B. LES ORPHIQUES
Les consécrations et les purifications sont le lien qui unit Delphes aux Orphiques. Sur les faits, nous ne pouvons que partager les opinions de Lobeck. Orphée, Musée, Linus, sont, comme Aristote le dit déjà formellement, des noms légendaires, mais des noms qui indiquent l'existence d'une ancienne religion thrace dont Onomacrite, le contemporain et rmstrument de Pisistrate, recueillit et altéra par des in* terpolations les dogmes et les hymnes. A cette époque, les Orphiques n'étaient plus guère qu'une sorte de fakirs, de jongleurs et de charlatans ambulants; mais la politique de toutes les anciennes races royales tendait à faire revivre leurs vieux rites.
CHEZ LES GRECS. 2b5
Entre ces tendances et le sentiment de Dieu que nous trouvons chez Homère, il y a une complète opposition. Ce contraste existait entre la croyance populaire et celle des Orphiques, bien avant que la science, fortifiée par Tautorité d*Aristote, vint creuser plus profondément Tabime qui les séparait. Il faut cependant reconnaître que le culte dégénéré des Orphiques émanait de ce sentiment religieux qui, dans des âges reculés, avait ennobli et spiritualisé la foi primitive des peuples montagnards de la Thrace, de TËpire, de la Thessalie, et qui, de là, s'était répandu dans toute la Grèce.
Brandis, dans son Histoire de la philosopJiiei a fixé» d'après Aristote et d'autres témoignages non moins sûrs, l'âge des théogonies orphiques. Selon lui, le caractère distinctif de ces croyances, c'est qu'elles ne placent pas la matière, mais le bien et le parfait à Torigine des choses.