histoire est le développement.

Les trois volumes de Dieu dans V Histoire (Gott in der G^ schichte) parurent de i857 à 1858.

Dans. Hippolyte et son siècle et dans VÊgypte^ Bunsen avait cherché à mettre en lumière, par le progrès des langues et de la mythologie, la manifestation de la conscience de Dieu et de l'univers s'accroissant progressivement au sein de l'humanité. Dans Dieu dans V Histoire, il s'applique surtout à rechercher le progrès de rindividualité morale, comme le principe et le but essentiel de tout le développement humain, et à montrer la relation libre et immédiate de cette individuahté morale de l'homme avec Dieu ^ Il suit parallèlement la révélation de Dieu dans les lois morales, révélation qui domine l'histoire des individus comme l'histoire des nations, et la foi de l'humanité dans cetie révélation, ou, en d'autres termes, la conscience qu'a l'homme de cet ordre moral du monde; il conclut enfin par l'union de cet ordre moral du monde et de la foi humaine dans cet ordre. Pour hii, la fusion s*opère dans l'individuaUté à la fois divine et humaine du Christ, et dans la communauté chrétienne où vit l'esprit du Christ. Il voit, dans la communauté chrétienne, s'opérer la réalisation du monde moral par Faction de l'esprit divin et par Taction libre de l'homme.

La philosophie de l'histoire selon Bunsen est l'antithèse de la philosophie de l'histoire selon Hegel. Celui-ci part de Tidée de l'absolu, identique à la pensée à l'état abstrait et latent , et ne prenant conscience d'elle-même que par et dans la pensée de Vesprîtfini. Ce système a eu, pour dernière conséquence, Vanéanlis-

* « La personnalité humaine, dit-il ailleurs, est le levier de Vhisloire..... Toute grande chose procède de l'individu, pourvu que T individu se sacrifie lui-même nu tout. L'individu doit se sacrifier au peuple, \e peuple à l humanité, l'humanité à Dieu. »

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