DE L'IISFLUENCE DES MILIEUX
glais porte 1 empreinte du ciel sombre et nébuleux, de Tair pesant, des limites étroites de son pays natal. L'Italien, au contraire, nous rappelle dans toute son individualité le ciel éternellement beau et le soleil ardent de son climat. (Cependant les Romains ont bien changé depuis deux mille ans.) Les idées et les contes fantastiques des Orientaux sont en rapport intime avec la luxuriance de la Tégétation qui les entoure. La zone glaciale ne produit que de faibles arbustes, des arbres rabougris et une race d'hommes petits, peu ou point accessibles à la civilisation. Les habitants de la zone torride sont de même peu propres à une culture supérieure. Il n'y a que dans les pays où le climat, le sol et les rapports extérieurs de la superficie terrestre offrent une certaine mesure et un termQ moyen, que l'homme puisse acquérir le degré de culture intellectuelle qui lui donne une si grande prépondérance sur les êtres qui l'entourent.
Toutes ces observations ne prouvent pas que la matière gouverne l'homme, et que la volonté ne soit qu'une illusion, comme notre individualité Nous devons même faire remarquer à l'auteur de Force et Matière^ que ce sont plutôt les individus qui font les nations, que les nations qui créent les individus. Comme l'écrivait Stuart Mill, le mérite d'un État se trouve, à la longue, n'être que le mérite des individus qui le composent. Ce ne sont ni les institutions, ni les lois, ni les gouvernements qui constituent la grandeur des nations ; mais la valeur et la conduite des citoyens. C'est donc de
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l'individualilé des hommes que dépendent les progrès des peuples, et non pas des conditions générales de ces peuples. En vain dira-t-on que celte individualité nest rien autre chose que le résultat nécessaire des dispositions corporelles : l'éducation, l'instruction, l'exemple, la position, la fortune, le sexe, la nationalité, le climat, le sol, l'époque, etc., il y a dans l'être humain une force bien supérieure à toutes celles-là, une force que ces négateurs ne veulent point voir, et cherchent à dérober sous le brouillard de leurs paroles. De même que la plante, disent-ils, dépend du sol où elle a pris racine, non-seulement par rapport à son existence, mais encore par rapport à sa grandeur, sa forme et sa beauté; de môme que l'aïiimal est petit ou grand, apprivoisé ou sauvage, beau ou laid, selon ses rapports extérieurs, de même l'homme dans son être physique et intellectuel n'est pas moins le produit des mêmes rapports extérieurs, des mêmes accidents, des mêmes dispositions, et n'est pas par conséquent l'être spirituel, indépendant et libre, que les moralistes dépeignent... Ces messieurs se défendent cxtraordinairement d'être spirituelsj et nous sommes vraiment trop aimables d'insister. Mais, sans faire une application particulière en leur faveur, nous avons droit de soutenir la spiritualité de l'homme, et d'effacer, par l'exemple lumineux des grandes volontés, celle théorie crépusculaire qui fait des résolutions humaines uiie fonction du baromètre.
SI LA MATIERE GOUVERNE r.-HOUUE. 335
I] faut fermer volonlairement les yeui sur les
faits les plus beaux et les plus respectables de
l'histoire de l'humanité, il faut préférer de tristes
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ditions, qui bien souvent les a dominées, gou« vernées ou vaincues. Loin de consentir à regarder Thomme comme un êlre inerte, dont les œuvres ne seraient qu'un effet de Tinslincl, des habitudes, des besoins, des désirs, des prédispositions organiques, nous proclamons avec l'autorité du fait, que Vintdligence gouverne la matière^ et que 1 a valeur de Thomme consiste précisément dans cette élévation, dans cette souveraineté de Tintelligence.
Pour illustrer cette proposition, et pour renverser par l'exemple même Taffirmalion tristement audacieuse de ces champions de la matière, jetons un coup d'œil sur le panorama des intelligences humaines, et présentons en même temps par ces illustres souvenirs, à tous ceux qui sentent leur cœur battre pour le patriotisme de l'humanité, à tous ceux aussi, qui, jeunes et indécis, pénétrant sur le chemin de la vie, seraient tentés d'écouter les paroles mensongères du matérialisme et prépareraient ainsi la ruine inévitable de leur dignité, présentons-leur le tableau si satisfaisant pour nos sentiments, si utile pour nos vues, si impérieux pour nos aspirations, des hommes énergiques, qui des rangs les plus infimes se sont élevés par leur propre force à la conquête du monde, au trône de la pensée souveraine.
Dans un beau livre, dont le titre exotique n'est pas assez clair ni assez captivant, mais qui devrait être entre les mains de toute la jeunesse française (Self'Help^ ou Caractère^ conduite et persé^